Fistful of love

I was lying in my bed last night staring
At a ceiling full of stars
When it suddenly hit me
I just have to let you know how I feel
We live together in a photograph of time
I look into your eyes
And the seas open up to me
I tell you I love you
And I always will
And I know you can’t tell me
I know you can’t tell me


Fistful of love – Antony and the Johnsons

C’était en 1999, j’avais 23 ans, il en avait 25. Nous nous étions rencontrés au gré de nos pérégrinations sur Caramail. Nous faisions parti d’un groupe de tchateurs acharnés (dont le déjà célèbre LeCapitan), et rapidement nous avions succombé « à distance ». Du coup, sur un coup de tête (comme j’ai souvent), j’ai pris le TGV et je suis allé le voir chez lui… à Toulouse.

Il m’attendait là. Et dès les premières secondes, bam, coup de foudre ! Le genre de truc qui fait du bien à cet âge, et dans lequel on se jette à corps perdus. Je me perdais dans ses grands yeux bleus et ses longs cils noirs, son accent me faisait proprement bander dès qu’il me chuchotait un mot. Bah j’étais amoureux quoi ! La chute fut rude, mais ce n’était qu’un épisode charnière de la sitcom dans laquelle je joue depuis une trentaine d’années. Tout de même, certainement la première fois de ma vie que j’aimais, et que j’étais aimé en retour (Moulin Rouge attitude).

Je ne l’avais pas vu depuis sept ans, et avant-hier nous avons dîné ensemble. Ses yeux me rendent toujours maboul, et je bandais déjà lorsqu’il m’a dit « bonjour ». Nous avons pris un verre à l’Imprévu, et on a dîné dans le quartier. Nous nous sommes racontés nos vies depuis ces années, période importante s’il en est. Chacun avait des bribes de l’autre, par quelques mails ou sms, et en quelques heures nous avons retracé nos chemins l’un pour l’autre.

Je lui ai volé un baiser. Je n’ai pas résisté. C’était bon de retrouver ses lèvres, son odeur, sa peau, et des sensations passées resurgir alors qu’on ne s’y attend pas.

Car qu’est-ce qu’un baiser ?

C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le coeur,
Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme !

« Cyrano de Bergerac » (Edmond Rostand)

J’ai 30 ans, et il en a 32 donc. C’était marrant de voir que nous avions pris un petit coup de vieux, certainement les premiers signes de vieillissement, ces petites choses qui ont changé entre la verte jeunesse et le début de la fin. Notamment, les premières ridules et pattes d’oies aux coins des yeux lorsqu’on sourit. Hé hé hé. A un moment, je me suis dit qu’à une moindre échelle, nous étions comme deux vieux amants qui se retrouvaient dans un film hollywoodien, après cinquante ans, et qui retombaient dans les bras l’un de l’autre.

Mais non, ce n’était que la réalité. Et il est reparti.

34 Commentaires

  1. roooh ! et moi qui rougissait déjà à cause d’une note intitulée « fist full of love »…:gene:

    bien mal m’a pris de mal lire !

    jolie petite histoire Matoo…

    à l’inverse d’Alain je te propose pas d’essayer mon accent : le patois du nord.. c’est pas génialement bandant !

  2. tu as 30 ans j’en ai vingt de plus et j’ai juste l’impression que ma vie est faite de ce genre de rencontre, de celles dont tu parles là… qui font du mal…qui font du bien, comme dirait cette chère marguerite…

  3. la nostalgie a ceci de caracteristique qu’elle est ressentie des lors que l’on se sent concerné par la fuite du temps et le désir d’immortalité. A 20 ans point de nostalgie, a 30 ans les choses se corsent… joli post tout en nostalgie que les moins de 30 ans ne peuvent pas comprendre…

  4. Exact Lionel, et puis une madeleine de Proust ne fait généralement pas de mal… Se Souvenir des belles choses, des belles sensations… tout un programme délicieusement servi par notre matoo national! Bises à tous

  5. Quand je pense au nombre de pédés qui aimeraient être à la place de ce mec…
    :kiss:
    Moi ça me fend le coeur !
    Si tu veux, je connais des gens qui peuvent brûler sa famille et violer sa voiture. N’hésite pas.

  6. ce n’est pas donné à tout le monde…

    Prendre conscience que ce que l’on vit est rare et beau
    Garder intacte cette beauté malgré le temps qui passe, malgré des retrouvailles.
    Etre capable de « dire » ces émotions, de donné une idée du bonheur, ou plutot de ne rien perdre de cette beauté en l’écrivant.

  7. J’ai pas 30 ans mais je rêve aussi d’un rencontre… et avec de la nostalgie je crois…

    En tout cas, ce genre de billets (et la musique aussi) sont *soupir*…

  8. J’ai eu deux mecs comme ca qui ont eu une impacte assez importantes dans ma vie (en plus d’etre hyper sexy) que j’aimerais revoir au moins une fois dans un restau ou autour d’un verre pour parler un peu du passe et voir comment on a evolué.
    Joli billet!

  9. Ouaow… ‘tain… faut k’jretourne à mes révisions moi…
    On note le « Vous les jeunes… vous pouvez pas comprendre ! Sniiif' »
    :doute:
    …Personellement, […] non allez j’me tais tiens… -_-

  10. J’arrive ici après une semaine de travail difficile, et je découvre cette belle surprise. J’aime bien ta manière de raconter cet amour et ces retrouvailles, simple mais touchant. En revanche, je ne sais pas si c’est la jeunesse perdu ou l’amour qui me touche le plus…

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