A bord du Darjeeling Limited

Tout a commencé par « La famille Tenenbaum », là on savait qu’on tenait quelque-chose, un vrai ouf à qui on avait donné une caméra et un budget pour tourner un film. C’était drôle, jubilatoire, et en même temps une chronique familiale aussi déjantée que sensible et touchante. En 2005, Wes Anderson nous livre « La vie aquatique ». Ce film est aussi dingue que l’autre, et va même plus loin dans la folie. On y retrouve aussi son attrait des familles aux relations complexes et tortueuses, des relations pères-fils, mères-fils, frères etc.

« A bord du Darjeeling Limited » poursuit l’oeuvre loufoque et profondément poétique de Wes Anderson. Le « Darjeeling Limited » est un train du Rajasthan dans lequel la majeure partie du film se déroule. En effet, Francis (Owen Wilson) convie ses deux frères, Peter (Adrien Brody) et Jack (Jason Schwartzman), à un voyage initiatique et une sorte de quête spirituelle, qui a en fait un autre but, bien plus concret. Ils ont tous été traumatisés par la mort de leur père, et ils vont tenter de dépasser leur chagrin, et de retrouver le sens de la famille…

Le film commence déjà d’une manière assez curieuse… à Paris ! On retrouve Jason Schwartzman, d’abord seul avec son Ipod dans un hôtel parisien, et il est rejoint par la toujours sublime Natalie Portman. On comprend qu’elle est son ex-petite amie, et au moment où se demande comment diable va-t-on atterrir ensuite dans un train au Rajasthan, le film se termine !! Eh oui, ce n’était qu’un court-métrage qui introduisait le personnage de Jack.

On passe ensuite au bon « film », mais on n’a pas plus droit à un scénario classique, donc on essaie de s’accrocher, et on profite du nawak intégral dans lequel Wes Anderson nous plonge. Et c’est rapidement très bon, car la mise en scène est de très grande qualité, que les décors sont superbes, et que c’est une histoire originale, décalée, impossible à cerner, avec des personnages écorchés vifs et tous complètement mabouls. On retrouve aussi Waris Ahluwalia qui jouaient déjà dans « la Vie Aquatique » et qui interprète là le steward de train (Il a la tête du fakir dans Tintin, c’est dingue !!). Et puis au final, ce sont tous les comédiens fétiches du réalisateur qui pointent leur nez, que ce soit Bill Murray ou Anjelica Huston.

« A bord du Darjeeling Limited » est plus que jamais concentré sur les relations familiales, et sur toutes les émotions liées aux rapports fraternels. Même si l’humour et le sourire sont au détour de chaque plan, il y a une véritable et authentique poésie qui se dégage de ces situations incongrues. Wes Anderson y place ses gimmicks, comme en dotant les frangins de trois séries de bagages (Vuitton) assortis, ou bien en donnant à Owen Wilson un bandage qui lui prend tout le visage. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on ne s’ennuie pas, même si on peut se lasser au bout d’un moment de ne jamais suivre un fil logique un peu plus de trois minutes.

Je me demande si ses films sont diffusés ailleurs qu’à New York et en Europe par contre. Car autant on est dans des moyens, une pléiade de comédiens, et un format plutôt hollywoodiens, autant le scénario est d’un décalage qui doit en rebuter plus d’un. Moi j’aime vraiment bien son style et son talent. Je ne dis pas que c’est le meilleur cinéma qui soit, mais il y a vraiment quelque-chose de riche là-dedans : une « saine folie » qui fait du bien aux méninges.

L’avis des copines : Brice, Kinoo.

A bord du Darjeeling Limited

10 Commentaires

  1. « Je me demande si ses films sont diffusés ailleurs qu’à New York et en Europe par contre »
    En Australie, l’an dernier déjà. Ton article me donne encore plus les boules de l’avoir raté.
    Et en passant, bravo pour tes critiques (même si un peu condescendant le coup de New-York/Europe :roll: )

  2. Comme Vinvin. Adoré ce film. J’aime beaucoup le rapport entre « l’avancement » du train sur son trajet et l’évolution des rapports entre les frères. Ça donne une chronologie à un film qui n’en a pas besoin. J’adore. :D

  3. Il me semble que le loufoque doit avoir ses limites, mais je n’ai peut-être pas raison. Je n’y ai trouvé qu’un humour très léger et aucune profondeur. Une vraie décepton pour moi, mais rien de plus grave.

  4. Je suis touché par ta note… Elle reflète complètement mon ressenti par rapport à ce film. J’ai adoré ce voyage initiatique poétique et émouvant.
    Quand à Adrien :love: c’est quand il veut, où il veut :pompom:

  5. « La vie aquatique » est un film que je n’oublie pas, irritant, nonchalant, aigre-doux, bipolaire, … mais le mieux, à mes yeux, c’était le générique final (avec le type à la guitare) ! Il y a certains « finals » qui donnent toute sa beauté (toute sa folie) à un film, je pense, par exemple, à « zatoïchi » de Kitano. Pour d’autres, tout se passe au début (à l’exclusion du reste) : les James bond, par exemple, dont les génériques sont des oeuvres à part entière.

  6. « Une saine folie qui fait du bien aux méninges » : Bien vu, Matoo. Moi aussi, j’ai beaucoup aimé ce film avec ces trois grands dadais qui semblent parachutés dans l’âge adulte sans aucun mode d’emploi. Si tu aimes le comique mélancolique et absurde de Wes Anderson, je te recommande Rushmore, l’un de ses premiers films que tu n’as peut-être pas vu, avec – on s’en doute presque – Jason Schwartzman et Bill Murray.

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