Falaises

Depuis « Je vais bien, ne t’en fais pas », je voulais lire un roman d’Olivier Adam. J’ai commencé par hasard par celui-ci, bien qu’il ne soit apparemment pas tant représentatif de l’oeuvre de l’auteur. Il s’agit d’un roman qui pourrait avoir une source autobiographique, mais ce n’est pas certain. On retrouve en tout cas quelques gimmicks qu’il y avait déjà dans le film (et le roman du même nom d’après ce qu’on m’en a dit), dont l’image de la banlieue que je trouve d’une justesse assez bluffante (enfin, qui prouve simplement qu’il sait ce dont il parle). J’ai trouvé aussi à l’auteur une jolie plume, un style simple, concis et qui trouve le mot juste, la phrase brève mais lourde de sens.

Le narrateur, un certain écrivain qui s’appelle Olivier et a 31 ans (comme l’auteur donc), est en vacances quelques jours à Etretat avec sa fille et sa femme. Il s’agit plus d’un pèlerinage pour lui, qu’il effectue ainsi tous les ans, puisque sa mère s’est jetée de ces falaises alors qu’il avait 11 ans. Le narrateur, à partir de ce fait troublant, revient sur son existence, son cheminement, et ses choix de vie dans de longues digressions. Ces moments sont l’occasion de se remémorer son passé, son père et son frère notamment, et comment il en est arrivé là.

Le roman a beau avoir ce style assez dépouillé et « droit au but », il n’en reste pas moins que son propos est tout à fait bouleversant, et il fallait bien une certaine aridité dans le récit pour contrebalancer l’affect qui se dégage de l’histoire seule. Malgré tout, je lui ai trouvé quelques formules ou métaphores assez éculées, mièvres ou bancales, ce qui m’a un tout petit peu fait tiquer pendant la lecture. Globalement, cependant, j’ai trouvé que le livre était bien écrit et construit, qu’il touchait le lecteur avec beaucoup d’authenticité et une pugnacité qu’on voudrait communicative.

Outre cela, le thème de la maman est un élément qui laisse rarement indifférent, et comme pour « Maman est morte », celui de la mère qu’on a perdue est particulièrement touchant. Olivier Adam sait surtout dans les discours de son narrateur nous perdre dans de longues digressions avec une habileté assez impressionnante. On est à Etretat, et puis on replonge dans l’enfance ou l’adolescence d’Olivier, et en quelques paragraphes on est suspendu à ses lèvres (son style… ou son clavier), on en a oublié le cadre formel du récit. Car, et là je rejoins encore le sujet du film que j’ai vu, il est terriblement doué pour évoquer la famille, le conflit, la fraternité, la banlieue et les relations « humaines ». Il sait instiller ce qu’il faut de sentiments et d’émotions, et même s’il se laisse parfois un peu déborder par quelques formules « faciles », il faut lui reconnaître un chouette talent de conteur.

J’ai été très sensible à la relation avec le père et le frère, ainsi qu’à la description de la banlieue, comme je le disais plus haut. Les images qu’il suggère dans ses descriptions, à la fois physiques et morales, de la région parisienne montrent qu’il connaît bien le coin, et qu’il y a vécu. Et là évidemment, cela me touche d’autant plus, puisque je n’ai pas de difficulté à m’identifier à son récit. Il y a aussi certainement le fait qu’il n’ait que deux ans de plus que moi, et que nous partageons sans doute un référentiel culturel relativement commun.

J’ai lu le roman d’une traite, car il se lit très bien, mais il est aussi difficile à lâcher comme ça. Ce n’est pas un roman génialissime, mais son auteur a vraiment un truc qui le fait se démarquer, une sincérité dans ses phrases et son ton, une vulnérabilité qu’on sent poindre sous une carapace de refoulements et d’épreuves… Malgré les quelques maladresses donc, mais qui du coup rendent presque le livre « humain », l’auteur crée un attachement assez dingue à son personnage, et ce n’est pas anodin.

Falaises - Olivier Adam

7 Commentaires

  1. bon, ben après « sexe et dépendances », je crois que te suivrai également sur celui ci vu que justement le premier est excellent et que j’ai acheté en lisant ta critique…

    ps sans rapport : pas mal cette photo !!!:redface:

  2. Bon, c’est là qu’on met le commentair epour la photo?:boulet:
    oooh, ben dis donc, t’as pas maigri, toi? Très joli look tout bien rasé de la tête mais un peu mal du reste! Et ce regard!:love:
    Tu t’es retouché les sourcils au Photoshop ou quoi?:love:
    Bon, maintenant, je vais lire le post sur le bouquin…:boulet:

  3. C’est un bon écrivain qui inspire les cinéastes. Son livre « Poids léger », histoire d’un « petit » boxeur a été également adapté à l’écran par JP Améris avec le choupinou Nicolas Duvauchelle.

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