Boy Culture

Ce film c’est LE film pédé du moment, mais disons le tout de go, il ne rentrera pas dans mon panthéon ! Et pourtant il marque pour moi une sorte de tournant dans la production de films à thématique gay. En effet, au même titre que les chick-movies ou les teen-movies, il s’agit, à mon avis, d’un des premiers véritables fag-movies. Et du coup, je ne l’ai pas trouvé meilleur qu’un épisode de « Queer as Folk », avec tout de même en prime pas mal de lourdeurs, maladresses et des moments qui m’ont carrément saoulé. Pourtant, il représente avec pas mal de talent et ironie grinçante une certaine « vision pédé » de la « vie de pédé ».

Le héros, X, est un prostitué de 25 ans, qui a l’air d’en avoir 30 (impossible de dégoter la date de naissance du mec, Derek Magyar), et qui est un mec évidemment extrêmement charmant et totalement « fucked-up ». En effet, ce dernier n’a pas eu de rapport sexuel depuis qu’il fait son métier, et a du mal à s’imaginer dans une relation de cul non commerciale. Mais il habite depuis un an avec deux colocs, Andrew (Darryl Stephens), un superbe black dans le genre assez « sage », et Joey (Jonathon Trent), l’archétype de la jeunette salope et paumée. X craque pour Andrew, mais ne sait pas vraiment comment analyser ses sentiments, et dans le même temps X tombe sur un client âgé, qui n’accepte de coucher avec que lorsqu’il le désirera sincèrement.

A la base, j’allais plutôt voir le film avec de bons a priori, parce que cela se passait à Seattle (et non pas à New York ou San Francisco), et que parce que l’histoire me paraissait pouvoir dégager quelque chose qui dépasserait un peu l’orientation sexuelle. J’en ressors à la fois correctement diverti, et aussi un rien agacé. Je pense surtout qu’il n’arrive pas à la cheville d’un « Beautiful thing » ou d’un « Get real ». Mais encore une fois, ces deux derniers films sont ceux de mes vingt ans à moi, et je pense sincèrement que « Boy Culture » est un film pédé pour ceux dont ce sont les vingt ans aujourd’hui. Je ne doute donc pas qu’il plaise à un certain public. Et ils ont au moins cette chance de voir un film qui leur parlera, car il a cette qualité de mettre en scène quelques types d’homo que nous connaissons tous. Au moins on sort des clichés homos en tant que visions hétéros, et on passe à des portraits de gays d’aujourd’hui relativement crédibles.

Ce qui m’a foncièrement fatigué, c’est le parti pris de la narration. X se la joue héros plus narcissique que Narcisse lui-même, et il est en voix-off pendant tout le film. Et bla bla bla, et il parle de ses problèmes existentiels qui franchement ne sont pas plus captivants que cela, et puis c’est verbeux et pas toujours très bien écrit. Il tergiverse sur des coquecigrues, et ça se termine en boite de nuit ou bien par une crise suicidaire (Ils auraient du lui faire écouter du Mylène tiens !). Bref, on est dans le teen-movie version tafiole, donc c’est normal.

Là où les choses s’arrangent un peu, c’est que l’orientation sexuelle ajoute un peu de piment à des scénarii qui sont normalement complètement cadrés et formatés. Avec des homos, on peut facilement être surpris par des moeurs un peu particulières, ou bien des relations amoureuses alambiquées, et des situations pas forcément standards. Mais finalement, le film s’arrête aux moments où l’on voudrait que le réalisateur, Q. Allan Brocka, explore un peu plus les failles de ses personnages, qu’il pousse plus sa réflexion, qu’il transcende l’orientation sexuelle pour universaliser un peu plus son propos. Il reste plutôt au ras des pâquerettes, et se contente de nous servir son intrigue mollassonne, qui en plus se termine par un happy-end des plus conformistes.

Les quelques moments jubilatoires sont trop rares, soit servis par quelques répliques « langue de pute » cinglantes (enfin du niveau de « Next » hein, faut pas pousser non plus…), et particulièrement par le coming-out d’Andrew et le personnage de la frangine. Mais alors qu’on sentait un potentiel terrible pour cette dernière et cette partie de l’intrigue, il n’est pas du tout exploité, et le soufflé retombe.

Ouuuh là, je voulais dire du bien du film aussi, car je n’ai pas non plus trouvé que c’était un navet, mais force est de constater que ce n’est pas ce qui ressort de ce que j’écris là (et qui me vient tout naturellement, je n’ai pas de plan…).

Boy Culture

11 Commentaires

  1. Ouais, effectivement ça casse pas trois pattes à un canard. Il avait été présenté au festival gay-lesbien en décembre 06 à Paris. Les acteurs sont sympas à regarder, notamment le beau noir. A son crédit on peut porter la présence d’un noir, c’est plutôt rare dans les films gays.

  2. Je te trouve bien sévère surtout en ce qui concerne l’écriture. Le film est très, trop bavard mais l’ écriture des dialogues est meilleure que dans beaucoup de films seulement elle plus théâtrale que cinématographique par contre je suis de ton avis sur le fait que le scénario à tendance à laisser en plan des personnages secondaires qui auraient étendu le champ du film. J’espère que ton intéressante critique passera avec la mienne, que j’ai déja postée, dans lestoilesroses.:-)

  3. Moi, je serais beaucoup plus indulgent que toi! Je pense en effet que Q. Allan Brocka a fait un film qui suit les lois du genre « comédie romantique », avec tous ses codes, mais que la narration, justement, met tous ces codes au second degré. C’est justement ce grain de sel qui rend ce film meilleur que la plupart des comédies romantiques: ce ne sont pas juste des répliques marrantes, de mon point de vue, mais une mise à distance ironique. Ce qui est fort, c’est de jouer sur les deux tableaux: je vous fais une belle histoire à l’eau de rose, hein, mais il ne faut pas trop y croire non plus, pas plus qu’il ne faut croire le vieux avec *son* histoire à l’eau de rose. Alors, bien sûr, ce n’est pas du grand cinéma d’art, mais à mon avis bien meilleur que tu ne l’écris ici.
    Well, just my two cents :salut:

  4. Ces derniers films gays sortis dans les bacs me font tous réellement chier : le schéma est le même, le côté « je parle trop pour ne rien dire » est présent quasiment partout, et puis faut toujours une pute gay dans le lot et ça aussi ça me gonfle, mais certainement pas dans l’entre-jambe !:mur:
    THE HOURS, voilà un film génial avec des persos homo, des hétéro et UN SUJET qui n’a pas à voir avec le fait que les persos sont homo ou hétéro, où les persos ne sont pas centonné dans un monde de gay avec quelques filles à pédé ou un monde hétéro avec le bon copain pédé.
    C’est pas le tout de faire des films « gays » ; tant qu’à nous faire pisser notre fric, ce serait bien de nous concocter de bons films, je dirais même de VRAIS film, bordel !

  5. :gne: Génial, je suis tellement en rogne que j’écris comme une merde : « centonné » ! bravo ! Sacré moi ! :book: Mais en fait c’est lié au pays d’origine des centons ; vous savez, ces ptits bonhommes qu’on fout devant le sapin de Nael. Et ensuite, on les « centonne » dans leurs petites boîtes et…:blah:
    Euh, ça fonctionne pas ? Chuis pas crédible ? Je m’enfonce ?:gene:

  6. « Beautiful thing »… ça, c’est du cinéma pédé ! :kiss: J’ai dû le voir quatre ou cinq fois… et à chaque fois : :love: et en même temps :pleure: !

    Pire, je ne connais que « La belle et le clochard », c’est dire ! :help:

  7. You must be my Lucky Star
    ‘Cause you shine on me wherever you are
    I just think of you and Istar to glow
    And I need your light
    And baby you know

    Refrain :
    Starlight, starbright first star I see tonight
    Starlight, (starbright) make everything all right
    Starlight, starbright first star I see tonight
    Starlight, (starbright) yeah

    You must be my Lucky Star
    ‘Cause you make the darkness seen so far
    And when I’m lost you’Il be my guide
    I just turn around and you’re by my side
    (refrain)
    Come on shine your heavenly body tonight
    ‘Cause I know you’re gonna make everything all right

    You may be my Lucky Star
    But I’m the luckiest by far

    hu hu hu :o)

  8. Je me suis fait refoulé comme une sale spameuse du boulot donc je réécris ce que j’avais noté (même si bon, ça n’est pas d’un intérêt grandiose…mais ça montre que cette critique est appréciée!)
    Donc euh…ah oui, je voulais y aller voir ce film (sans grand enthousiasme), mais maintenant j’ai plus du tout du tout envie. :book:
    Voila, allez hop, suivant.:lol:

    Bon, sinon, c’est décevant, je croyais revenir et voir 20 nouveaux messages s’extasiant devant cette nouvelle photo sublime (surtout qu’on a eu droit à un chat stylisé dans l’intervalle) et puis non….pfffff donc re-:love:

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