Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux

Samedi, Diego m’a rejoint en fin d’aprème pour que nous passions la soirée ensemble. Cela faisait une éternité que nous n’avions pas passé quelques temps juste tous les deux, et donc nous en avons bien profité. Moi je me traînais difficilement depuis le matin, j’étais pris dans une drôle de torpeur qui m’a laissé sur le carreau pendant toute une partie de la journée. J’étais triste comme les pierres et au bord des larmes à maintes reprises.

J’ai pas mal arpenté les rues de mon quartier, et écouté de la musique en déambulant, et en ayant la sensation de retenir mes larmes. Donc une espèce de douleur lancinante et déchirante, avec un flux et reflux d’affect qui me faisait broyer du noir de la plus charbonneuse manière. Oh et je ne suis pas dupe de moi-même, je sais pourquoi, et je sais ce que je dois faire pour y remédier.

J’ai pris un verre avec François un peu plus tard à Parmentier pour parler CMS, et puis Dieg nous a retrouvé quand il en a eut terminé avec les travaux de sa frangine (qui a acheté un appartement dans mon quartier). Depuis mon dernier séjour chez lui cet été à Bruxelles, nous n’avions pas eu l’occasion de nous voir de visu (on s’appelle quasiment tous les jours par contre), et le débriefing des derniers événements a pris quelques essentielles heures.

Nous avions une soirée avec des amis à lui que je connais, et puis ensuite nous devions rejoindre des potes pour aller en boite. Mais la soirée n’a pas du tout pris cette tournure pré-établie. Il se trouve qu’en vérifiant incidemment le mail de la soirée, Diego a découvert qu’elle se tenait la semaine prochaine. :mrgreen: Et qu’ensuite, nous étions tellement dans un trip « duo » à marcher dans Paris, à rire comme des barriques et à déconner, que nous avons finalement investi le Marais seulement tous les deux.

C’était LA soirée « ex » de Diego, il en sortait de tous les coins de rues, vraiment impressionnant ! Entre l’Amnésia et le Cox où nous avons bu un verre, il y avait un ex-mari (ou bien une édifiante évocation) accoudé à chaque zinc. Et puis nous avons comme d’habitude mis à profit un samedi soir en binôme pour avancer dans mes recherches éthologiques. Vous n’êtes pas sans ignorer comme j’aime visiter les lieux de stupre et de décadence homosexuels de notre fière capitale. Je n’ai pas l’expertise de Freaky, mais je tiens à renforcer un peu mes connaissances sociologiques en la matière. Même si je suis toujours aussi fermé à toute compromission dans ces lieux de perdition, qui font très bien fonctionner ma machine à fantasmes, mais qui me glacent d’effroi et me font peur (principalement des maladies, quelles qu’elles soient).

Nous sommes d’abord retournés au « Deep », mais finalement il était beaucoup plus drôle et instructif de tester un tout nouvel endroit. Nous souvenant de la dernière fois où nous étions allés dîner au « Dos de la Baleine » (qui s’était poursuivi par le « Dépôt »), nous avons décidé d’aller faire un tour au « Full Metal » qui est dans la même rue, dont les qualités étaient vantées par moult connaissances et experts.

J’avais déjà dit que le « Dépôt » était gentil de chez gentil, mais alors là ça se confirme de manière ostentatoire. Oh là là ! Le « Full Metal » c’est pas pour les pédés ! Enfin si, mais bon voilà quoi, c’est pour les mecs qui en veulent GRAVE ! L’ambiance est HYPER cul et chaude, les mecs sont plutôt bons trentenaires butchs bien foutus (avec quelques exceptions et minets). Le sling ne désemplit pas (avec des mecs à poil carrément) et les cabines n’ont simplement pas de porte, mais des barreaux ! :mgreen: That is so romantic ! Du coup on se croirait dans une immense cage pleine de barres. Amis de la pudeur, bonsoir ! Pas la peine d’essayer de s’isoler, ce n’est pas l’objectif de la maison. Il faut se trouver un recoin un peu plus sombre (oh il y en a !), et accepter tout de même de donner un peu de soi à la communauté. Mais apparemment samedi soir, les gens étaient plutôt altruistes et généreux, et ça baisait dans tous les sens. Par terre, contre les murs… Shlika shlika. Ahurissant.

Globalement en plus, ça pue moins qu’au « Dépôt », et les mecs sont presque souriants et sympathiques. Ambiance bon enfant finalement figurez-vous !! :eek:

Et c’est toujours dans ces contextes là, alors que ça fait shlika shlika dans tous les sens, que ça suce, ça pompe, ça encule, ça ramone et ça trombine à deux mêtres, qu’on s’assoit tranquillement qu’on discute de nos projets vitaux. Le boulot, la famille, les amis, les amours… Ah là là, nous sommes des garçons trop sensibles. ;-)

34 Commentaires

  1. J’aimerais beaucoup avoir la distance de Matoo face à ce genre de spectacle mais j’avoue ne pas y parvenir. Ce genre de lieu me dégoute et je ne comprends pas comment les gens qui les fréquentent peuvent faire. Il faut vraiment ne pas se respecter ou avoir une vision du sexe et de la relation aux autres bien particulière. Je n’ai pa envie de paraître désagréable ou fermé car après tout chacun fait ce qu’il veut mais cette façon de consommer le sexe me dépasse.

    Sinon j’espere que la déprime de Matoo est passée (au passage j’adore cette nouvelle photo! :langue:)

  2. Je suis complètement fascinée par la sexualité des pédés, en comparaison, nous les lesbiennes, sommes des midinettes ! :-)

    Je ne dis pas que je souhaite le même genre d’endroit pour les filles (loin de là) d’abord parce que ce serait impossible, ensuite parce que, comme pour toi, même si ces lieux sont des machines à fantasme qui me fascinent, j’en ressens aussi, de la répulsion.
    Mais quand même … vos orgies sont hallucinantes …

  3. Moi, si je peux comprendre les personnes qui y vont pour consommer, par contre, j’avoue ne pas comprendre l’intérêt d’y aller pour ne rien y faire si on est pas adepte su sexe à tout va avec des inconnus.
    Enfin si, je pourrai comprendre si ça tu/vous exciterait vachement et que vous y allez pour vous « chauffer » ou « mater », mais là, même pas, vous vous vous foutez dans un coin pour papoter. Je me demande comment vous pouvez vous concentrer sur votre conversation avec de smecs à poil à 2 m qui doivent faire des bruits équivoques. En plus, ça doit être rythmé par d ela techno bien basique j’imagine…. sans compter l’odeur et le sgros boulets qui doivent vous déranger toutes les minutes pour savoir si vous voulez pas jouer à saute-mouton…
    De plus, en plein coup de grisou, si celui-ci est d’origine amoureuse/sentimentale, ça ne ferait que l’aggraver…

  4. :shock: c’est vrai que ce genre d’endroit ne m’a jamais attiré et je n’aime pas trop le sexe comme ça : « salut, on baise? ». En fait c’est peut être un préjugé mais je trouve que les gens sont froids et c’est très souvent dominant-dominé, genre je te fais l’honneur de te baiser alors pour un peu de chaleur humaine tu peux toujours te brosser.
    Est ce que la tendresse serait synonyme de faiblesse ou de féminité, on est des pédés avant tout merde, on peut bien être différent des hétéros et avoir une virilité avec tendresse (oulah je m’emporte moi … :mur:)
    Mais je peux tout à fait comprendre que certains aient besoin de ça et n’aient pas envie de se prendre la tête, tant que les 2 (ou 3 ou 4…) y trouvent leur compte, tant que personne ne se sent lézé c’est cool.
    Par contre côté maladie ça me ferait vraiment peur. Le truc c’est que peu de gens se lavent les mains. Une capote c’est propre mais avoir dans le cul des doigts qui ont navigué dans le métro, touché lesdits barreaux des « cages » etc … :berk:
    D’ailleurs j’ai lu plusieurs articles concernant une nouvelle maladie rectale ou intestinale (je me souviens plus) qui touche des personnes ayant fréquenté des backrooms, bref une de plus sur la liste des IST.
    Bonne semaine à tous.

  5. Matoo j’adore quand tu fais ta minette trash……il est vrai que ce genre de post peut choquer une partie de ton lectorat:shock:moi j’en redemande:langue
    je ne vois pas ce qu’il y a d’avilissant à se rendre dans ce genre d’endroit

  6. … il est entendu que de nombreux Rhâââ Lovely de rigueur viennent certainement ponctuer la fin des Shlika Shlika.
    Pour autant Matoo, je crois que tu as poussé le concept des « Journnées du Patrimoine » très loin à vouloir visiter les caves de Paris :lol:

  7. Il n’y a pas de lieu idéal pour vivre l’amitié, cvar, quand on est entre mais, tous les lieux sont bnons, puisque c’est l’ami qui compte…
    Cependant, cela doit être quelque peu étrange de refaire le monde au milieu de mâles assoiffés de sexe, non ?
    ;-)

  8. Bon comme bcp dans ces commentaires je vais faire ma prude Candy, :redface: mais je suis pareil… pas trop attiré par les « Dépots » and cie. (scoop : je ne suis meme jamais allé de ma vie dans une backroom ou meme un sauna !:eek:)

    du coup matoo pour moi, pour me faire decouvrir la vie tu aurais pu faire une petite vidéo de cette soirée pour illustrer ce billet :rigole:

  9. Bravo cher Matoo, vos pérégrinations amicales dans les tréfonds de la civilisation parisienne ravissent le provincial que je suis. Décidément, je ne me lasse pas de ce style ! Encore bravo et j’ose espérer que ce spleen ne sera que passager… qui veut bien procurer un doudou à notre Matoo ?

  10. oh lala, tout ça met la vieille mariée que je suis en face de sa vie de vieille mariée… j’aimerais bien revoir un peu de cul et de trucs zarbs aussi :pompom::pompom:! E. vient ici ! faut qu’on parle !

  11. Moi franchement je ne sort plus que dans ces endroits-là, quand je sors, je parle du dépôt sus-nommé.:-)
    Je n’y fais rien, en fait je ne fais rien depuis très longtemps:pleure:
    Mais quand tu es seul et que tu vas en boîte ou dans un bar et bien tu passes pour un con, alors que là-bas tu passes inaperçu, alors ça me va.
    Pour les IST vous avez raison mais il y a aussi des épidémies de vols qui sévissent dans les backrooms.
    De plus tu as raison Matoo, la musique est vraiment pas mal au dépôt.
    Alors c’est vrai que c’est pathétique et que je préfererai avoir un beau petit gars dans ma vie, mais on a pas toujours cette chance.

  12. Olala, que de lecteurs prudes sur ce blog ! Moi jadore la liberté dans ces backrooms que j’ai toutes visité à Paris, Amsterdam, et Barcelone pour les comparer. Cé vrai qu’il y a aurait une véritable étude sociologique à conduire. Cé marrant ce phénomène qu’on constate dans ces trois villes (et j’imagine bien d’autres), avec des lieux ou soirées à thèmes, impliquant des horaires avec des publics tournant d’un lieu à l’autre. Malheureusement, l’universitaire abandonne vite ses projets d’études pour passer à des choses plus concrètes …:langue:

  13. Aimer ou pas c’est à chacun d’en décider. Ca existe et c’est très bien d’en parler. La sexualité de chacun suit des étapes évolutives et beaucoup d’entre nous passent un jour par ces moments hyper cul : comme Matoo l’a justement remarqué il y a une tranche d’âge. Nous suivons des cycles… Programma machina..!

  14. En surfant sur le Net pas net, j’ai trouvé l’adresse d’un trou-opérator… :lol: Mais je ne sais pas si ce serait de très bon goût de vous la donner… :censure: Enfin, ça donne une idée du contexte et de l’ambiance qui entouraient Matoo et Diego, mais c’est vraiment… effrayant pour les uns, excitant pour les autres… :help:

  15. Salut, je reviens faire un tour et je te congratule pour la continuation de ton blog! :-D Keep it up!
    Bon, maintenant, j’ai plus que 378 posts de retard… :mrgreen:

    Bisoutement,
    Dragon.Jade ;-D

  16. Dans mon métier qd on va visiter les prestations que nous vendons aux clients celà s’appelle un éductour. Donc Matoo tu peux toi aussi mettre sur pied des:censure::censure:. Je veux participer, je suis curieuse…personne ne veut jamais m’emmener au Dépot:langue:

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