Yad Vashem

Ce musée m’a forcément fait penser au musée juif de Berlin que j’avais tant aimé quand je l’avais visité (déjà avec Diego), car une grande partie de sa scénographie reposait aussi sur l’évocation de la déportation et l’extermination des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Mais à « Yad Vashem », c’est un centre qui est uniquement consacré à cela. Il faut donc avoir le coeur bien accroché pour passer les deux heures nécessaires au parcours de cet endroit, qui expose le devoir de mémoire pour les 6 millions de victimes de l’Holocauste.

Le musée se trouve sur une hauteur, le mont Herzl, et profite de ce panorama pour installer plusieurs bâtiments qui commémore à leur manière la solution finale de 39-45. Le principal élément est un gigantesque prisme triangulaire qui « traverse » la montagne. On y entre d’une de ses faces (triangulaires donc), et on ressort par l’autre. Tout au long de ce couloir énigmatique, se trouve des salles, et ainsi on parcourt en zigzag l’ensemble de l’exposition, tout en progressant vers l’autre extrémité du prisme. L’architecture est à la fois simple et efficace, une belle sobriété réside dans le béton lisse et gris, et une présentation scénographique claire et frappante entraîne le visiteur dans un voyage d’un genre particulier.

La progression est chronologique, et l’originalité de Yad Vashem est de présenter les faits historiques à travers des exemples concrets, des épisodes tragiques de la vie de milliers de juifs. Ainsi, on entre dans l’intimité d’hommes, de femmes et d’enfants avec la mise en valeur de photos, d’objets intimes et de textes qui racontent leurs histoires. Evidemment, l’émotion est à son comble à maintes reprises, et je suis sorti de là avec les yeux bien humides. Il est surtout difficile de voir la montée de l’antisémitisme, puis l’organisation de la déportation et de l’extermination, d’assister à ces témoignages de rescapés qui racontent l’horreur et l’envie de mourir qui ne les a jamais quittés, même après la libération. On a toujours tellement de mal à croire que ce fut possible, et juste « avant-hier ».

Bref, le musée est très bien fait et documenté, passionnant à bien des égards, et je pense sincèrement, une sorte de « devoir de savoir » de toute personne.

A l’extérieur on trouve aussi plusieurs petits monuments comme celui qui rend hommage aux enfants exterminés. On déambule dans un espace labyrinthique avec une bougie reflétée des milliers de fois, tandis qu’une voix égraine les noms de ces centaines de milliers d’enfants assassinés.

Yad Vashem,  musée de l'Holocauste à Jérusalem

9 Commentaires

  1. La petite salle avec les noms des enfants qui sont lus et les petites lumières qui s’allument et s’éteignent est poignante.
    Le musée est immense, c’est pratiquement toute la colline. Je n’ai pas pu tout faire à l’époque, mais le malaise qu’il génère est énorme.

  2. Yad Vashem est une experience unique, surtout le memorial aux enfants morts dans les camps. Mais j’ai trouve le musee en soi un peu trop « a fond la propagande », pas un mot ou une expo des autres civils non juifs massacres dans l’holocauste comme les condamnes de droit commun, les homos, les anarchistes… et l’architecture meme du musee se termine par l’ouverture finale sur la vue plongeante sur Israel (et un settlement, very ironic!)

    Tu racontes vraiment bien ton periple. Moi en rentrant d’Israel en Mai dernier j’etais vraiment confus, probablement car je suis alle dans les territoires occupes avec un pote qui bosse pour l’ONU et j’ai eu au finish une vison du pays et de sa poilitique qui m’a profondement marqué…

  3. Cette photo est superbe ! Et j’aime beaucoup ces plans inclinés. Entre les matériaux choisis, la lumière et les lignes géométriques, j’ai l’impression de voir un mélange de sacré (géométrie triangulaire), de futuriste et d’oppressant (un peu comme les lignes brisées des films impressionistes allemands des années 20).

  4. (Elle n’est pas de moi au fait la dernière, les photos sont interdites là bas. Mais je l’ai trouvée sur le site web, et elle me paraissait représenter le mieux l’architecture de l’endroit.)

  5. Bienvenue dans le monde de « ceux qui savent », de ceux qui peuvent regarder l’homme droit dans les yeux avec la peur de se reconnaître en lui. Bienvenue dans de ce musée ou quand vous repartez une part de votre humanité est resté accroché à ces témoignages encore brûlant, en incandescence sur votre conscience. Bienvenue dans ce monde ou des hommes, femmes et enfants meurent chaque jour loin des cameras dans l’indiférence la plus totale, ou le « plus jamais ça » ne fait que se répéter. Bienvenue.

  6. La vue que l’on a en sortant du musee sur la ville de Jerusalem donne de l ‘espoir en ayant vu tout le reste du musee. Apres l’ horreur, la reconstruction.

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