« Luisa Miller » à l'Opéra Bastille

Ah ça faisait longtemps que je n’étais pas allé voir (et écouter) un opéra, et surtout un Verdi. Il ne s’agissait pas d’un Verdi hyper connu (de moi) : « Luisa Miller ». L’histoire est la plus mièvre qui soit, et pour nous mettre encore plus dans l’ambiance romanesque le décor est un remake de Heidi dans les montagnes… Ah ça se passe dans le Tyrol, et on en a une vision bien caricaturale et presque drôle. Comme l’a justement fait remarquer Oli on se croirait dans une boule à neige en plexiglas, et vous comprenez pourquoi en regardant l’illustration d’Akynou : la scène a pour fond un gigantesque paysage peint, mais le tout est découpé en demi-disque. Les costumes sont tout aussi classiques, et on ne peut pas dire que l’opéra soit décoiffant dans sa mise en scène. Donc du classique de chez classique qui confinerait presque (?) au kitsch.

Et puis cette histoire !!! Luisa est amoureuse de Rodolfo, ce dernier a menti sur son identité, il est le fils du seigneur du coin. Le méchant Wurm est aussi amoureux de Luisa, et Rodolfo est promis à Federica, une cousine, qui le kiffe grave. Wurm prévient le père de Rodolfo, et ils montent un odieux stratagème. Ils font enfermer le père de Luisa, et cette dernière adooooorent son papounet (un mec super moderne qui veut que sa fille soit heureuse en amour), et font du chantage à notre héroïne. Son père sera libéré si elle écrit une lettre pour expliquer qu’elle a toujours kiffé Wurm, et qu’elle n’était intéressé que par la thune de l’autre cheuri de Rofolfo. Cela met ce dernier dans une colère noire quand il l’apprend…

Bon c’est raconté grosso modo évidemment, mais vous voyez à quel point les passions se déchaînent, et dans les relations père-fille, les amants éconduits, les amoureux transis, la jeune et belle fille de soldat retraité, la duchesse amoureuse etc. Et pour expliquer tout cela, ça chante et ça tchatche, et ça se plaint, se lamente, complote, pleure et s’extasie ! Mais bizarrement cette débauche de sentiments ne se matérialisent pas par des airs marquants, en tout cas rien qui ne m’ait bien convaincu. Dans l’ensemble, j’ai plutôt aimé l’opéra, j’ai passé un bon moment. J’ai trouvé que les musiciens étaient ok, et les chanteurs et chanteuses à la hauteur, mais tout cela manquait de peps et de « tension ».

C’est vrai que cela en plus d’un décor en couvercle de boite à bretzels, ça n’a pas contribué à rendre le spectacle plus saisissant. Donc c’était bien, mais sans plus. Pourtant je dois tout de même ajouter que j’ai été très sensible au père. Le personnage, comme Kozlika aussi le souligne, est éminemment sympathique et presque étonnant de modernité, et j’ai trouvé que son interprète, Paolo Gavanelli, était vraiment au-dessus du lot.

« Luisa Miller » à l

5 Commentaires

  1. Raaaaah je suis à Paris depuis septembre, je n’ai toujours pas vu un seul opéra… chuis maudiiiit… :help:

    :mur: :mur: :mur: (tous ensemble, les gars! on va faire « Vedi! Le fosche » avec les enclumes! :-) )

  2. Quoooiii, tu n’as même pas parlé de l’inflation sur le prix du livret: 20% depuis le début de l’année, pire que les nouilles ou le coca light.
    Mais que fait Sarkozy ,hein? :langue:

  3. tiens, si ça se trouve nous étions à la même représentation ;)
    effectivement kistchouille à mort, version Sissi en Bavière. Les chanteurs font ce qu’ils peuvent, mais je dois avouer avoir bien aimé le décor du château (en même temps, y se sont pas foulés). Enfin, le manichéisme formidablement verdien, entre les zentils (prénoms à consonnance cisalpine) et les méchants (à consonnance germanique). C’est donc juste une bonne occasion d’aller à Bastille…

  4. Dans l’ensemble j’ai l’impression que les internautes critiques ne connaissent pas le second degré ou alors c’est le manque de fréquentation de l’opéra. Le même metteur et scène avait monté Manon avec Renée Flemming dans le même esprit. Moitié hyper réalisme, moitié artificiel. Donc moi j’ai beaucoup aimé.
    Concernant le livret, ma foi il est comme pas mal d’autres livrets d’opéra, et comme les pièces de Victor Hugo, délirant, romantique et kitch! Ni pire ni mieux que d’autres!
    Maintenant concernant la musique, je connais beaucoup d’opéras de Verdi mais je ne connaissais pas celui là!
    Ce n’est certainement pas le meilleur opéra de Verdi musicalement mais j’ai trouvé dans cette partition les prémices du chef d’oeuvre que sera La Traviata et au 3ème acte j’ai été époustouflé par un quatuor a cappela!

  5. Suis allé aussi mais le samedi… moi j’ai trouvé ca très très bien. tout le monde hurle quand les décors sont trashy et là tout le monde hurle parce que c’est trop classique ! j’étais derrière Valérie Lemercier au second rang. Je la voyais pas aussi grande et aussi mince.

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