Les Contes d’Hoffman

Encore un choix de maître(sse) de la part de la Fée Kozlika, qui nous avait proposé d’aller voir et écouter ce fameux opéra d’Offenbach. D’ailleurs un des rares opéras de ce dernier, qui est plutôt connu et reconnu pour ses opérettes et opéra-bouffe. Mais quelle oeuvre, et quel spectacle !!! J’ai beaucoup aimé les décors, la mise en scène, et l’opéra en lui-même, mais vraiment s’il y a un élément qui se détache et donne toute son excellence à l’oeuvre, c’est bien la performance de Rolando Villazon (Hoffman).

Hoffman est un poète maudit qui a la protection et l’amour de sa Muse. Cette dernière se déguise en son meilleur ami, Nicklausse, et veut tout faire afin qu’il réalise qu’elle est son seul amour. Tandis qu’on joue « Don Giovanni » et que la Prima Donna, qu’Hoffman kiffe grave de sa race, fait un triomphe, le poète est dans une taverne à côté et raconte à un public médusé ses histoires d’amour malheureuses. Il raconte trois histoires qui vont être les trois prochains actes de l’Opéra, ses déconvenues avec trois femmes, une automate Olympia, une chanteuse Antonia et une courtisane (une teupu quoi) Guiletta.

Au début j’ai eu un peu de mal avec le décor qui est assez spartiate et dépouillé, mais finalement lorsqu’on entre dans le propos et qu’on en comprend la raison d’être, j’ai trouvé qu’au contraire, il servait parfaitement le récit. Hoffman est un artiste et il crée dans la souffrance de ses relations amoureuses tumultueuses, et l’opéra tel qu’il est mis en scène met très bien en valeur ce « paradigme » du poète romantique.

Avec le recul, c’est le premier acte qui m’a le plus plu, même si Patricia Petibon n’est pas vocalement des plus convaincantes (et c’est vrai que Dessay, ça le fait…), elle incarne bien l’Olympia nymphomane et buguée. Le premier acte (et le prologue) est surtout celui qui bouge le plus, qui est le plus drôle et le plus enlevé, et dont la musique m’a beaucoup plu. Les autres sont plus lyriques et traditionnels, et j’ai aussi bien accroché, mais il n’y a pas le panache et la truculence de ces premiers moments. Notamment quand Olympia se retrouve dénudée en robot qui déconne, et qu’elle joue la dominatrice avec un Hoffman les quatre fers en l’air dans une charrette de foin, c’est un moment très drôle et inattendu.

Rolando Villazon y est donc remarquable en Hoffman, du début à la fin, autant dans ses performances vocales que dans son jeu. Et c’est bien en cela qu’il brille sur scène car il endosse vraiment bien son personnage, et il exprime parfaitement dans ses expressions et sa manière de bouger toutes ses émotions, et les complexes sentiments d’Hoffman. J’ai aussi beaucoup aimé le rôle de la Muse (Ekaterina Gubanova) et d’Antonia (Annette Dasch), pour les autres je n’ai pas trop d’avis, du moins je ne les ai pas trouvé mauvais, mais rien de notable à mes béotiennes oreilles.

J’ai été sensible à une chose, et je ne pensais vraiment pas que cela arriverait, ce qui m’a d’autant plus agréablement surpris, ce sont les textes en français. En effet, c’était la première fois que je voyais en live un opéra en français (De toute façon, je n’en ai pas vu énormément tout court !), et j’ai été très sensible à la beauté du livret de Jules Barbier. Evidemment il faut le sur-titrage pour profiter pleinement de cela, car on ne comprend pas toujours très bien lorsque c’est chanté (Villazon a un sacré accent espagnol !). Mais avec les paroles ainsi affichées, j’ai énormément apprécié les dialogues et l’utilisation de notre bel idiome dans ce contexte (c’est vrai qu’on parle bien d’amour en français…). Auparavant, je me disais que l’on pourrait me chanter un opéra en italien, en allemand ou en français, et que cela ne ferait pas une grande différence. Mais je n’en suis plus si certain, car dans ce cas là j’ai vraiment trouvé une beauté particulière dans les paroles, leurs sonorités et la manière dont elles résonnaient en moi (et parce que la poésie en français me touche forcément beaucoup plus finement et profondément).

Encore un très beau spectacle à l’Opéra Bastille, vivement le prochain !

Les Contes d'Hoffman

17 Commentaires

  1. Olympia était le détonnateur du specOlympia était véritablement le détonnateur du spectacle après un prologue assez chiant.
    Nous avons vraiment été gatés après le fantastique Lucia. Villazon était génial.
    Rien à voir avec la choucroute mais n’as-tu pas trouvé Nawal bizarre hier soir? :langue:

  2. Ahhh, j’adore ETA Hoffmann! Il y a une très bonne adaptation bd du conte d’olimpia par Dino Battaglia chez Mosquito (avec aussi La maison déserte et Peter Schlemihl).
    Tu as lu le chat Maurr? Oh la la, et « Les Elixirs du diable »? :rigole: Terrible roman, dans le même genre (mais beaucoup plus prenant et osé) que le Moine d’Antonin Artaud/Lewis!
    Tiens d’ailleurs, on sait jamais, je lance une bouteille à la mer: toi à qui j’ai prété mon exemplaire des « Elixirs du diable », avec glissé à l’intérieur un élément essentiel pour la compréhension finale du récit (qui m’a demandé beaucoup de temmps), ce serait sympa de me le rendre!:ben:

  3. Oui, Nawal était très étrange. Elle a pas arrêté de vanter les mérites d’un certain Loïc. Bizarre, il ne figurait pas au casting de l’opéra.

  4. Marrant, j’ai pas véritablement acroché avec la muse et vous m’énervez tous avec Dessay dans le rôle d’Olympia ! J’ai bien aimé l’interprètation de Petibon.

    Koz m’a coseillé la version avec Alagna, et du coup c’est vrai qu’il est plus plaisant d’écouter sans tendre l’oreille pour comprendre les paroles (même Villazon était effectivement très bon).

    Bon, et vous avez fini de faire les langues de pute avec les amours de Nawal, j’te jure, on se croirait dans une cour de récré (aparté : elle vous a dit si c’est une bon coup ?)

  5. :gne:
    Bande de Cinglés va !?! Zêtes Malades :lol:
    Ps : Moi aussi je vous aime :love:

    rien à voir ;-)
    Petitbon était quand même très convaincante en Poupée Nympho, un régal que cette partie !
    Et puis bon comme tu le sais j’ai eu un mal fou avec la mise en scène en ce qui me concerne, pas le côté épuré mais le reste …
    Villazon m’a quant à lui scotché … et c’est bien le seul :lol:

    Bizzz Todos !

  6. J’ai trouvé Petibon excellente, car elle incarnait très bien le personnage, tant vocalement que par son jeu de scène.

    Enfin, concernant Nawal, elle avait effectivement un petit regard lubrique bien inhabituel. :cool:

  7. Les vieux comme moi qui ont entendu Placide Domingo vous diront que Villazon est son clone. C’est en effet SUBLIMISSIME (j’y étais mercredi moi). :pompom: :pompom: :pompom: Quant à Petitbon, j’ai bien aimé. La mise en scène, pas si épurée que ça quand on compare aux mer… qui sont habituellement le choix de Mortier !

  8. Bonjour à vous tous!!
    voila je voulais savoir si par hasard vous svaiez si les contes d’hoffman allaient se dérouler ailleurs qu’à l’opéra bastille, parce que y’a plus de plaaaaaaace! grrr!
    strasbourg ça serait pas mal! lol ou dans l’est…suisse ??
    voila merci beaucoup!!!
    ;)
    Sylvain ;-)

  9. :boulet: ;-) I listened a brief interpretation of LesConte d’Hoffmann. Villazon seems very good as par his great voice as par his feeling with the personage. I would like to listen him in the entire opera. Will be possibile in the nest future? Somebody can answer to me? Thank you. Roberto.

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