Le labyrinthe de Pan

Ce film réussit le pari incroyable d’avoir deux intrigues en une, de deux genres très différents, tout en étant sur un même film, et plutôt homogène. D’un côté, nous sommes à la fin de la guerre civile espagnole, et les maquisards se font abattre par les fascistes vainqueurs. Une femme enceinte et sa fille, Ofelia, s’en vont dans la forêt pour rejoindre un cruel capitaine franquiste (excellent Sergi Lopez, que je préfère hispanophone comme Niklas). De l’autre, Ofelia est rapidement repérée par les créatures de la forêt, donc un faune qui habite dans un labyrinthe voisin. Elle serait la fille d’un roi, et pour recouvrer son ancienne vie, elle doit accomplir certaines épreuves.

Jusqu’au bout les deux histoires se mêlent avec une bluffante habileté, qu’on doit à Guillermo del Toro. Le film est une troublante réussite, autant du point de vue social et politique, lorsqu’on voit les débuts de l’installation du fascisme en Espagne (et ça a duré bien longtemps), que du point de vue féerique et fantastique avec de bons effets spéciaux, et une très belle histoire. La partie avec les maquisards est très violente et très dure, vraiment pas pour les enfants, et même en tant qu’adulte on est content de se plonger dans la facette mythologique et fantasmagorique que propose Ofelia. Car jusqu’au bout, on ne sait pas si elle affabule ces êtres étranges et aventures surréalistes, ou bien si elles s’inscrivent dans cette triste et insupportable réalité. Et jusqu’aux dernières minutes du film, tout se tient merveilleusement bien.

Guillermo del Toro a réussi comme rarement avant à capter l’esprit de l’enfance, et son film est un petit bijou… pour adulte. L’oeuvre est d’une grande originalité, et ne laisse vraiment pas indifférente, elle renouvelle par ce mélange syncrétique étrange les deux genres à la fois. Et de scènes en scènes, entre le regard adulte de l’enfant, et son regard fantaisiste, on se laisse prendre à cette histoire unique. Et on espère vraiment que la partie imaginaire est « réelle », car dans ces moments là, on a vraiment besoin de croire au surnaturel pour supporter certaines horreurs.

L’avis des copines : Niklas, Julien, Juju, [Tu veux sa photo].

Le labyrinthe de Pan

20 Commentaires

  1. Je l’ai vu au cine il y a 15 jours ce film m’a vampé!
    Il y a certe une certaine violence certe mais il y en a aussi une autre qui est suggeree ce qui est parfois encore plus horrible. Et le recours au merveilleux rend le film encore plus profond.

  2. Bah dis donc, tu es un peu à la bourre niveau sortie ciné…çà fait un bail qu’il est à l’affiche (l’est-il seulement encore???:eek:). Mais, il est vrai que c’est un excellent film!

  3. Concernant Del Toro, je parlerai plutôt de « bufflante habileté » tant, filons un peu la métaphore, cette joute bovine entre bons et méchants m’a laissé froid (de veau, sauce au thon, excellent). Pas sensible pour deux sous et pour ma part au maniérisme très jeu vidéo qui donne une image surléchée à tout le film (même problème dans Les Frères Grimm ou dans l’Arsène Lupin avec Duris). La forme aux dépends du fond : un peu creux comme procédé. Ben voilà.

  4. Pour ma part, j’aurais souhaité plus d’équilibre entre le personnage de Lopez et celui du faune ; il faut dire que le maquillage du second l’empêche d’être aussi expressif que Lopez ; mais ce n’est pas la seule raison : en fait Lopez à lui seul représente les fascistes, tandis que le Faune n’est qu’une partie du monde Merveilleux et n’a pas suffisamment d’épaisseur, d’intensité pour personnaliser son monde à lui tout seul. Ce désiquilibre est un peu dommage ; j’aurais aimé voir ce faune aussi imposant que Vidal.
    Mais il faut dire que le jeu et la présence de Sergio Lopez sont un challenge bien difficile. Cet acteur a vraiment un incroyable talent !
    Pour ce qui est de la polémique du film (fantastique ou onirisme), si la gamine ne fait que rêver, je m’inquiète de savoir de quoi elle aurait pu nourrir son esprit pour imaginer un ogre aussi effrayant !!

  5. Vous n’êtes pas très attentifs les enfants ! evidemment que c’est vrai et pas dans sa tête, aucune polémique possible ! :-)
    Pour preuve : quand Mercedes revient chercher Ofelia à la fin, ils sont obligés de défoncer la porte de sa chambre qui avait été fermée à clef… sisi… elle etait sortie en utilisant la craie évidemment !
    :rigole:

  6. Ce n’est pas un truc qui se passe dans la tête de la petite fille, je veux dire que je ne me suis pas posé la question comme ça : la réponse à la question est dans l’observation de la façon de raconter, dans le schéma narratif. ie : j’y vois une mise en abyme, et sur le plan de la technique narrative ça « passe » par le personnage (probablement parce que ça permet une incarnation plus forte, un mu=ystère, un effet de décrochage plus intense). j’ai vu les 2 niveaux de narration et de traité graphique comme une histoire dans l’histoire, avec un effet miroir. Effet miroir parce que le contenu en abyme est comme un reflet du contenu « support », mais aussi parce qu’il en est une échappée. La petite fille, un peu comme Alice passe de « l’autre côté du miroir »… et nous aussi du coup, parce qu’on a la sensation de se retrouver dans une autre dimension de la conscience du personnage de la fiction « première ».

    Mais bon, ce n’est qu’une hypothèse après tout, il y a des choses dans le film qui sans doute conteredisent cette idée-là.

    C’est vraiment très réussi, je trouve que le réalisateur a su éviter les clichés narratifs (sans péjoration…) du type rêve « évident » (signalé comme tel), flashback, folie…

    Il y a une géographie des deux « zones » graphiques » qui se dessine aussi me semble-t-il, je vais aller revoir pour essayer de bien regarder les « lieux ». Si le titre est « le labyrinthe… », ça veut peut-être dire quelque chose de précis pour le réalisateur ? D’ailleurs ça pourrait être une autre façon de décrire le « où ça se passe ».

    Fi de mes intelloteries:mur:, c’est un film qui troue le bonnet. Tout simplement:pompom:.

  7. Je vais encore faire l’institutrice espagnole de service, mais ça ne se passe pas à la fin de la Guerre d’Espagne, ça se passe en 1944. La guerre d’Espagne s’est terminée en 1939, mais ensuite le régime franquiste a pourchassé les résistants.
    Sinon je pourrais dire que c’est un film que j’ai beaucoup beaucoup aimé, mais ce n’était pas le but de ce commentaire.

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