Vol 93

Je ne pensais pas que les US pourraient pondre un bon film sur le 11 septembre. Dans ma tête, ce sera soit un film politique hyper orienté, soit un mélo intégral, ou une série de caricatures sans fondement. Force est de constater que j’avais bien tort, en tout cas ce film là est une réussite assez extraordinaire.

Caméra à l’épaule pour donner plus de réalisme et s’approcher de l’intimité des personnages, Paul Greengrass filme diablement bien cette histoire. On suit les événements de ce 11 septembre 2001, et en particulier le détournement du vol United 93, l’avion qui s’est crashé en rase campagne, après que les otages se soient retournés contre les terroristes. Donc le film commence et on connaît tous la fin, mais ça n’entame en rien les émotions qui nous traversent et nous étreignent pendant cette heure quarante-cinq.

Jamais je n’aurais pensé autant être touché par ce film. En fait, il est troublant de constater qu’il s’agit d’un excellent film hollywoodien (de l’action, de l’émotion, du drame…), tout en ayant les traits d’un documentaire. Mais il n’est pas choquant non plus, ou « too much », dans l’action ou bien l’émotion. Avec les simples faits et des comédiens fantastiques, l’auteur a vraiment réalisé son film d’une main de maître.

Le spectateur est donc dans cet avion ce jour funeste, mais on est aussi plongé dans l’hystérie des aiguilleurs du ciel, de l’armée et des protagonistes qui doivent faire face à un événement plus qu’inattendu. Là encore, on a l’impression que rien n’a été exagéré, et la crédibilité apparente du film est assez bluffante.

Un bémol cependant, qui, ironie du sort, m’a été révélé par le bel américain dans le siège voisin. Tous les passagers sont iconifiés en héros américains de base, on y retrouve certes tous les genres de personnalités (business man, beauf, sportif à casquette, bourges), mais ce sont tous des héros avec des burnes de trois kilos. Et le seul personnage qui déroge à cette règle, qui s’oppose aux « résistants » et qui doit être maîtrisés par les autres otages, est un homme à l’accent manifestement européen (un air hollandais ou scandinave peut-être). Du coup, je me demande à quel point ce trait est forcé par le réalisateur, puisque le film se base sur des faits réels, et les interviews de la famille des victimes. C’est en tout cas assez saillant pour qu’on le remarque, et qu’on s’en interroge.

Un silence de plomb dans la salle lorsque la lumière est revenue… Un sacré moment de ciné !

L’avis des copines : Niklas, Pinggu, Orphéus.
Et l’avis du copain : Gvgvsse.

Vol 93

12 Commentaires

  1. « Je ne pensais pas que les US pourraient pondre un bon film sur le 11 septembre. »
    Je crois que le mec qui a écrit et réalisé le film est anglais. Ca explique peut-être en partie ta réaction.

  2. Je reste quand même un peu mitigé quant à l’utilisation de la forme cinématographique…. Bon malgré tout mon voisin ne sait pas qu’il a échappé à un lacérage de bras dans j’étais angoissé à la fin…

  3. Je vais certainement aller le voir cette semaine. Je pense préparer mes mouchoirs, pas que je sois émotif mais rien que de voir la bande-annonce j’en avais des frissons.

    Par contre, caméra à l’épaule… Ca bouge pas trop? Je suis peut-être le seul qui n’a jamais vu « Il faut sauver le soldat Ryan », parce qu’après 20 minutes du film, c’était plutôt il faut sauver le canapé, :berk:…

  4. Tu soulignes l’épisode du passager « européen », au trait peut être exagéré. Dans le même ordre d’idée, est-ce que l’homosexualité de l’un des « résistants » a été gommée ? :help: Car, si mes souvenirs sont bons, c’était quand même le premier mec ouvertement gay qui se voyait décerner les honneurs officiels du gouvernement américain.

  5. Très bon film en effet, mais il n’y a pas que des héros avec des couilles de 3 kilos, il y a aussi, et c’est normal, des gens en larmes et terrifiés devant l’inéluctable fatalité…

  6. cémoi> Bah je me souviens bien à l’époque de cette mini-polémique en tout cas. C’était entre le fait de vouloir souligner qu’il était gay pour ne pas faire l’hypocrite et politiquement correct, et soyons clairs, une manière pour les assoces LGBT de se réapproprier son acte de bravoure… et le fait que ce qu’il a accompli n’avait certes rien à voir avec sa sexualité !! Mais bon il était en effet ouvertement gay, et taillé comme SuperMan !

    Déjà le rôle de Mark Bingham est joué par Cheyenne Jackson, qui est un comédien aussi ouvertement gay. J’ai lu à ce propos dans ce dossier complet, que le réalisateur avait prévu que Mark Bingham, comme dans la réalité, soit accompagné à l’aéroport par son mec. Et Paul Greengrass devait aussi montrer un bisou qui indiquerait clairement leur relation… mais mais mais apparemment pour des questions de météo et de tournage, ça n’a pas été possible ! Donc non, on ne se rend pas compte qu’il est homo dans le film.

  7. J’ai bien aimé ce film, mais, comme je l’ai dit sur mon blog, je mettrai quant à moi 2 bémols :
    – le passage des « pater noster » opposés aux prières des terroristes
    – le fait que pour moi, cet avion de ligne a été abattu par l’aviation américaine (ce qui est tout à fait normal), ça me paraît évident, et que toute cette histoire est pour moi une fiction destinée au public (et pire, aux familles des victimes).

  8. Je me souviens la première fois que j’ai vu la bande annonce du « vol 93 » comme si c’était hier ! C’était à Londres, il y a quelques mois déjà. Je vous raconte pas le silence dans la salle juste après…:eek:
    Y’a eu un de ces froids !!!
    Contraste saisissant avec l’ambiance pendant la pub Or*nge quelques secondes auparavant… :gene:

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