L'Enfer de la Bibliothèque, Eros au secret

Une exposition interdite au moins de 16 ans à la BnF, évidemment ça attire les foules. Voilà une magnifique idée, celle de faire une expo qui explique et montre les tenants et aboutissants de « l’Enfer » (appelé comme tel à l’époque) de la Bibliothèque, c’est-à-dire la collection d’ouvrages mis de côté parce qu’ils étaient contraires aux bonnes moeurs, et ne pouvait pas être exposés comme cela. Evidemment la dénomination même de l’endroit et de ses contenus ont évolué avec le temps, mais encore aujourd’hui l’Enfer est vivace, même s’il est devenu très « sélect ». En effet, peu d’oeuvres sont aujourd’hui classifiés ainsi, et entrent au répertoire, sinon des trouvailles des siècles passés ou bien des ouvrages contemporains qui le « méritent ».

Le grand mérite de cet exposition est donc déjà de nous expliquer ce qu’est L’Enfer, quel est sont histoire et ses péripéties. Et bien sûr, le deuxième effet KissCool c’est de pouvoir se rincer l’oeil avec des centaines d’années d’érotismes plus ou moins pornos ou juste coquins. Et du coup, on en apprend beaucoup sur nos ancêtres !! Si, si, si. Huhuhu.

C’est marrant de voir qu’une expo pareille fasse salle comble, et que Diderot déjà militait contre l’Enfer en expliquant que si l’on voulait qu’une oeuvre se lise et se répande, alors il fallait l’interdire. On en apprend aussi donc énormément sur les réseaux de vente sous le manteau, les écrivains qui écrivaient sous pseudonyme ou pas, et qui ont eu des problèmes, les éditeurs qui publiaient uniquement sous souscription etc. Et période après période, les ouvrages sont confisqués et catalogués, la bibliothèque étrangement s’enrichit de toutes ces oeuvres mises à l’index.

Aujourd’hui évidemment, ça ne donne pas grand-chose de choquant, à part peut-être le film porno de 1921 qui est plus qu’explicite, ou même les écrits de Sade qui restent un truc vraiment énorme. Il est drôle de voir que nous n’inventons rien de nos jours qui n’ait été expérimenté et (é)prouvé par nos aïeux et aïeules. La collection d’estampes japonaises est aussi un bel exemple en la matière… Mein gott !!

Il y aussi toutes ces oeuvres qui ont été interdites ou vendues sous le manteau, des poèmes d’Appollinaire, « Querelle de Brest » de Genêt, les romans de Sade, des classiques d’époque (Je ne connaissais pas « Thérèse philosophe », hallucinant !!) des romans écrits sous pseudonyme et certainement de qualité variable (D’ailleurs comment juge t-on la qualité d’un tel roman ?).

L’exposition est assez bien réalisée et très intéressante, mais atteint rapidement ses limites, car ça reste une présentation de bouquins… Mais on est facilement pris dans l’ambiance feutrée, et dans les visages semi-outrés, amusés ou carrément affolés de certains visiteurs. D’autres clampins restent plantés des heures devant des oeuvres alors qu’on les imagine peu versés dans ce qui est montré et raconté, mais bon les apparences… Hé hé hé.

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12 Commentaires

  1. C’est peut-être étonnant, mais plus les oeuvres « explicites » ce sont celles qui ont été interdites et/ou diffusées dans la clandestiné qui m’intéressent dans cette exposition. Il me reste à me renseigner sur la date de fin et sur les horaires pour prévoir ma visite.

  2. L’exposition est ouverte du mardi au samedi de 10 h à 19 h et le dimanche de 13 h à 19 h. Les godes [miniatures] sont en vente à la librairie de la Bibliothèque nationale de France ainsi qu’un certain nombre de livres « interdits » et reproduction de gravures. A part ça, ce n’est pas une exposition très gay.

  3. L’exposition dure jusqu’au 2 mars 2008. Désolé pour le fantasme mais personne ne tient de petites lumières roses pour illuminer la facade de la tour des Lois.

  4. Je ne suis pas d’accord avec Commenchateur, avec Matoo on en a remarqué dans tous les coins des ptits gays, et il y a même une table qui retrace les écrits gays. Mais évidemment ce n’est pas une expo uniquement centrée sur les livres gays interdits de l’époque. nananana. Cela reste interessant et assez original!

  5. sous le manteau, mais n’est ce pas là que se cache l’exhibitionniste ? et Salo ou les 120 jours de Sodome , au cinéma, c’était à qui resterait jusqu’à la fin !

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