La Môme

Edith Piaf reste encore aujourd’hui un des symboles vivaces de la France, et de Paris, à travers ses chansons, sa voix, son physique et une histoire personnelle vraiment singulière. Elle méritait bien un tel tribut ! Ce film nous fait partager son existence et rend hommage autant à son talent, qu’à cette passion qui jusqu’au bout l’a animée, jusqu’à même la consumer et la détruire. Par contre, je n’ai pas trouvé que c’était spécialement un chef d’oeuvre, c’est plutôt un bon film, sans plus.

D’ailleurs, c’est marrant car j’ai lu dans la presse et sur le web, des tas de critiques, souvent dithyrambiques, mais aussi beaucoup plus contrastées. Mon premier bémol, mais aussi ma première réserve quant à la manière dont j’ai apprécié le film, est lié au ton de l’oeuvre. Comme je ne connais pas grand-chose de la vie de Piaf, sinon qu’elle est née dans la rue, qu’elle a été dans l’excès toute son existence, et que l’amour de sa vie, le boxeur Marcel Cerdan, a été tué dans un accident d’avion. Le film présente les choses de manière tellement théâtrale et cabotine que l’on se demande à quel point c’est conforme à la réalité. Mais je laisse le bénéfice du doute…

De même pour Marion Cotillard, on ne peut que saluer son jeu, mais j’appelle plutôt cela de la « performance » tant elle se travestit en Piaf. Elle est très convaincante dans l’apparence, dans la voix et la gestuelle, mais je ne peux m’empêcher de trouver cela un peu trop littéral et « too much ». La réalisation est très classique et conforme, mais Olivier Dahan a réussi à insuffler une belle originalité grâce à son montage, un peu erratique au premier abord, mais qui au final nourrit une belle histoire, et offre une lecture beaucoup plus intéressante qu’une approche bêtement chronologique.

Ainsi on suit divers épisodes de la vie d’Edith Piaf, de sa petite enfance, à son décès prématuré à l’âge de 47 ans, aussi usée que si elle était une très vieille femme. Et donc ces moments de la vie de la chanteuse française sont présentés par des allers-retours entre la fin de sa vie et le déroulement progressif de sa carrière. La môme est élevée par sa grand-mère qui est tenancière de bordel. Les putes de la maison close sont donc ses premières marques d’affection, et on comprend à quel point cela a pu la marquer. Dès le début aussi, l’alcool a une présence forte dans son existence, et les abus de drogues ne manqueront pas. De faible constitution, malgré son exceptionnelle voix et son formidable talent d’interprète, on la voit sombrer et quasiment renaître portée par sa seule passion artistique.

Le moment qui m’a le plus impressionné est certainement celui où on la voit presque six pieds sous terre, et que lorsqu’elle découvre la chanson « je ne regrette rien », elle reprend pied et décide de faire l’Olympia. Il y a aussi ses apparitions sur scène, avec une Marion Cotillard qui ressuscite Piaf avec beaucoup de talent, et arrive à nous donner des frissons. Et finalement, cette histoire d’amour tuée dans l’oeuf avec Cerdan qui ne peut vraiment pas laisser insensible. Bref, la légende est nourrie de toutes ces scènes qui apportent beaucoup d’émotions et nous attachent encore plus au personnage.

On retrouve une pléiade d’acteurs et d’actrices pour incarner les seconds rôles, et il n’y a vraiment rien à leur reprocher (surtout Emmanuelle Seigner), même Depardieu n’est pas mauvais. Du coup, le film malgré ses deux heures et vingt minutes ne m’a pas paru trop long ou indigeste.

Donc j’ai plutôt passé un bon moment, même si je garde une petite réserve quand même… Trop de petites choses qui clochent pour me faire complètement adhérer…

L’avis des copines : Niklas, DrNono, Zep, Dfromparis, Dragibus, Orpheus, Gregoo, Chris Warner, [Elle], Celui qu’il me faut, Grey, Pheel, Patrick.

NdB : Si vous lisez Niklas, vous savez qu’il crée des titres en forme de jeux de mots pour les films qu’il chronique. Et là, j’ai eu une vraie crise de rire tant c’est drôle, hargneux et juste : « Le retour de la momie ». MOuahahahahahah !

La Môme

18 Commentaires

  1. je prends toujours autant de plaisir à lire tes commentaires, ainsi que ton style….!
    quant au film, je partage assez tes opinions
    comme je viens sur paris et que je vais visiter le musée branly, je ne vais pas manquer de relire tes commentaires.
    bon we à toi !

  2. Et mon papier alors ! C’est de la merde ! :-) Il est vrai que je me fais rare dans la blogopshère. Cela dit, je n’ai pas le même avis que toi sur le film. Ce qui cloche pour toi, reste des pépites étincelantes pour moi. Tu décris bien le déroulé du film et ton point de vue. Mais l’essentiel du film, il ne faudrait pas l’oublier c’est la voix de Piaf, tu l’abordes un peu avec la scène de la chanson « Je ne regrette rien ». Je trouve l’alchimie Voix de Piaf et Interprétation de Cotillard très réussie puisque l’émotion passe. Notons aussi au passage, le silence du public à la fin du film. Un silence assourdissant suffisamment éloquent pour ne pas le passer… sous silence.
    la très courte note du mondain : http://greymondain.free.fr/dotclear/index.php?2007/02/19/455-la-mome-laisse-sans-voix

  3. Je suis allé voir ce film dimanche dernier. Je n’ai rien à redire sur le film en lui même… Je vais peut-être me faire des ennemis mais Édith Piaf était une drôle de femme… Honnétement, mis à part sa voix, j’aurai pas pu la supporter bien longtemps… Je la trouve capricieuse

  4. Pitié, ce film fut un suplice. La veille j’avais vu Greco au Chatelet et c’est vraiment l’inverse. Quelle horreur cette Piaf, grand mère de Lara Fabian. Je n’ai rien senti en dehors de l’odeur de transpiration de mon voisin. Non pas Pheel, mais Hugo.
    Seigner est bien, je suis d’accord.
    A quand un film sur Catherine Ringer?

  5. Le film, pas le temps d’aller le voir, mais Piaf, j’aime bien. J’ai même une photo de sa petite robe noire, really. « la grand mère de Lara Fabien » :gne: Sinon je voulais dire deux choses après lecture faite de ta critique et des commentaires :
    1) il y a une faute de frappe (il a bon dos le clavier) 4e paragraphe, 4e phrase le « l » s’est malencontreusement transformé en « d » ! C’est pas comme ça que vous réussirez dans la vie :ok:
    2) ça fait tout drôle t’entendre Ron m’appeler comme ça :love:

  6. Niklas lit p’têtre Hellgy ( http://weblog.redisdead.net/main/2007/02/18/1945-y-a-pas-un-air ) (ou alors, les grands esprits se rencontrent) ; moi ça ne me serait pas venu à l’esprit, le machin sur les momies hollywoodiennes est tellement infâme (vous me direz, je n’ai vu aucun des deux de la série), que forcément…

    Sinon, je découvre que Piaf n’est pas n’est pas une icône du monde gay (alors que Madonna ou Mylène, pas d’problème ;) ) ; depuis le temps que je dis que je suis hétéro, j’ai enfin un moyen tangible de le prouver ! :) (parce que moi, j’ai adoré, na ! ^^)

  7. J’ai trouvé ce film larmoyant, pas super bien interprété (je hais Marion Cotillard, et là, elle ressemble à la grenouille de « Souris City »), et caricatural. Ceci dit, je me suis pas trop ennuyé non plus. Bref, pas de quoi fouetter un chat ! (et c’est vrai, c’est une des meilleures critiques écrites par Niklas !!! :))

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