« Pelouse interdite » au théâtre Côté-Cour

Il s’agit d’une petite comédie sans prétention qui aurait certainement pu plus me dérider, mais qui a souffert de comédien(ne)s pas vraiment dans le truc, et aussi d’un positionnement pas assez marqué, ou alors justement trop.

L’histoire se met très vite en place, et tout se passe dans un jardin public. Là se rencontrent, et se croisent successivement, un couple qui se déchire, un cycliste teubé, un travelo et un couple de clodos hystériques. On tombe très rapidement dans un chassé-croisé de situations et de saynètes bouffonnes entre des gens qui n’ont pas grand-chose à voir les uns avec les autres. Il y a XAG, un bourgeois intello qui parle en vers et cherche l’amour, qui se fait rejeter par Bérénice, une poupée psychédélique trop gâtée. Il rencontre alors Eddy, le cycliste taré, qui devient son ami et confident, puis c’est Simone la clocharde, et Cynthia le travelo qui font leurs entrées. Cynthia aimerait bien se faire Eddy, qui préfère de loin Bérénice, tandis que Cynthia décide de se taper XAG histoire de lui soutirer du pognon, et que Bérénice, finalement, remettrait bien le couvert avec son ex. Le tout sous la surveillance du mari de Simone qui ne dit rien, et tentent de communiquer avec des pigeons.

Tout cela m’a irrémédiablement fait penser aux personnages du « Père Noël est une ordure », associé à la truculence et l’énergie des zozos que j’avais vus aux Blancs-Manteaux dans les « Contes pour enfants majeurs et vaccinés ». J’ai pas mal apprécié l’écriture de la comédie, et surtout la confrontation des différents niveaux de langages, qui donne lieu à des joutes verbales plutôt drôles et bien senties. XAG parle en alexandrins, et Simone nous gratifie en réponse d’une diatribe délicieusement vulgaire et argotique. Les autres personnages ont aussi leur potentiel comique, et chacun dans son modèle de caricature exulte à aligner les calembours et situations grotesques.

Malheureusement, la sauce ne prend pas… On reconnait trop la trace du « Père-Noël » mais sans en avoir la même vigueur, ironie grinçante ou originalité. Et puis ce n’était clairement pas assez drôle, et les comédiens n’étaient pas « dans la pièce ». Ils ne sont pas mauvais pourtant, et j’ai été sensible à leur talent, mais déjà la salle est toute petite, et ils ont l’air de crier comme s’ils jouaient dans un hangar, ce qui a pour effet de résonner et de vite saouler. Et malgré quelques sourires et blagues réussies, un rythme plutôt soutenu et qui ne lasse pas, je n’ai pas été accroché plus que ça. Comme s’ils avaient encore besoin de beaucoup de travail, et même d’aiguiser encore le texte, d’affûter les répliques et de fignoler les personnages.

Dommage, car ce n’était pas nul du tout, et je pense que la comédie peut se révéler beaucoup plus efficace dans d’autres conditions, et quelques ajustements.

Pelouse interdite au théâtre Côté-Cour

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