Monkey, journey to the West

En neuf tableaux, et des dizaines de chanteurs, danseurs, acrobates, combattants, costumes, décors gigantesques, effets visuels et palanquée d’aventures, nous suivons le périple du dieu Singe dans sa quête de sagesse et d’épanouissement. De sa naissance, à sa consécration, en passant par sa punition et son évincement, puis sa rencontre avec ses compagnons, le dieu Singe affrontera le mal et partira à la découverte des mondes, êtres et monstres qui nous entourent.

Ah là là, j’avais beaucoup d’espoir pour cet opéra basé sur une histoire chinoise (en chinois) des créateurs de Gorillaz, Damon Albarn et Jamie Hewlett, mais au final j’ai été un peu déçu. Rien de terrible non plus, car j’ai aimé dans l’ensemble, et j’ai trouvé beaucoup de qualités à l’oeuvre, mais un tas de petits désagréments ont nuit à mon plaisir.

Il faut que je précise qu’une grande part de ces défauts est certainement liée à mon incurie. Je n’ai pas réfléchi quand j’ai pris mes places, et ce qui semblait être génial, nous étions au premier rang, n’a pas du contribué à me faire « rentrer » dans le spectacle. Car être au premier rang c’est voir tout le deus-ex-machina du spectacle, et les costumes, maquillages, décors, ou même les bruits des pas et des acrobates, font que la magie a tendance à se gommer. Or cette oeuvre est entièrement placée sous le sceau de la magie et des effets visuels qui la figurent. Du coup, j’ai eu du mal car je voyais trop les masques, les imperfections et les « trucages ». Le spectacle faisait un peu trop cirque à mon goût vu d’aussi près.

Ensuite, une autre déception vient de la musique, et là encore c’est peut-être lié à la proximité de l’orchestre (le nez dessus pour ainsi dire). Il s’agit d’une musique totalement hybride qui mélange des instruments orientaux et européens, classique et pop, voix et synthétiseur… Or je n’ai pas été sensible à la composition globale, qui me paraissait plus certainement une juxtaposition de deux styles qui ne trouvait pas leur voix/voie. Du coup, j’avais l’impression d’entendre deux bandes sons superposées, et le fait d’être si proche des sources sonores n’a certainement pas amélioré cette perception.

Enfin, un opéra est chanté en live, en vrai, surtout dans un théâtre comme cela. Ou alors j’appelle vraiment ça un spectacle musical ou une comédie musicale, et là j’étais déçu d’entendre que les voix des chanteurs nécessitaient des microphones. Entre les danseurs, les acrobates, les équilibristes et autres « performers », ça finit un peu par faire foire à l’empoigne… Et les éléments qui m’ont complètement conquis étaient finalement trop peu nombreux. Alors que j’attendais un spectacle qui provoquerait un délice visuel et auditif tout du long, je n’ai eu droit qu’à quelques jolies exclamations…

J’ai absolument adoré le second tableau qui se passe au fond de la mer Orientale, car il exploite totalement la féérie des décors, et on a l’impression fascinante d’être au plus profond des océans. Les créatures aquatiques flottent littéralement dans les airs (Avec une géniale étoile de mer !!) et c’est aussi le moment où j’ai préféré la musique et les chants. Le dieu Singe y reçoit aussi sa « barre magique » et là encore, l’effet visuel où il réduit la barre à sa taille m’a beaucoup plu. En effet, l’impression aquatique est créee par un écran semi-transparent qui est descendu, et sur lequel on projette la fameuse barre magique. Il y a donc un jeu entre le virtuel et le réel qui fonctionne très bien. De la même manière, j’ai beaucoup apprécié les interludes qui présentaient la suite du récit sous forme de dessin-animé ou de rendu vidéo. Surtout qu’ils s’enchaînaient sur des décors qui collaient à la dernière image de l’écran vidéo.

Il y aussi bien d’autres créatures ou effets que j’ai aimés, et aussi certains « numéros » particulièrement bien ficelés, mais tout cela était trop isolé par rapport à ce que j’avais trouvé dans ce fabuleux second tableau. Le spectacle reste très agréable, tant pour la musique, les chants ou les performances, et je ne me suis pas embêté. Même l’histoire est très bien menée, et j’ai été très sensible à la beauté formelle de la langue (le chuintant chinois est un charmant mystère à mon oreille). Mais vraiment je m’attendais à quelque-chose de mieux fini, de plus bluffant et époustouflant…

Je me dis vraiment que si j’avais été plus loin, j’aurais certainement bien plus apprécié. Mais là je dois reconnaître que je ne suis pas sorti convaincu… (Voilà, vous pouvez me taper, huhuhu.)

L’avis des copines : Rhino, Cizion.

Monkey, journey to the West - Théâtre du Châtelet

9 Commentaires

  1. « De sa naissance, à sa consécration, en passant par sa punition et son évincement, puis sa rencontre avec ses compagnons, le dieu Singe affrontera le mal et partira à la découverte des mondes, êtres et monstres qui nous entourent. »

    T’avais promis de ne plus parler de Sarkozy !!! :lol:

    :rigole:

  2. Moi aussi j’ai été déçu.
    Je n’avais lu que des critiques dithyrambique et puis comme je suis fan de damon albarn et aussi de l’imaginaire de gorillaz, je m’attendais à quelque chose de révolutionnaire…comme gorillaz a quelque part réinventer la façon d’interpreter de la musique , je m’attendais là aussi à une réinvention. Moi aussi j’été au premier rang! Et c’est vrai que cela n’aidait pas à rentrer dans le truc. Au final j’ai trouvé cela bien , sans plus, quelques moments de magie, mais quelques moment aussi trés poussiéreux…
    J’ai adoré l’étoile de mer, trop mignonne avec ses grosses lunettes pop.

  3. C’est un spectacle bâtard. Ce n’est ni chinois, ni occidental – ni comédie musicale, ni pantomime – ni farce, ni drame – mais un saupoudrage d’un peu tout cela. La virtuosité des acrobates est incontestable, le héros est un va-de-la-gueule insolent, gouailleur, sympathique comme ses compagnons. Mais les péripéties s’enchaînent sans imagination, on retrouve les numéros classiques vus si souvent, danse du Dragon, équilibre à la perche, acrobatie au ruban, ombrelles et assiettes tourbillonnantes, vols et envols (dont on voit trop les fils), etc.

    Les prouesses chinoises dans ces décors fantastiques ou électroniques de cartoons paraissent fades. La mise en scène manque cruellement de spectaculaire, le volcan en feu en toile peinte, le mesquin échafaudage de bambou où vit la princesse démoniaque, le Bouddha en carton pâte sont dérisoires dans notre accoutumance aux shows sophistiqués. Dichotomie que souligne la musique, et c’est probablement là la plus grave erreur.

    La musique demeure constamment « à coté » du spectacle. On passe des mélodies sinueuses chantées en chinois mandarin à la rythmique violente électronique. A aucun moment les deux univers ne se conjuguent, la musique d’Albarn correspond à une imagerie trop différente de celle que nous voyons devant nous. Gorillaz aurait dû créer une forme et un son neufs qui, sans verser dans la chinoiserie, pouvaient offrir une continuité aux psalmodies chinoises. Il ne l’a pas fait et c’est vraiment dommage. :shock:

  4. Je confirme la déception de la critique et du commentaire de Gracian. Beau spectacle mais sans doute trop attendu, la mayonnaise ne prend pas, il n’y a pas de moments de grâce ou de complicité avec le public. Peut-être pas assez d’humour ?
    En tous cas, si être au premier rang casse la magie, je déconseille également une place trop loin ou trop latérale car on manque une bonne partie des effets situés en hauteur, masqués par les balcons !

  5. Et bah moi j’ai tout simplement adoré!! c’était un moment vraiment magique. au sujet de
    la musique je trouve que ce décalage entre chants a tendance traditionnelle chinois et
    plus actuels rappelant gorillaz apporte quelque chose au spectacle. enfin vraiment j’ai
    été transportée. concernant les places, j’étais vraiment bien placée au 1er rang du 2e balcon. je voyais tout, l’orchestre, la scene en entier, j’avais vraiment une vue d’ensemble. ca doit aider.
    salut a tous!!

  6. J’aurai adoré aller voir ce spectacle, surtout que j’avais lu la première partie en livre étant très jeune (« Makak, le Roi des Singes »), et que j’en ai gardé un très bon souvenir. Egalement, grand fan de Blur et des espérimentations de Damon Albarn, ça me tentait.
    Mais trop cher, et on s’y est pris trop tard. Grmbl.
    Je me le relirai p’tet un jour…

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