Fluide Glacial Magazine, résolument gay-friendly

J’ai évoqué à plusieurs reprises Fluide Glacial car je suis vraiment un grand fan, à la fois pour leur humour potache irrésistible, mais aussi lors de leur numéro « gay friendly » qui avait été drôlement réussi. Voilà un magazine qui ne me déçoit pas avec les années. Evidemment il évolue, et en vingt ans il y a eu des hauts et des bas. Encore aujourd’hui, certains numéros ne me plaisent pas énormément, et d’autres me font remarquer dans le RER, tellement je me marre tout seul comme une baleine. Je ne suis pas un grand connaisseur de bandes dessinées, mais Fluide, ah ça ouai !

J’ai toujours aimé leur manière de parler des pédés, et j’y ai rarement noté de l’homophobie. Le magazine étant le reflet de toute une bande de dessinateurs de tous les types et vécus, on retrouve dans les bédés, textes ou marges crayonnés (je suis de ceux qui lisent aussi ces fameuses marges !) de plus en plus de mentions « gays », comme le simple et prosaïque reflet d’une gaytitude de plus en plus intégrée à la vie courante (et non plus tacite). Autant, on y trouvait auparavant des clichés qui ont eu la vie dure, autant aujourd’hui je trouve que les choses sont affichées de manière plus subtiles et donc marrantes. Comme je le disais, je n’ai rien contre l’humour made in « Cage aux folles », mais c’est tout de même rafraîchissant de lire des blagues un peu plus aux goûts du jour !

Ce magazine a aussi une autre caractéristique qui en font un objet singulier : il n’y a pas de publicité (autre que des pubs pour les albums de leurs auteurs). On y retrouve des auteurs dont on est habitué au ton, aux dessins et aux textes : Binet, Edika, Frémion, Deup, Charb, Gaudelette, Tronchet, Maëster, etc. Mais il y a aussi des rubriques dont je me délecte souvent de l’originalité et l’aspect culturel le plus hétéroclite. Et toujours cette manière de manier l’absurdité et le calembour le plus naze qui soit, ce qui me plait au plus haut point. Autant de pages et de rires pour 3,90 euros, c’est vraiment rentable ! (Non je ne les connais pas, et je ne suis pas payé pour ce post !)

Si je parle de ce sujet en particulier, c’est parce qu’en m’enfilant le dernier numéro (je fais ce que je veux avec mon Fluide Glacial), celui de janvier 2007, j’ai remarqué qu’il contenait un tas de références aux tapioles. Bon passons un peu la « revue en revue ».

D’abord la couverture, bon moi ça m’a fait rire, mais je vous ai dit, je suis très bon public. Et pis Binet, c’est un peu mon chouchou.

Fluide Glacial N°367 - Janvier 2007

Il y a un édito qui est, depuis quelques temps déjà, sous la forme de bulles, et qui me fait souvent rigoler. L’édito est l’endroit qui (est censé) montre les dessous de la rédaction de Fluide par les deux personnages : Snoop et Fat Boy. Là c’est l’épilogue, mais sachez que c’était à propos des « quotas de minorités visibles dans les médias », et en l’occurrence dans les bureaux de Fluide.

Fluide Glacial N°367 - Janvier 2007

Et comme je vous le disais, on trouve aussi des choses dans les marges (bien naaaaazes !) !

Fluide Glacial N°367 - Janvier 2007

Ou alors au détour d’une page, on trouve un intéressant précédent au coup de boule de Zidane !

Fluide Glacial N°367 - Janvier 2007

Je fais l’impasse sur les planches de bédés que l’on trouve mensuellement dans le magazine, car ça vous connaissez. Par contre, il y a deux rubriques culturelles dont le mélange d’érudition et de loufoque, me fait toujours les lire religieusement. Il s’agit de celle de Frémion : « T’ar ta lacrèm’ à la récrèm’ », et des « Chroniques du dérisoire » de Léandri. Et il se trouve que les deux traitent ce mois-ci de choses très gaies. Frémion évoque régulièrement des auteurs de bandes dessinées ou des artistes aux destins singuliers. J’en apprends toujours beaucoup, car j’ai une culture inexistante dans ce domaine, et aussi parce qu’il parle de gens pas forcément connus ou à l’oeuvre prolifique. Ce sont plutôt des trublions d’une époque ou des iconoclastes qui ont marqué leur temps, ou bien sont aujourd’hui redécouverts. Là par exemple, il parle de « Jacques Vaché », un type né en 1896 et qui fut un pote de Breton, juste avant l’avènement du surréalisme.

Apparemment cet homme est connu sans avoir vraiment écrit ou fait grand-chose. Hu hu. Mais ses correspondances ont été publiées, et il avait aussi écrit et dessiné pour des canards. On le connaît surtout pour son côté dandy, homo (mais toujours affublé des plus jolies dames) et à l’humour corrosif. C’est aussi un homme qui a fait la guerre de 14, et qui est mort à 24 ans d’une overdose d’opium. Un personnage quoi !

Fluide Glacial N°367 - Janvier 2007

Léandri fait très fort pour sa « chronique du dérisoire », et il reparle d’un de ses sujets de prédilection : l’affaire Dreyfus. D’ailleurs ce cher Bruno Léandri use même du vocable « gaytitude » dans cet article. En effet, il nous apprend un fait historique qui a été tenu sous silence, par simple « correction ». Dans cette affaire, il y avait deux militaires étrangers, deux diplomates et nobles (l’un italien et l’autre allemand), à qui Dreyfus devait livrer des informations. Eh bien ces deux zozos étaient des bougresses de la plus belle facture. Des tapettes de chez tapioles qui s’enfilaient à qui mieux mieux et qui le narraient de la plus belle manière dans une affriolante correspondance.

Fluide Glacial N°367 - Janvier 2007

Léandri décrit ensuite une drolatique rencontre avec un spécialiste du genre qu’il a rencontré lors d’une récente conférence. Le mec en question ayant publié la correspondance des deux pédales (ah les Affaires Etrangères… ça n’a guère changé… *siffler l’air de rien*), Léandri lui demande s’il avait conscience de ce qu’il révélait au public. Et voilà que le type rétorque qu’il n’était pas sur qu’ils étaient homosexuels (« Quand reviendras-tu me bourrer ? » disait une des romanesques missives). Et après quelques questions, le gars avoue qu’il a bien participé à une certaine mise en lumière, mais ne répond plus rien quand Léandri lui demande pourquoi alors il n’en a aucunement parlé dans son livre. Hé hé hé. Dingue, toujours aussi tabou, cent ans après !

Fluide Glacial N°367 - Janvier 2007

Et une chronique qui m’a fait mourir de rire, et qui n’a rien à voir avec la pédésexualité. La page de Deup qui dit : « Collons le Petit Prince contre un mur ! » et sous-titré : « Appel à massacrer le chiard couronné ». Il s’agit d’un libelle hilarant qui descend le Petit Prince de St Exupéry. Il publie les dix bonnes raisons de le détester… J’adore !

Fluide Glacial N°367 - Janvier 2007

Et pour finir avec le bon goût qui caractérise ce magazine de classe supérieure, un chouette dessin de Charb… à la vague thématique homosexuelle (oui je blague là).

Fluide Glacial N°367 - Janvier 2007

Ah là là, Fluide Glacial y’a pas à dire, ça déchire ! :mrgreen:

19 Commentaires

  1. Fluide glacial ! Toute mon adolescence ! Faudrait vraiment que je m’y remette, parce que vsiblement c’est toujours aussi bon, aussi grinçant, aussi bien quoi. Merci pour la piqûre de rapel :love:

  2. Trop marrant le truc sur le pti’ prince.
    Voici la raison pour laquelle je n’aime pas la petit prince :
    « Tout le monde aura remarqué que depuis que coca est rouge, le père noël est rouge. De la même manière que depuis que les fantasmes pédérastes de l’auteur sont petits et princes, les miens sont au chocolat et se vendent au supermarché. »
    Bonne journée
    :kiss:

  3. ‘tain c’est vrai que ça ne me rajeunit pas… :book: je lisais fluide quand j’étais étudiant (oui, j’ai fait des études !). Merci Matoo pour ce bain de jouvence et les soupirs nostalgiques qui l’accompagnent ! :cool:

  4. Je n’ai jamais lu moins non plus, (enfin je ne m’en souviens pas du moins), mais là je viens de rire mais de rire ! Merci Matoo, tu es un bienfait de l’humanité, si, si.
    Peut-être que je vais l’acheter, tu crois que j’ai le droit ?

  5. je conseille vivement le Hors série « entrprise » de fluide gklaciale qui ressemble à si méprendre à un « Newzy »….

    excellent le guide pour se faire virer en 3 minutes…;-)

  6. Tiens tiens, grâce à toi je n’ai plus peur de me outer en disant que je suis abonné à Fluide depuis une bonne vingtaine d’années et que ce journal me fait encore plus marrer aujourd’hui qu’hier ! C’est vrai que c’est de plus en plus Gayfriendly et avec beaucoup d’esprit. Si les Chroniques du dérisoire m’amusent vraiment au point d’avoir acheté tous les pavés compilés et reliés de Léandri, je n’en dirai pas autant des imbitables pages de Frémion qui nous ressort de vieux nanars chaque fois pour occuper -gâcher ?- l’espace du magazine…
    Matoo, tu devrais aussi essayer Psikopat, même esprit de bédé en plus trash…

  7. J’ai juste oublié de demander dans mon précédent commentaire si tu avais lu l’irrésistible Gay Vinci Code de mon copain Pascal Fioretto, collaborateur de Fluide ? Si non, il est encore temps de réparer cette carence :-)

  8. Fluide Glacial !!
    C’était ma revue préférée quand je traînais avec ma bande de cops, trop vulgaire diront certains, et bien , oui, je suis très carrée comme nana, mais j’aime aussi rire gras avec les mecs
    http://www.fluideglacial.com/pages/homepage.htm

    J’avais la collection des EDIKA, pour dire ! Zorglub, bonjour les onomatopées, que de fous rires !il y a toujours une petite souris dans un coin d’une image, un personnage bizarre, il faut lire aussi à la loupe les journaux des personnages, fandard !! Que de souvenirs !!:petard:

  9. Je suis abonné depuis longtemps, et je crois que je pourrais le rester rien que pour la chronique du dérisoire de Léandri.

    Quand je serai grand, je veux faire comme lui ! (Mais la moustache en moins.)

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