Un sale boulot

Ah là là, je ne suis vraiment pas un fanatique des bouquins de fantasy… Et la lecture de ce roman de Christopher Moore le confirme encore. Il m’a pourtant bien plu, et je l’ai lu avec plaisir, mais je n’ai pas accroché tant que cela, je n’ai pas été pris dans le récit, ni hilare de l’humour qui s’en dégage.

J’y ai bien retrouvé, à la fois dans la thématique, l’écriture, et l’humour, ce que j’avais découvert, et dont on m’avait parlé, dans le seul bouquin de Neil Gaiman que j’ai lu : « De bons présages ». Et similairement, j’ai trouvé ça… sympa ? Bref, ça se lit bien, c’est divertissant et original, mais ça ne me fait pas triper. Le plus saillant pour moi est cette manière de modifier notre relation avec la mort et les mythes religieux judéo-chrétiens, qui ne sont pas très « modernes », pour en faire quelque-chose de plus drôle et en prise avec notre réalité, un peu plus comme on pourrait trouver dans la culture nippone (de la mort).

Charlie Asher habite à San Francisco, il est proprio d’un magasin d’articles d’occasion, un vieux local avec plein de vieilleries. C’est un type un peu banal et commun, mais dont l’existence bascule quand il perd sa femme, alors qu’elle vient d’accoucher de leur petite fille : Sophie. C’est en voyant un type étrange près du lit de sa femme, et quand il réalise que les gens tombent comme des mouches à son contact, que son agenda se remplit de noms et de dates, qu’il voit les objets qui l’entourent auréolés de rouge, qu’il réalise : il est devenu l’un des employés de la Mort. Il est chargé de prendre les âmes des gens, et de les refourguer à d’autres, et surtout pas aux démons qui s’en nourrissent.

Mais les choses sont compliquées… Une de ses employés lui pique son manuel de marchand de mort, sa fille tue les gens en disant le mot « miaou », des succubes étranges des égouts lui veulent du mal, et il vit très mal sa nouvelle vocation. Et puis tout se précipite, la fin du monde est peut-être proche…

On y retrouve vraiment tous les ingrédients du bouquin de Gaiman, avec des gens blasés par la mort, et dans une ville comme San Francisco, où de toute façon les excentricités ne troublent personne. On y voit des démons égrillards et au langage très actuel, des marchands de morts qui vivent presque comme tout le monde, et notre Charlie qui essaie de faire son deuil, tout en élevant sa petite fille seul. Heureusement il a l’aide de sa soeur, un personnage lesbien très drôle, et de deux voisines, une russe et une chinoise, qui ânonnent quelques mots d’anglais.

Le bouquin présente toute une galerie de personnages dont on sent parfaitement le potentiel comique, et qui prêtent régulièrement à sourire. Mais globalement, je ne trouve pas cela très bien ficelé. Je n’arrive vraiment pas à me mettre dans ce mélange entre fantastique et aujourd’hui, et puis les démons, les sorcières, les cerbères et la Mort, nan ça ne me parle pas… Vraiment je ne suis pas amateur de fantasy, là c’est clair. En outre, j’ai deviné toute l’intrigue et subodoré le déroulé du bouquin une centaine de pages après l’avoir commencé (or, je suis normalement très mauvais à cela). Du coup, je n’ai eu aucune surprise du début à la fin…

Il reste juste quelques traits humoristiques qui sont en effet bien sentis et qui peuvent faire mouche. L’histoire qui est originale et enlevée a aussi son intérêt, même si elle ne m’a pas super convaincu. Je n’arrive pas à jubiler comme certains de mes amis avec ces bouquins, et ça m’énerve de ne pas réussir à avoir aussi ça en commun avec eux. Mais bon, on ne se refait pas.

Un sale boulot - Christopher Moore

6 Commentaires

  1. je ne voudrais pas te faire peur, mais si tu continues à lire beaucoup et varié, il est probable que tu arrives de moins en moins à jubiler sur la plupart des livres qui enchantent tes amis (si eux-mêmes restent très spécialisés, bien sûr).

  2. Je me trompe peut-être, mais ce bouquin paraît plus proche du fantastique que de la fantasy, non?
    Le monde est le nôtre, le personnage principal avait une vie « normale » avant le début de l’intrigue…

  3. Litchee> Tu as peut-être raison. Je ne suis pas non plus un expert… manifestement !! :-)

    Voilà ce qu’il y a sur Wikipédia :

    « La fantasy (de l’anglais fantasy : imagination – à ne pas confondre avec la fantaisie francophone) ou fantacie – est un genre littéraire présentant dans son récit un ou plusieurs éléments irrationnels qui relèvent généralement d’un aspect mythique et qui sont souvent incarnés par l’irruption ou l’utilisation de la magie. En cela, il peut être vu comme une incarnation moderne et un prolongement du genre littéraire du merveilleux, dont il reprend de nombreux thèmes.

    Le point commun des romans de fantasy est qu’ils se déroulent dans des mondes parallèles, ou dans des contextes qui peuvent éventuellement s’interpréter comme un lointain passé oublié, avec leurs créatures imaginaires, leurs mythes, leurs épopées et leur magie. Il s’agit donc d’un genre plus spécifique que celui du fantastique et qui se traduit par l’irruption du surnaturel dans un monde familier. La fantasy peut toutefois être considérée comme un sous-genre du fantastique, une désignation littéraire typiquement française. Elle a par la suite étendu son influence sur l’art, la musique, le cinéma et le jeu (jeu de rôle et jeu vidéo notamment).

    La fantasy mélange de façon particulière des éléments comme les références mythologiques, l’ouverture vers l’inconscient, avec ses angoisses, ses peurs, les luttes entre le Bien et le Mal.

    On parle aussi de médiéval-fantastique ou de fantasy médiévale pour les récits présentant des univers mythiques de type médiéval ou antique où cohabitent généralement héros, super-héros, guerriers, magie et sorcellerie, cultures anciennes et éléments surnaturels. Le terme médiéval-fantastique est parfois compacté en « med-fan ». »

    Du coup, je crois qu’on peut appeler ce roman de la fantasy non ?

  4. Mon cher monsieur Matoo, je suis d’avis de Litchee, ce roman s’apparente au genre fantastique et non à la fantasy, foi de gnome. Mais ce ne sont là que des apartés linguistiques. Mais j’arriverais à te faire aimer le genre…je l’aurais un jour, je l’aurais…:lol:

  5. En fait, j’ai l’impression qu’il y a une faute de syntaxe dans l’article de Wikipédia.
    Au lieu d’avoir « Il s’agit donc d’un genre plus spécifique que celui du fantastique et qui se traduit par l’irruption du surnaturel dans un monde familier », on devrait trouver « Il s’agit donc d’un genre plus spécifique que celui du fantastique, QUI LUI qui se traduit par l’irruption du surnaturel dans un monde familier. »

    Mais tout cela n’a qu’une importance minime, surtout que les genres littéraires et particulièrement la fantasy font l’objet d’un débat terminologique depuis des lustres, qui n’apporte pas grand-chose à la littérature elle-même ^^
    La vraie raison pour laquelle je faisais cette remarque, c’était parce que ça me fendait le coeur de te voir dire que tu n’aimais pas la fantasy, et comme ce livre n’en était pas un exemple « classique » comme il y en a tant et des bons (Le Seigneur des anneaux, les séries des Eddings, les Robin Hobb…) je n’ai pas pu m’empêcher de défendre ce beau genre :)

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