La voleuse de livres

J’avoue que si l’on ne m’avait pas donné le bouquin, je ne l’aurais jamais lu. Déjà parce que c’est un bouquin qui est sorti en tant que « roman pour jeunes adultes », et puis pour son sujet, l’histoire d’une petite fille, pendant la seconde guerre mondiale, du côté allemand. Et là c’est une excellente découverte et surprise que ce roman de Markus Zusak, qui est apparemment un jeune auteur australien déjà fort connu et primé dans le monde.

Le côté « jeune adulte » peut se comprendre par le mode de narration qui est finalement assez candide et naïf, et une structure aussi plutôt simple et limpide, mais aussi pour son sujet. En effet, ce bouquin pourra sans problème avoir sa place dans les programmes de lecture de collège avec le « Journal d’Anne Frank », « Mon ami Frédéric » ou « L’ami retrouvé ». Il a cette originalité de traiter de la souffrance pendant la guerre, et du côté où on ne l’attend pas, du côté de ces allemands engagés dans un conflit et une idéologie qu’ils ne partageaient pas forcément, des personnes pauvres qui ont énormément souffert, et de ces citoyens qui ont aussi sauvé des juifs. Il ne s’agit évidemment pas de minimiser les exactions des nazis, ou bien de dédouaner les responsables et les personnes engagées dans ce terrible régime, mais de bien rappeler qu’en Allemagne aussi il y avait une « résistance » à la politique nazie.

L’histoire de déroule près de Munich, dans une petite ville qui s’appelle Molching, et plus précisément dans une des rues les plus pauvres : la rue Himmel. C’est là que Liesel Meminger, une toute jeune fille allemande de 9 ans se retrouve prise en charge par un couple modeste, Hans et Rosa Hubermann. Nous sommes en janvier 1939, et Liesel est confiée aux Hubermann par ses parents qui ne peuvent pas s’occuper d’elle, et veulent la protéger. Son petit frère, un bébé, meurt de maladie dans le train qui les mène vers Molching. Liesel vole alors son premier livre, un « manuel de fossoyeur » qui tombe de la poche d’un apprenti, lors de l’enterrement de son petit frère. Les mots vont alors prendre une extraordinaire importance pour la petite fille, les mots et les livres.

Le narrateur du bouquin est tout simplement la Mort, une narratrice donc, qui a rencontré Liesel à plusieurs reprises entre 1939 et 1945, et qui est restée marquée par l’histoire de la gamine. On suit donc l’existence, presque indigente, de cette dernière chez les Hubermann, avec une mère sévère, revêche et vulgaire, et un père à l’opposé, qui lui procure de l’affection, lui apprend à lire (d’abord dans son manuel de fossoyeur) et lui enseigne ses valeurs. Hans Hubermann a des problèmes car il n’a pas adhéré au parti nazi, et il reste un homme foncièrement retors à cette politique, même s’il ne peut plus faire autrement que de montrer son attachement au führer.

Liesel s’adapte à son nouvel environnement, se lie avec des gamins de son âge, et exorcise peu à peu la douleur de la perte de son frère, et ses parents. Et voilà que son père adoptif, Hans, reçoit la visite d’un certain Max Vanderburg qui lui demande de l’aide (en 1940). C’est un boxeur juif qui est le fils d’un homme qui a sauvé la vie de Hans lors de la première guerre mondiale, et ce dernier décide de le cacher dans son sous-sol. Liesel s’attache à Max, et réciproquement pendant plus de deux ans. Ils sont liés par les vicissitudes de leurs existences, et les livres. Encore des livres qui soudent une amitié singulière et sincère.

J’ai l’air d’en raconter beaucoup, mais il n’en est rien car les 500 pages de cette saga couvrent bien des intrigues, des personnages et des péripéties. On plonge très facilement dans ce récit, et la petite Liesel devient rapidement une héroïne très attachante. En outre, l’écriture est charmante, à la fois fluide, créative et agréable. Je n’ai pas été transcendé par le style de Markus Zusak, mais il tient très bien son récit, et maîtrise ses effets littéraires. Après, le fait d’avoir la Mort pour narratrice, et les divers petits chapitres très courts et titrés (et notamment un jeu un peu ingénu avec le lecteur) sont certainement ce qui donne l’aspect le plus « jeune adulte » au lectorat escompté. Mais le potentiel est là, et il pourra ravir bien des lecteurs « adultes ».

Encore une fois, l’originalité vient surtout de cette image contrastée entre une Allemagne nazie et antisémite, mais aussi des gens qui s’en sont démarqués. Un peu d’espoir en somme, même si au final, « l’Histoire » reste la même…

La voleuse de livres - Markus Zusak

12 Commentaires

  1. « Journal d’Anne Frank », « Mon ami Frédéric » ou « L’ami retrouvé » : Pour compléter la série, il y a aussi « Inconnu à cette adresse » de Kressmann Taylor.

  2. moi je suis à la fin du livre,dommage que R*** (pour pas gacher le plaisir :) ) meurt mais bon…et bizzare mais j’ai pas la même couverture que toi mais je préfère la mienne ;)!

  3. Je suis en train de lire ce livre en ce moment.
    Quoi R*** meurt ???!!!!
    J’en suis pas encore à ce bout là. ^^
    Je l’ai simplement adoré, et puis la critique qui est écrite au dos « Ce livre pourrait chanegr votre vie », je suis tout a fait d’accord avec !
    Je pleure à chaque page de ce livre ..
    C’est pas le même genre que le journal d’anne frank je trouve. Je préfère limite celui là !
    :afro:

  4. je suis en train de lire ce livre, j’en suis qu’aux 100 première page , et je peux dire qu’il génial. je n’ai que des image en tête ….
    moi aussi je n’est pas lamême couverture, la mienne c’est une couverture pluôt blanche on voi une personne vers un arbre et li neige. il y a aussi des taches de  » sang  » sur la couverture. j’avoue que j’ai acheté le livre juste pour la couverture, elle est tellement belle !!!
    bon voila je vais retourner à ma lecture.
    :lol:

  5. Un livre extraordinaire. Je l’ai fini hier, et j’ai pleuré, pleuré ….
    J’avoue que moi aussi je l’ai acheté car la couverture est tout simplement magnifique, mais j’ai tout de même lu le résumé et sa m’a tout de suite donner envi de le lire.
    Je me damande aussi pourquoi tout le monde meurt à la fin? c’est qui ma fait pleuré pendant une demie heure.

    Une histoire merveilleuse et triste.:pleure:

  6. Franchement magnifique livre … L’histoire est super triste mais tellement de sentiments et tout … Non mais vraiment Liesel est super attachante et son histoire touchante… A LIRE !

  7. C’est la première fois que je viens sur ce site.
    Je viens de commencer le livre j’en suis environ à la 80ème page.
    C’est un livre très intéressant, et je peux déjà dire qu’il mérite d’etre découvert. J’ai hâte de le terminer.

  8. J’ai lu ce livre et je trouve qu’il est super super bien!! avec une manière origanelle d’écrire par la mort et tout! enfin, je n’ais pas de mot. Il est trop bien!!

    Si ça ne te derrange pas, je peux te demnader un truc?Si tu trouve d’autres livres de Markus Zusak, tu pourrais me le dire en passant dans mon blog ou en envoyant un e-mail a mon adresse, stp?? parceque moi je cherche, je cherche, mais il n’y a rien sur internet!!
    Merci!

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Petite opération antispam à résoudre : * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages