La fin (faim ?) justifie les (cyber)moyens !

En ce moment, je ne sais pas pourquoi, mais j’entends plein de gens qui crachent un peu sur les chats et autres moyens de rencontre virtuels. C’est finalement un mouvement assez cyclique, on voit régulièrement les gens adhérer, puis s’accoutumer, et finalement tenter le sevrage avec plus ou moins de réussite. Eh oui, car le chat sur le net est une assuétude comme une autre. Cela peut rapidement devenir une activité des plus chronophages et débilitantes.

Dieu sait qu’on peut passer des soirées entières à errer dans ces voies tortueuses, et se laisser prendre au jeu. Enfin je parle surtout de ceux qui veulent y chercher un peu plus qu’un plan d’un soir, car cela reste encore le moyen le plus fiable et rapide (même si la gratuité rend le jeu un peu plus complexe). Mais pour ceux qui veulent « rencontrer » quelqu’un, je crois toujours dur comme fer que le net est un excellent moyen. En tout cas, une méthode comme un autre avec ses avantages et ses inconvénients. Et donc une voie à ne pas éviter, comme à ne pas seulement emprunter.

Je me rappelle d’un post en 2004 où j’avais résumé ma vie amoureuse en une phrase, ça donnait un truc comme ça :

Allez, en une phrase : mes premières expériences fugaces de 16 à 18 ans, ma dernière copine à 19, ma rencontre avec Caro qui m’a fait connaître la vie d’un pédésexuel moyen avec des premiers mecs et pas de plan Q (non l’amûûûûûûûr seulement je voulais), 1997 (20 ans) Thomas et le coming-out, 1998 (21 ans) le premier studio minuscule à Bastille, la connexion à caramail et le déniaisage (ouai quelques plans Q pour être sûr que je pouvais moi aussi le faire), les PA sur citegay, premier coup de coeur pour le fantastique site Ooups (pédéblog avant l’heure), les dîners et rencontres caramail sont fécondes (merveilleuse histoire avec Dadou), Yarps en 2000 et le système de profil qui s’affirme, Fosfoo (de Transcodage) devient Gayvox et commence sa montée en puissance tandis que Citegay est No1, 2000-2001 je suis avec Nico (pendant 1 an et demi) rencontré sur Yarps et je socialise à donf (trop) sur les sites gays, beaucoup moins sur caramail, fin 2001 fin de Yarps et migration massive vers Gayvox, Dialh s’impose comme le N°1 de la boucherie, premiers échanges orageux avec M. sous forme d’insultes très originales, rencontre M. de visu lors d’un dîner pour la fin de Yarps, putain on appelle ça « love at first sight », avril 2002 le démarrage M. et une socialisation accrue sur Gayvox, fin 2002 je tombe sur garoo sur fsh et de fil en aiguille je découvre la blogosphère (et GayAttitude), avril 2003 impossible de résister plus longtemps, je me mets au blog et renoue avec les communautés gays en ligne, avril 2004 finis les M&M’s, je traîne assidûment mes guêtres sur Gayvox, Rezo-G et GayAttitude, je rencontre des blogueurs et réalise la proximité entre les deux typologies de communauté (les pédéblogs ne sont, en gros, que des profils de rencontre détaillés, qui servent à commu-niquer).

J’ai beau dire que le net n’est pas la méthode unique pour rencontrer, il se trouve que je n’ai pas fait grand-chose avant, alors qu’il m’a permis de me désinhiber et de vivre des expériences très intéressantes et épanouissantes. Et depuis lors, je n’ai jamais cessé de traîner sur les chats. J’ai toujours considéré que c’était à la fois un moyen super convivial, et finalement beaucoup plus pratique pour rencontrer en ayant un minimum de recul sur les gens qui pouvaient nous plaire, et réciproquement. Car au final, en ayant échangé deux heures sur un site, on ne connaît vraiment pas grand-chose de son interlocuteur.

Et puis, il y a tous ces travers qu’on ne peut éviter, comme celui de se construire peu à peu une identité de réseau et de communiquer dans les chats comme à un entretien d’embauche. On connaît par coeur son argumentaire, ses qualités à mettre en avant, les réponses aux objections, les blagues qui font mouche, et quelques photos accrocheuses. Tout cela devient bien standardisé, et de plus en plus ennuyant. Un stakhanovisme qui finit par sérieusement faire perdre pied.

Après il y a aussi toutes les frustrations de ces longues pages de tellement de mecs. Ceux qui vous harcèlent et auxquels vous ne voulez même pas répondre (Car il faut faire gaffe aux boulets !!), ceux dont vous adoreriez qu’ils répondent à votre « bonjour » (Mais il faut se rendre à l’évidence, vous ne lui plaisez pas…). Et tant d’incertitudes qui vous obligent à vous coucher à deux heures et demi du matin, à peine le temps de se toucher devant un film avant de se coucher seul. Parce qu’à chaque fois qu’on veut quitter le chat, il y a toujours un type qui vous accoste et qui n’est pas mal, ou qui a un truc qui ne ressemble pas aux autres. Oooh ça vaut le coup de rester encore un peu, car si on rate le coche là, c’est clair que ça ne se reproduira plus, et que le mec ira voir ailleurs.

On conserve aussi son portefeuille de possibilités, il y a celui avec lequel je chatte depuis hier, l’autre depuis deux semaines avec lequel je sais que je peux baiser si j’insiste un peu, l’autre ça fait deux mois, ça pourrait devenir un pote mais clairement on n’est plus dans le registre de drague, ou bien celui de toute à l’heure qui est pas mal, mais si celui de la dernière fois se décide à une rencontre de visu, alors ça vaudra le coup de comparer les deux. Et ce qui est très drôle, c’est que nous sommes tous sur quelques sites, et nous dupliquons même les profils et les approches. Donc nous finissons tous par nous parler, et plus tard, on découvre presque sans surprise qu’un tel connaît un tel, a couché avec un autre, et était en concurrence avec vous sur un troisième.

Et qui n’a pas fait comme Mr 3, qui se crée un profil idéal pour mieux se dégoûter de n’avoir pu attirer le prince charmant avec sa véritable identité. Rhoooo Mr 3 !!!

Bref, tout ça pour dire quand même que ces amis qui en ont marre des chats, y retournent quand même après quelques temps. Ils me disent tous qu’ils n’y croient pas, que ce n’est pas sur le web qu’on rencontre les bons mecs. Eh bien au moins ça passe le temps, en attendant de tomber sur le bon au coin de la rue ou à la machine à café du taf. Et moi j’ai une telle bonne expérience de ces rencontre par le net, que je milite au contraire terriblement pour cette manière de s’appréhender par l’écrit avant de se voir en chair et en os (avec tout ce que ça implique en mauvaises surprises). Par contre, il ne faut pas en effet y passer l’intégralité de ses soirées, sinon c’est clairement néfaste. Il suffit d’avoir un peu de recul et de distanciation par rapport à ce qu’on fait là. Avoir conscience de tout cela est essentiel pour maîtriser un minimum…

Tout est possible ! C’est ça l’amour. :love:

22 Commentaires

  1. Hmmm… Ceux qui prétendent que le net est un mauvais moyen pour rencontrer Mr.Right n’ont pas les même données que moi.
    J’ai connaissance d’au moins trois couples pérennes (+ le mien ^^) formés via GayAttitude (non ce n’est pas de la pub). Je ne sais pas ce qu’il en est des autres sites.

    Donc bien sûr qu’il ne faut pas négliger les autres moyens, mais reconnaissons quand même que le net a le mérite de se faire rencontrer des personnalités atypiques qui n’auraient jamais pu se croiser dans la rue. Et parfois ça a du bon ;)

  2. Je suis sorti de la période « néfaste », celle où je passais mes soirée à regarder des profils comme sur un catalogue, ne sachant ce que je voulais. Mais je reconnais que c’est grâce au net que j’ai toujors fait mes rencontres et que j’y suis toujours inscrit… Je devrais peut-être essayer d’aller en boîte avec des t-shirts de trainée tiens, peut-être que ça marchera comme méthode ça :cool:

  3. entièrement d’acc avec toi, il faut dire que moi aussi je suis en couple après avoir rencontré mon mec via meetic sur icq :gene: .

    Ce que je trouve formidable dans le nain ternet, c’est qu’il est beaucoup plus facile de se rassembler et de se trouver par centres d’interêt. C’est un moyen comme un autre de rencontrer des gens, ça enrichit la palette… Après tout, qui a dit qu’on était obligé de se cantonner strictement aux rencontres provoquées par le hasard, et dans la vie extérieure ? Si tel était le cas, je n’aurais jamais rencontré un type aussi formidable que mon mien à moi vu qu’il vit a 120 bornes de mon domicile.

    Non, franchement, les gens ont droit à tous l’éventail des possibilités de trouver quelqu’un de chouette qui leur correspond et qui a les mêmes vues sur ce qui va se passer ensuite. Après, les modes style chat/pas chat, pas CE chat, ça va ça vient :langue:

  4. J’ai rencontré tous mes mecs sur le Net, et pour un timide comme moi qui n’aime pas la drague, je trouve cela bien plus sain que d’aborder un mec en soirée.
    Enfin tout ça pour dire que je suis d’accord avec toi sur toute la ligne. :)

  5. Je me demandais aussi subitement pourquoi tant de gens atterisaient chez moi…..Euh….Matoo, tu m’as envoyé plus de 50 internautes : j’en fais quoi moi maintenant ? j’ai pas la place de les garder tout l’hiver je te préviens !!
    Bon allez, un p’ti bisou et on en reparle sur un chat d’accord ?
    Mr 3

  6. Je pensais justement à caramail ce week end… Puis à yarps et à tout ce parcours.

    C’est sympa, mais c’est plus comme avant :)

    Des nouvelles des anciens? lol

    Je me demande vraiment ce que sont devenus Vincent et Yaten ^^

  7. Les chats valent ce qu’on en fait, c’est toujours la même chose. Je crois qu’il faut être sincère quant à sa présence sur un chat et l’utilité qu’il a.
    Une fois que ceci est clair, ouais, le chat peut être un outil exceptionnel.
    Sinon c’est une formidable perte de temps et de vie sociale.

  8. Perso, je n’ai jamais été adepte des chats (on me reproche assez souvent mon incapacité de suivre des conversations virtuelles) -par contre ce que tu décris en début de post sur les chats (attraction-répulsion), je le vis pour le blog…

  9. Ben, t’as raison sur toute la ligne Matoo. Si l’outil est d’abord fait pour des rencontres rapides, moi, j’suis aussi la preuve vivante (et depuis 9 mois sans interruption en plus) que c’est plus bien possible de rencontrer autre chose que des plans Q sur des chats. Ben oui, ben oui …

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