Faut-il le dire ?

Tout ça en lisant les posts de Dr Nono et [Elle] qui s’interrogent sur leur « anonymat » de blogueur… ;-)

Avec mon regard et mon expérience de vieille pédéblogueuse décatie, je commence à repérer les différentes phases du cycle de vie du blogueur. Au début, on est tout excité, on a envie d’écrire dix fois par jour, à la fois sur le quotidien mais aussi sur des choses « de fond », mais on est aussi un peu frustré de ne pas être vraiment « lu » en comparaison de ce qui est alors « donné ». Et puis la tendance s’inverse, le lectorat s’étoffe et peu à peu l’inspiration s’étiole. Etre lu augmente les interactions et le jeu de socialisation qui permet des rencontres sympathiques (et plus si affinités), et qui donne en général au blog une place de plus en plus importante dans sa « vie ».

Et du coup, vient cette phase où l’on a envie de parler à tout le monde de son blog… à ses amis, aux tchateurs fous de Rezog, à ses collègues, à ses parents, à son chien, à son dentiste et au vestiaire du Dépôt. Parce que plus on est lu, mieux on se porte, et plus confiant on est dans l’intérêt qu’on espère susciter chez autrui. Et le petit égo se sent mieux, et puis aussi d’un point de vue pragmatique, viennent rapidement les moments où l’esprit s’égare et où on commence ses phrases par « Justement j’en ai parlé hier sur mon blog… ».

Seulement, un blog est intéressant s’il est personnel et s’il évoque autre chose que du ciné, des bouquins, du théâtre ou des futilités de ce genre (oui, oui, je le professe, je suis chiant dans 98% de mes articles, hu huhu). Evidemment, je sais que les blogs persos agacent aussi beaucoup de gens qui n’y voient qu’un déversoir pour pauvresses esseulées. Oui mais pas que ! En tout cas pour moi, tout au contraire, je trouve dans ces blogs une source intarissable de partage d’expériences diverses et variées, d’anecdotes rigolotes ou excitantes, d’occasion de s’identifier à ses copines etc. Evidemment, j’aime aussi les blogs pour les qualités d’écriture de certain(e)s, et parfois pas des carnets pas du tout personnels, mais en gros j’apprécie les gens qui me font ainsi part de leurs petits épisodes vitaux, tout en les mettant en scène avec talent.

Et qu’est-ce qui marche ? Mais le scandaleux évidemment, le sexuel et sulfureux, la polémique et le brûlot qui fait du boucan, il y a aussi l’humour et l’ironie, le billet d’humeur bien senti, la confidence inavouable qui nous parle ou bien encore un témoignage authentique et sincère. D’où ce désir ambigu et impossible d’être lu par le plus grand nombre, mais de se retrouver ainsi autocensuré. Ou alors il faut s’ouvrir à la blogosphère seule et rester anonyme, mais alors il est difficile de cacher cela à ses proches. Sinon on dit tout à tout le monde, et alors on se retrouve à ne plus « rien » avoir à dire. Car parler de ses proches en les fustigeant ou pire, c’est s’exposer à des représailles ou bien simplement à des malentendus qui ne se terminent jamais bien. Et évoquer sa relation peut aussi dramatiquement se conclure.

Mais y’a pas à dire, lorsque M. m’a jeté, j’ai battu les records d’audience, et suite à un fameux post, j’ai purement et simplement doublé mon trafic durant cette période (ce qui m’a vraiment éberlué à l’époque). Il faut avouer que pour les scènes de ménage en direct des blogs, je crois que je faisais dans l’innovation sur ce coup là, et ça a plu. Mouahahah. Ensuite, il faut gérer au mieux son blogging-out… Lorsque ma mère est tombée dessus, j’ai songé à arrêter, et puis finalement elle n’y a jamais remis les pieds (ouf). Les couples de blogueurs aussi je connais… pour le meilleur et pour le pire. :mrgreen: Aujourd’hui, j’ai à priori trouvé mon équilibre avec des amis qui lisent ou pas, un petit copain qui me tolère (hé hé hé) en tant que tel, une famille qui reste un bon moyen de faire ma mégère, et finalement une myriade de sujets qui se présentent au hasard des rencontres, et pérégrinations de mes méninges.

Donc tout ça pour dire que je ne sais pas s’il faut vraiment le dire, mais que cela doit relativement devenir inexorable avec le temps. (Putain, tout ça, pour ça !) Devient-on alors mauvais en se censurant ? Eh bien oui, certainement en partie, en tout cas pour les articles les plus « intimes », ou en tout cas il faut se limiter à soi et seulement à soi (le narcissisme devient alors une obligation), évoquer le passé (et les relations amoureuses, amicales ou familiales) et se faire le scribe des anecdotes du quotidien. C’est moins facile donc, mais finalement cela peut amener à une démarche intéressante.

Le meilleur pédéblogueur du moment, c’est à mon avis Gauthier (les choses changent et évoluent, mais il est diablement doué). Il écrit très bien, il est drôle, un brin trashy, et il fait tout pour qu’on se l’imagine bien sexy et déluré en faisant marcher à fond la machine à fantasmes. Il parle de cul, de ses soucis de thunes, de taf, de mec… Et il n’a pas non plus l’air d’être arrogant ou pédant, au contraire il montre aussi ses petites faiblesses, quand ce n’est pas sa montagne de défauts, et le tout avec une autodérision qui le rend très sympathique. Or il a déjà changé de blog, et eu pas mal de problèmes avec ses amis dans ce domaine… Ses secrets : il sort avec un anglophone francophobe, il est volage et porté sur la bouteille et le sexe, doucement névrosé et narcissique à souhait. Ah bah voilà ! :mrgreen: Les meilleurs ne durent pas (Freaky, Desinvolte, Paumé, Matoo, Mennuie, ManuLeCentre, Ange Etrange, Gondalien, Coco etc.), mais c’est normal, c’est dans l’ordre des choses, et c’est bien ainsi. Il y a des moments, il faut savoir les saisir.

49 Commentaires

  1. Ah, moi c’est le contraire. tous mes proches, famille comprise, étaient des habitués de mon blog et ça ne me posait pas de problème, mais ce que je n’ai jamais réussi à gérer c’était tous ces inconnus qui se sentaient des proches.

  2. Eustazio> Ah oui t’as raison, je les ai rajouté. Et moi ouai je fais partie des meubles aujourd’hui, et c’est très bien comme ça. :) Je pense que je ponds quelques trucs qui valent le coup de temps en temps, et ça me suffit.

  3. Je pense qu’en effet, l’anonymat peut permettre d’être plus « libre » dans les récits mais surtout, il permet au lecteur de fantasmer celui qu’il y a derrière. J’ai commencé en anonyme aussi, mais je ne racontais pas pour autant plus de choses qu’à visage découvert. Au contraire, j’ai été plus « personnel » dans mes écrits ensuite. Et puis il faut dire qu’à lire et qu’à fréquenter des bloggeurs qui eux avaient fait le choix du visible, j’ai trouvé qu’il était plus simple de faire rejoindre ma vie réelle et ma vie virtuelle. C’est vrai que je suis maintenant plus curieux des bloggeurs qui avancent à visage découvert car il y a une certaine forme de « vérité » qui n’existe pas forcément dans les autres, même s’il y a des bloggeurs anonymes que je respecte et que j’ai finit par rencontrer et que j’ai gardé. Pour finir, personnellement, je ne sais pas trop où se situe mon blog dans la sphère…

  4. L’anonymat du blogueur disparait de toute façon dès qu’il prend son propre nom de domaine, mettant ainsi son identité à disposition du monde entier en un clic de whois.
    Je suis moi même assez paradoxal sur mon identité. Alors qu’il est impossible de trouver mon nom complet sur mon site, j’y promeus allègrement la mini-série que j’ai faite avec des amis, offrant toute information nécessaire à qui souhaite me retrouver. Mais alors que je deviens plus publique, je restreins moins mon champ d’expression… Après tout, je parle sur mon blog de qui je suis, ce que j’aime, ce que j’aime pas, et si quelqu’un qui n’était pas censé tomber dessus lit quelque chose qu’il ignorait sur moi, j’assume.

  5. Très juste réflexion sur les blogs, leur rôle, la position du blogueur face à l’écrit et sa diffusion. Je verrais bien ce texte comme une intro à un essai sur le comment du pourquoi d’un blog. Quel éditeur va donc te contacter, Matoo?

  6. « le lectorat s’étoffe et peu à peu l’inspiration s’étiole. » :-)
    Je crois qu’un blog de célibataire n’aura jamais le même ton qu’un blog de personne en couple. Il y a des choses qu’on ne peut pas dire, pour ne pas blesser, même si ce n’est pas si grave, etc.

  7. J’ai bien ce que tu dis sur des cycles de vie d’un blogeur. J’ai été invité à un soirée de blogeurs toulousains et j’hésite à y aller. Pourquoi? Pour mon anonymat. Après tout, Toulouse est beaucoup plus petit que Paris, surtout quand on est un expatrié homo.

  8. Point de vue ô combien intéressant ! Je pourrais en dire long sur les satsfactions ou sur les trouilles procurées, toute cette adrenaline qui se répand souvent et qu’il faut assumer, comme un autre choix.

  9. comme je te l’ai dis, je laisse rarement de petit mot meme si je te dévore :redface: mais celui la il est vraiment excellent !
    je vais peut être le dire a une amie, trés proche, que j’ai un blog…comment tu as la qualifié  » myléne dépressifo gothique…! » oui c’est ça, j’aime bcp la définition :rigole:
    bon, je t’embrasse !

  10. La Freakette n’est pas morte bordel !!!
    Et Gondalien est l’une des plus grosses pertes de mon univers blogosphérique, je dois bien l’avouer. Son style me manque, des années après sa disparition.
    Le microcosme s’est transformé en macrocosme. Tu peux ajouter Maïa à ta liste, elle reste la première blogostar hexagonale et je l’admire toujours autant. :love:

    Mais bon, on peut se consoler. Charlène Lopez et Tri-Tinh Wan-Seng sont éternelles, elles ! :mrgreen:

  11. Ce n’est pas moi qui vais te contredire… y’a qu’à voir ce qu’était mon blog auparavant, et ce qu’il est devenu… Je m’autocensure tellement parfois que je n’écris même plus ce que je voulais dire… pas facile de ne froisser personne…. au début c’est marrant d’écrire ce que l’on veut sur les gens (sans les nommer pour éviter la diffamation), mais malheureusement l’entourage découvre le blog (dur de cacher un blog à son petit copain ou à des ex) et alors on entre dans des disputes incroyables (j’en ai eu plusieurs à cause de choses que je disais sur mon blog), et on en vient à ne parler plus que de soit, dans un élan narcissique surdimensionné, mais surtout nécessaire pour pouvoir continuer à écrire sans se faire engueuler à tout va :croa:

  12. mais tu deviens socio-bloguologue toué !!

    je vis à peu près ce que tu décris : je me touille… je leur dis ou pas ?

    j’ai envie, et en même temps… tout ça n’est qu’à moi !

    alors vi, j’aime bien écrire, mais partager avec mon entourage, alors que même sans ça je me censure parfois… alors là c’est fini !

    mais bon, je trouve ton article très très juste !

    (et si tu fais partie des meubles, ben moi qui aime le moderne, pour le coup, j’aime aussi bien les meubles qui sont là depuis un moment)

    fanatiquement vôtre (oui, j’exagère, un brin)…

  13. Une excellente réflexion du blogueur face à son blog, une posture qui ne me semble pas très différente de celle de l’écrivain (surtout celui d’auto fiction) face à son livre et aux problèmes auxquels il doit faire face lors de sa parution. On en revient alors à l’anonymat ou au pseudo ce qui m’a toujours paru illusoire, d’une part le monde est bien petit et d’autre part toute notoriété n’est que dans un cercle bien limité.
    Pour moi ce qui fait la valeur de ton blog, et mon plaisir de lecteur c’est cette curiosité exceptionnelle qui te fait passer d’un texte vantant les mérites érotiques du massage de la prostate à une critique de film en passant par une rêverie sur une plaque d’égout pour continuer sur un compte rendu d’une pièce de théâtre improbable en passant par ton roman familiale avec des détours par un guide gastronomique du Marais et les meilleures lieux de baise de tokyo pour finir par les charmes de vexin et ta passion pour le narval (la nomenclature est loin d’être complète). C’est cette diversité surréaliste qui fait tout le charme de tes écrits d’un ton qui alterne le grave et le burlesque (le tatouage de tintin et milou sur le cul du mec besognant ton ex dans un film porno, j’en ai pleuré de rire). Quant au style là encore c’est le mélange des genres, le mot rare suivi d’une onomatopée, un mélange de savant et de populaire, un peu la recette Céline avec la vitupération en moins, c’est un gentil matoo, un peu trop peu être dans ses critiques cinéma. Mon plaisir de lecture, en live seulement depuis 6 mois, mais j’ai presque tout lu, est très comparable à celui que j’ai eu lorsque j’ai lu les journaux intimes de Junger et de Mathieu Galey. Mais je crois que le ressort principale de ton blog tient dans la mot partage. C’est d’ailleur ce qui devrait faire se lever tout journaliste culturel le matin et c’était mon cas pour le jeune critique sporadique que je fus. Même si tu refuses plus ou moins la comparaison avec le journalisme il faut bien voir ton blog est entre autre prescripteur. C’est par exemple grâce à toi que j’ai découvert cette merveille qu’est Chronique d’un été de Patrick Gale. Mon cas étant très banal je ne suis bien sûr pas le seul. Ensuite que le blog puisse obséder, dévorer le reste de la vie: amour, ami, métier… Mais c’est la même chose pour toute passion, amour métier, amis, sport, collection… avec le même paradoxe comme pour toute passion pour qu’elle perdure il faut la nourrir par l’extérieur. C’est cet équilibre qui est si difficile à obtenir blog ou pas blog, pédé ou pas pédé, homme ou femme… Il me semble que tu n’aborde pas le coté structurant de tenir un blog, J’ai parfois l’impression ,bien que cela ne soit pas vraiment comparable, que pour certain tenir un blog a un coté visite chez le psychanalyste. J’ai le sentiment que l’effet structurant était patent pour un blogueur dont j’aime bien les écrits, Niklas, et que le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne semble pas aller mieux depuis qu’il a suspendu son blog. Autre sensation dont tu n’es peut être pas conscient c’est que pour le lecteur les êtres dont tu parles sont des êtres de papier, des être de fiction, toi y compris par exemple j’ai été triste quand ton histoire avec M a capoté, mais comme on est triste lorsque l’on rentre en empathie avec un personnage de roman… J’aimerais développer mais j’ai déjà du être très chiant et puis je n’ai plus le temps aujourd’hui longue vie à ton superbe blog.:-)

  14. … faire partis des meubles???… :berk: … Tu es dur avec toi même, cher Matoo! Parce que l’on sait que tu peux du jour au lendemain fermé cet espace intérieur, parce que l’on ne sait jamais ce que l’on vient chercher sur ton blog, parce que les pensées de Marc-Aurèle ponctues nos semaines, parce que ton visage et tes écrits changent étonnent et hantent nos journées, parce que tout ça n’est rien et que ce n’est que volatile… ton blog n’est pas un meuble Louis Philippe ni un Stark, mais une bouffé d’air pour certains, une béquille pour d’autre, un tremplin (isn’t Mister Ron??? – sans Matoo, Ron et son talent,ne seraient pas entrain d’écrire un scénario pour la télé.. hé hé!!!:ok:), une perle de rosé d’un matin blème, une vision bloguesse grinçante touchante mais jamais chiante (même quand tu parles de livres, de films, ou de pièces de théatre)…!!! Ne deviens pas un meuble, surtout pas! :love: Bah! je vais pas continué à te faire des compliments car tu vas y prendre goût!

  15. Je suis le meilleur pédé-blogueur du moment? :gne:

    Putain, je vais plus passer les portes, déjà que j’ai un ego relativement développé…

    Merci cher Monsieur Matoo, le fait que ce soit toi qui dise ça, c’est un peu comme si Madonna descendait de scène pendant un concert pour me faire un bisous rien qu’à moi! (Non je n’exagère pas du tout!)

    Et oui, avoir un mec qui pige rien au français ça aide à le tenir éloigner de son blog ;)

    Bisous d’amour.

  16. @ fcrank : ça marche aussi dans l’autre sens…

    @ patapouf : déjà vécu ça quand ron a transformé mon papa en blogostar :-)

    @ matoo : merci pour le lien… en fait on peut quasiment dire que je t’inspire :cool:
    moi non plus je ne vais plus passer les portes :langue:

  17. J’avais un blog perso avant… et je filais mon adresse à tout le monde.
    Mais lorsque j’ai voulu faire mon coming out, j’ai crée Moi et Autrui… et depuis 8 mois que j’écris avec ce pseudo, je ne veux toujours pas quitter mon anonymat qui me permet d’écrire les pires méchancetés sans complexe !:mrgreen:
    Car c’est vrai qu’on pratique forcément une forme d’auto censure lorsque nos proches connaissent l’adresse

  18. Hello,prémière fois que je laisse un com pourtant je suis un lecteur assidu.Mais l’anonymat permet effectivement de dire beaucoup de choses sur sa vie et pour mon cas sur mon jardin secret.Et pour Gauthier oui tu as raison,son blog est très bien.

  19. Franchement, je pense que c vraiment dangereux de donner son adresse de blog à d autres, s’il est vraiment perso, basé sur les anecdotes du quotidien, le rapport à autrui d’une part à cause des represailles, comme tu dis, de l’autre, car le fait de savoir être lu par des gens que l’on connait créé en nous une censure dès lors qu’on écrit : puis-je dire ceci? Ou cela? J’ai fermé mon blog précédent pour ca : trois fois on m’a reconnu dans la rue et justement un blogueur (ironie du sort, il a posté un com ici) avait découvert mon identité, j’avais flippé car le fait que la réalité concrete rencontre la réalité telle qu’énoncé dnas le blog, je trouvais que ce n’était pas franchement sain. Curieusement, recemment, j’ai décidé aussi de ne plus etre anonyme, mais sur un autre blog, retourner en arrière et de mener de front les deux, car il y’a plusieurs facon de s’exprimer, on peut se decloisonner en plusieurs blogs, en fait tout est possible. Avant d’en arriver là, il faut envisager les consequences avant d en parler aux autres, par rapport au contenu du blog, et au(x) contenu(s) potentiel(s) de celui-ci.

  20. Comme je l’avis écrit sur un blog hier, un blog c’est un jardin secret qu’on n’a pas à partager, si on ne veut pas que certaines catégories soient lues : il faut les vérouiller.

    Le jardin secret c’est primordial chez tout être, et dans un couple, si l’autre ne supporte pas ou ne respecte pas ce jardin perso : qu’il dégage !Mon mari peut voir le mien quand il veut, s’il le voulait mais mes sujets ne l’intéressent pas du tout, et il me fait confiance !

    La confiance et le respect de l’autre et de son petit jardin secret, dans un couple, c’est la base. Après, il afut mesurer ses écrits, c’est comme pour tout, ou alors, il faut partir sur Skyblog:hum:

    Un blog peut être lu de tous, et par n’importe qui, dès l’instant où on blogue, on accepte et il faut assumer ou vérouiller, ce que beaucoup font.

    Fanette :petard:

  21. C’est marrant ce que tu écris au sujet de ton blog. Le fait d’écrire un blog prend pas mal de place dans ton blog lui-même, un peu comme la psychanalyse qui est un sujet récurrent dans la psychanalyse.

    En tout cas, et tu le sais sans doute, tu es une fenêtre sympa pour plein de mecs. Pour ce qui me concerne, tu es un quart d’heure d’intelligence dans ma journée de boulot !

    Bises,

    Bruno.

  22. Plusieurs choses me semblent très justes dans ce post:
    – l’anonymat d’un blogueur ne fait pas long feu
    – le couple est l’ennemi du blog (parce que le blog demande du temps qu’on prend au couple)
    – il est difficile de tenir un blog sur la durée tout en gardant son désir intact et sa pertinence.
    Dans le genre, tu t’en sors très bien et c’est d’ailleurs probablement ce qui fait le succès du MatooWorld (car moins on écrit, plus on perd de lecteurs) !

  23. bien dit ! mais y’a un truc que j’ajouterais dans le cycle de vie du blog, c’est le moment où on se demande si on ne radote pas… Je me surprends depuis quelques semaines à me demander au détour d’une phrase si je n’ai pas déjà raconté ça quelque part… Et vu la futilité des trucs que je raconte, je m’en voudrais d’avoir l’air d’y tenir autant ! :-)

  24. On peut aussi se demander comment ça se fait qu’il n’y a en grande majorité que des bloggers qui laissent des commentaires sur les blogs (6 non bloggers sur 34 commentaire, ça fait peu par exemple ici).
    Le non blogger est-il un aniaml rare?:pompom:

  25. J’annonce: j’inverse la tendance!
    Oui, depuis que tu as écris ce post, des gens zintrigués sont allés sur le blog de Gauthier pour voir de qui tu pouvais bien parler… moi, c’est l’inverse! Tu dois pas encore assez faire parti des meubles, je te connaissais pas! Faut dire que je suis pas un assidu de la queerosphère non plus… ;)
    Sinon, je tiens à rétablir une vérité historique: son mec n’est pas francophobe mais totalement francophile! Depuis son passage à Paris, il n’a qu’une envie, retourner vivre en France! C’est plutot l’angleterre qu’il ne supporte plus!

    PS: je suis un non blogger aussi! Ca fait 7…

  26. Surtout, Matoo a bien compris que ce qui marche, pour se taper un piti blogueur choupinou, c’est pas de lui dire qu’il est mignon (il le sait), mais c’est de le flatter en lui disant qu’il écrit bien et qu’il est émouvant :boulet:

  27. « Je pense que je ponds quelques trucs qui valent le coup de temps en temps » … Tiens, en visitant récemment le salon de l’Agriculture, je me suis dis que c’était exactement ça que devaient penser les poules ! :ok::ok:

  28. Non ma Freakette chérie n’est pas morte, il se fait très rare et puis on peut le lire et le relire….
    Ben je vais aller lire Gauthier si c’est trash, çà devrait me plaire:petard:
    +1 pour les non-blogueur

  29. excellente reflexion comme toujours :D
    personellement, je conçois le blog comme l’espace de la parole libre et du tant pis. je n’écris quelquechose dedans que si je peux me dire : « Untel l’a lu et n’aurait pas du le lire ?, bah tant pis !  » . quel que soit le Untel, justement. ce qui est bon c’est de s’apercevoir qu’on pense  » tant pis  » a propos de beaucoup plus de choses que ce qu’on croyait au départ :langue: .

  30. En fait, une question que je me suis souvent posé, est le problème de la fin d’un blog.Quid du moment où on ferme un blog ?Comme tu le dis, ça demande un certain investissement, d’ouvrir un blog. En temps, en émotions…Tu te prends au jeu, ça commence à prendre une certaine importance dans ton quotidien, voire dans ton réseau social -et effectivement, dans ton rapport aux gens, car c’est devenu un « petit bout de toi », donc difficile de ne pas en parler-.Ca n’est pas non plus évident de trouver une cohérence au blog. On ne parlera pas d’une pompeuse « ligne éditoriale », mais au moins d’un ton, voire -hommage à Raphaelle Ricci- d’un univers…Pourtant, malgré ça, on voit des blogs se fermer.Jusque là rien d’étonnant.Mais c’est surtout qu’ils ferment, pour la plupart, du jour au lendemain.Au-delà de la frustration des lecteurs, je me demande comment on gère la fermeture de son propre blog .Bernard Alapetite faisait un rapprochement avec les écrivains, mais il y a quand même une différence majeure: un écrivain envisage son livre avec un début et une fin.J’ai du mal à imaginer fermer mon blog; mais surtout: est-ce que l’on sent la fin venir ? Est-ce qu’une sortie de la blogosphère peut se préparer ? Autre questionnement: est-ce qu’un blog peut s’imaginer comme un tout, avec un commencement et un point final ? que quiconque irait relire par la suite (j’ai des doutes à ce sujet car l’interactivité, sinon l’instantanéité du blog me semble essentielle).En fait, j’aimerais poser ces questions aux gens qui ont eu plusieurs blogs. J’imagine que pour eux, un ancien blog marque une étape, mais peuvent-ils considérer que leurs anciens blogs soient comme de petits romans dérivant maintenant sur la toile, à lire d’un bout à l’autre (et la seconde extrémité ayant son importance, perso je ne tiens pas à rester sur ma faim).Bref, j’aimerais bien ton avis, Matoo, et celui d’autres lecteurs.

  31. Pour répondre à Gyom je pensais aux écrivains qui publient leur journal intime comme par exemple Gabriel Matzneff, Michel Ciry (le peintre) ou encore Mathieu Galey ou Junger. Je lis le blog de Matoo (c’est le deuxième que je lis intégralement) comme j’ai lu ces journaux intimes en volume dont les auteurs ne prévoient la fin qu’avec la leur. A qualité comparable ce que je pense de Matoo par rapport à ceux cités le plaisir est encore plus grand parce que c’est presque en « live ».

  32. Bonjour,
    J’ose une petite bafouille au risque de paraître ridicule après ce bel écrit.
    Le blog peut n’être qu’une envie de partager un moment et un seul.
    Parce qu’il est important, douloureux. Si intime qu’il lui faut un exutoire.
    Peu importe qui va le lire :
    Des inconnus : faisons connaissance !
    Des connus : vous ne m’intéressez pas au point que je vous le raconte de vive voix !
    Des proches : Je n’ose vous le dire mais je vous l’écris…

  33. Interessant ton article..
    Cela dit je ne me retrouve pas dans le shema..cela fait 1 an et demi que je bloggue, et je n’ai jamais ete tentee d’en parler autour de moi. Mon blog est avant tout un blog perso et meme, les liens d’autres blogs ou sites non perso vers le mien m’effraient un peu.
    J’adore lire la vie des gens, et je pense que les gens qui lisent mon blog recherche la meme chose.
    Biensur je me censure pas mal.
    Par exemple j’aimerais bien parler la, du regime que je commence a faire, mais j’hesite, a cause de mes lecteurs..

    Et pour le blog de [moi], je suis plutot inquiete par la nouvelle.
    Je suis fan de son blog et surtout du cote perso. Je zappe souvent ses critiques de film, mais je m’interesse beaucoup a ses articles perso.. Si elle arrete ca, ca sera vraiment dommage..

  34. Plus un blogueur est hors placard, plus l’écriture devient difficile. Mais je crois que l’exercice est alors d’autant plus intéressant. Il faut être toujours plus habile ou futé pour conjuguer réel et écriture tout en résistant à la tentation de la fiction (mes amis disent « de la psychose »). Les risques et périls de bloguer à visage découvert font tout le charme et la valeur du blogging.

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