L’âge d’or de l’Inde classique, l’Empire des Gupta

Le Grand Palais nous offre toujours (pour 10 euros les flibustiers !) des expositions qui valent leur pesant de cacahouètes. J’ai toujours loué leurs thématiques, et surtout la richesse des oeuvres présentés ainsi que leur approche hautement pédagogique. Là encore, on ne déroge pas à la règle (malgré quelques bémols) avec une exposition sur ce bout de civilisation indienne (des IVe et VIe siècles après JC) qui représente une période particulièrement faste sur le plan artistique.

Enormément de pièces sont présentées pour décrire ce que fut ce pan de l’histoire artistique indienne, et pour chacune des explications claires, détaillées et intéressantes. Par contre, je reproche le manque d’explications de contexte, en effet, je pense qu’en moyenne on ignore carrément l’histoire de l’Inde. Et là, il n’était pas vraiment possible de se représenter l’époque autrement que par des statues de Bouddha. Ah mais par contre, assis, debout, couché et dans toutes les positions ! Arf arf.

Donc je trouve que c’est une exposition de très belles pièces, et qui situe bien l’art de l’époque en terme d’architecture de temples, d’ornementations lapidaires ou de sculptures sacrées. Par contre, par rapport au titre de l’expo, ça paraît être un peu limité ou biaisé (il ne s’agit vraiment QUE de statues). Ce que j’ignore c’est si c’est parce que c’est tout ce qu’on a pu en récupérer, ou bien s’il existe d’autres types d’oeuvres, et si l’on en sait plus que cela sur l’histoire du pays à cette époque (ce qui n’est pas évident).

Du coup, je suis un peu resté sur ma faim, même si personnellement je suis assez fan des statues de Bouddha (heureusement !). Je m’attendais à en apprendre beaucoup plus sur la civilisation en elle-même, ou bien sur une véritable « histoire » de l’Inde de cette époque antique. Toutefois, on ne peut pas reprocher le traitement muséologique des pièces présentées, car on suit ainsi les évolutions stylistiques des artistes, leurs influences et les différents centres de travail de la pierre ou de la terre cuite. Il s’agit aussi d’une très belle mise en valeur de ces oeuvres, et on apprécie la beauté et la sérénité qui se dégagent de ces scènes mythologiques d’un autre genre (que celui auquel nous sommes habitués).

L’esprit du bouddhisme est un élément tellement différent de nos représentations sacrées (européennes, donc chrétiennes), avec tant de calme, de quiétude, de visages et attitudes introspectives qui invitent vraiment au bien-être et à la paix intérieure.

Donc, vous aurez compris, si vous êtes allergiques aux illuminés, yeux clos, aux grands lobes, ce n’est pas une expo pour vous.

L

11 Commentaires

  1. Pas d’accord sur tout:

    – y a des grands panneaux à l’entrée qui situent un peu (peut-être pas suffisament, OK) le contexte géopolitique et historique, et des petites indications par-ci par-là,

    – c’est vrai qu’y a plein de statues de Bouddha, mais y a surtout des trucs hindous (que de ça à l’étage, dans mon souvenir), impossible de faire l’impasse là-dessus.

    hhmmmmmmm . . . c’est tout! :boulet:

  2. L’histoire de l’Inde me rappelle les horribles démangeaisons provoquées par mes études d’histoire de l’art et les différences entre l’art d’Inde du Nord et l’art dravidien du Sud, pourtant élémentaires. Si mes souvenirs sont bons, l’art des Gupta a ce de particulier qu’il est un art bouddhique avant que l’Inde ne bascule à… l’hindouisme.
    Pour un complément de visite, ya le Victoria and Albert Museum de Londres, une référence…Si tu ne l’as pas déjà visité.
    Jette donc un coup d’oeil à Guimet et ses Shiva dansant de l’époque Chola, un must. Ou à la paradisiaque et millénaire paire de seins du « buste féminin adossé à un rinceau »…
    Merci encore pour tes billets qui font du bien

  3. Ouais, pareil que Jerem*, pas d’accord, à l’étage, c’est bourré d’éléments architecturaux qui n’ont rien à voir avec des statues (évidemment, ils sont en pierre, mais c’est encore ce qui traverse le mieux les siècles).

  4. Qalawun > Que je sache, l’hindouisme est bien antérieur au bouddhisme. Le premier bouddha, Siddhartha Gautama, était un prince… hindou.
    Mais certes, l’époque gupta a vu le bouddhisme fleurir d’une manière notable.

  5. Euh… c’est quoi ça : « nos représentations sacrées (européennes, donc chrétiennes) » ?
    Tu milites pour les fratrie à la tête de la Pologne et leur clique catho intégriste ? Pour le MPF du Neuneu vendéen ?
    Certe le sacré en Europe est très majoritairement chrétien, mais il me semble qu’il y a eu longtemps des religions « payennes » en Europe centrale et scnadinave, que les musulmans sont restés pas mal de temps en Espagne (et jamais partie de la partie européenne de la Turquie), que les Grecs, les Étrusques et les Romains n’étaient pas super chrétiens (jusqu’au 3e siècle au moins pour les Romains), et que depuis le XVIIIe il y a des représentations sacrées laïques… Et j’en oublie.
    Dire que le sacré en Europe (déesse grecque) est DONC chrétien, c’est donner du pain béni aux chrétiens de tout poil qui veulent re-évangéliser nos démocraties.
    Non ?

  6. Bon, j’ai fait la connerie de ne pas me relire, donc c’est bourré de fautes, et Europe n’était pas une déesse mais une princesse ou une reine grecque.
    Mais ça n’enlève rien au fond de mon commentaire !
    Non mais !!

  7. BruZ> Nan moi je suis putôt du genre « bouffeur de curés » tu vois ! En fait, au lieu de « chrétien » c’est plutôt « judéo-chrétien », c’était simplement pour expliquer la différence entre nos habitudes. Car même si je suis athée, je suis tout de même sous l’influence d’une société judéo-chrétienne, et aussi comme tu le dis et l’ajoutes plein d’autres influences. Mais globalement, ça reste judéo-chrétien. :-)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Petite opération antispam à résoudre : * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages