Plastic Jesus

« J’ai toujours été convaincue que le monde aurait été meilleur si John et Paul avaient été amants. Bon, je sais qu’ils n’étaient pas gays. C’est un rêve. Je sais qu’il y a beaucoup de dingues des Beatles et que, parmi eux, il y en aura un pourcentage que ça va beaucoup énerver. Je n’y peux rien. »

Poppy Z. Brite

Voilà ce que dit cette incroyable bonne femme sur son bouquin que je viens de finir ! Elle est géniale !

J’avais déjà dit dans ce blog que j’avais rarement lu meilleur traitement de l’homosexualité que dans ses bouquins, et là encore c’est brillant. Elle adore écrire sur les pédés, et avoir des personnages gays dans ses romans et nouvelles, et il faut avouer qu’elle est diablement douée et pertinente sur le sujet.

Dans « Plastic Jesus », un tout petit roman, une longue nouvelle tout au plus, elle réécrit l’histoire des Beatles en imaginant qu’à partir d’un certain moment, John et Paul deviennent amant. Le couple remplace alors celui formé à l’époque avec Yoko, et Poppy Z. Brite use de l’uchronie la plus efficace et documentée pour nous raconter les choses. Cela donne un petit roman irrésistible et à l’humour ironique, et parfois grinçant. Elle rue dans les brancards, et va même jusque recadrer le couple John et Paul dans des événements tels que Stonewall en 1969.

Par contre, je suis tout de même turlupiné par le défaut majeur, à double tranchant, de l’ouvrage. Il est tellement court qu’elle n’a pas le temps d’installer ses personnages, et qu’elle ne fait que survoler les faits. De temps en temps, on se croit dans le plan détaillé d’un roman, comme une ébauche pour caler toutes les intrigues, et un canevas logique à une narration beaucoup plus étoffée. D’un autre côté, un roman plus long n’aurait pas fourni beaucoup plus de substance à ce qu’elle a écrit. Je pense qu’elle a été très efficace et concise dans son écriture. Du coup en écrire plus aurait peut-être été trop s’investir dans la précision de l’uchronie, et ce n’était certainement pas ce qui l’intéressait. Non ce qui reste, c’est bien cette relation amoureuse passionnelle qui aurait en effet très certainement défrayé les chroniques !

Donc il s’agit plus d’un livre pour les fans de Poppy Z. Brite. En effet, elle y explique la genèse de cette histoire dans un texte préalable, on peut y lire aussi une autre nouvelle, et une interview de la romancière. On apprend qu’elle a vraiment découvert les Beatles à partir de l’assassinat de John Lennon, et que depuis sa passion ne s’est jamais essoufflée.

Mais la simple curiosité pour l’homo que je suis est suffisante, et pour lire le livre, et pour apprécier une fois de plus la plume, le ton et les idées fantasques de cette merveilleuse auteure.

Plastic Jesus - Poppy Z. Brite

7 Commentaires

  1. « la simple curiosité pour l’homo que je suis »…

    Naaan ? T’es homo ? C’est dingue, ça ! :lol: (ou :boulet: , c’est vous qui voyez…)

  2. Et si je te disais que Poppy est une vraie bonne amie à moi ? Que je l’ai invité dans des festivals en France ? Que je la publie depuis des années ? Que j’ai des photos où elle pose amoureusement sa tête contre mon épaule d’ogre ? Qu’à chaque fois qu’elle vient en France (ou aux Pays-Bas, pour la littérature et autre chosehum hum…) avec mon petit Chris, son mari cuisinier, nous nous gavons comme des oies dans les restos ? Tu me dirais que je suis mytho. Bah non, c’est vrai ! Ca te dirait que je te mette en contact avec elle ? Biz :lol:

  3. Re
    Je n’ai trouvé nulle part de mention sur Poppy Z. Brite sauf celui-ci, et je te recommande fortement (si tu as le temps) de t’attarder sur sa trilogie culinaire : Alcool, la Belle Rouge et Soul Kitchen, qui en plus de donner envie de manger, nous présentent Rickey et G-man (mes deux chouchous) les deux cuistots incomparables :)

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