The Squid and the Whale

Bon ça suffit les titres à la mords moi le noeud (oh oui vas-y !!), comme le souligne aussi Niklas, pourquoi les français ont-ils traduit le titre de ce film par une phrase aussi factuelle et plate. Je suis certain que cela ôte toute une facette de ce que l’auteur veut communiquer aux spectateurs. En outre, sur l’affiche française, en plus de l’intitulé : « Les Berkman se séparent », on a un « Qui gardera le chat ? » à l’accent très comique. On pourrait instinctivement penser qu’il s’agit d’une comédie burlesque typiquement américaine avec Meg Ryan et Vince Vaughn, alors que ce n’est pas du tout le genre.

Il me faut préciser que ce film a été conseillé par le brillant « Niklas-blog ». Je n’y serais pas allé sinon, et la salle était pourtant pleine, ce qui signifie que beaucoup de gens lisent forcément ce blog de référence. Merci Niklas ! Henri et Oli ne me contrediront pas, puisqu’ils ont aussi beaucoup aimé ce film.

« Les Berkman se séparent » est un film typiquement juif new-yorkais, et dont le ton fait penser à un Woody Allen ou à la « Famille Tenenbaum ». On reconnaît aussi la patte du réalisateur et scénariste, Noah Baumbach, qui était aussi le scénariste du jubilatoire « La vie aquatique ». Le film se passe en 1986, le fait d’avoir tourné en 16mm donne un cachet absolument authentique au film, en plus d’une méticuleuse reconstitution qui m’a replongé dans mes dix ans !

Nous sommes donc à Brooklyn, et la famille Berkman, une bonne famille aisée et intello, est sur le point de vivre un drame. Les parents ne s’entendent plus, et annoncent à leurs enfants qu’ils se séparent. Le père est un écrivain à succès qui n’a rien publié depuis des années, tandis que la mère voit son premier roman sortir, et sa carrière ainsi décoller. Les deux enfants, deux garçons de 16 et 12 ans, sont très perturbés. Le plus jeune Frank reste plutôt attaché à sa mère, tandis que le plus âgé, Walt, cristallise sur un père qu’il idéalise. Les parents décident d’une garde conjointe qui les fait diviser la semaine en deux, et s’arranger pour aussi migrer le chat avec les enfants.

New York est décidément bien un petit bout de pays à part des USA, c’est encore une fois d’une évidence manifeste dans ce film. Et surtout avec ces protagonistes qui sont tout droit sortis d’un univers à la Woody Allen. Les dialogues sont donc ciselés avec talent et finesse, et les personnages développent une psychologie extrêmement subtile et fascinante. Les deux enfants sont jeunes mais ont cette maturité précoce des jeunes gens élevés dans un milieu intellectuel. Les interactions entre chacun des membres de la famille sont extrêmement travaillées, et aussi intéressantes les unes que les autres. Ainsi les perturbations psychologiques des fils (le petit qui se masturbe et étale son sperme un peu partout à l’école, ou l’aîné qui plagie sans vergogne une chanson des Pink Floyd), ou bien les révélations progressives sur le caractère des parents (mère volage, père à l’insupportable complexe de supériorité) sont autant de moments jouissifs du film, et provoquent des joutes verbales croustillantes.

Les comédiens sont excellents, et notamment les deux parents sont des acteurs qu’on a vus dans un tas de films en excellents seconds rôles. Je me souviens de Laura Linney dans « Mystic River » ou bien « Dr Kinsey », et de Jeff Daniels dans « Good night and good luck » ou « Pleasantville ».

Il s’agit là d’une des très bonnes surprises de l’été !

L’avis de devinez qui qui est ma copine : Niklas.

The Squid and the Whale

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