Whatever Lola Wants

Je l’ai déjà vaguement évoqué dans un post, j’ai été invité par Ogilvy pour l’avant-première de ce film la semaine passée. C’est dommage, je n’ai pas trouvé le temps d’écrire avant à ce propos, et mon opinion s’est depuis un peu émoussée, mais je vais tâcher de me souvenir de tout ça !

Lola est une sémillante new-yorkaise qui a pour meilleur ami un égyptien gay serveur dans un restaurant huppé. Rien que ça ! La jeune fille est factrice, mais elle prend des cours de danse, et tente sa chance dans maintes auditions… en vain. Elle rencontre par hasard un bel égyptien, Zack, étudiant en MBA, et ils vivent une idylle de quelques semaines. Ils se séparent sur une engueulade qui met en exergue quelques différences culturelles, et lui s’en retournent au Caire. C’est alors que Lola pète un plomb, et décide de le rejoindre là-bas, pour regagner son coeur. Grâce à son pote gay, elle est aussi tombée sous le charme d’une grande danseuse égyptienne, Ismahan, qui est tombée en disgrâce, et a du arrêter sa carrière, pour avoir trompé son mari. Une fois arrivée au Caire, elle retrouve Ismahan et tente de la convaincre de lui enseigner la danse orientale.

C’est très compliqué de parler de ce film, car il ne dure qu’1h55, mais il se passe beaucoup beaucoup de choses. Et j’ai certainement autant de remarques négatives que positives, donc je vais essayer de faire la part des choses.

Les influences déjà, ou bien les « déjà-vu » qui m’ont fait tilter. Nous sommes dans un film pour minettes assez classique, un petit côté « Flash dance » pour l’aspect chorégraphie, et toutes les paillettes et leviers romanesques des « chicks movies ». Et puis d’un autre côté deux tendances fortes, deux appartenances culturelles qui m’ont troublé, et que je n’arrive pas à concilier. C’était pourtant bien un avantage d’avoir ce mariage égytien-américain pour un film franco-canadien, mais bien trop de maladresses viennent grever les bonnes idées (qui ne font finalement qu’affleurer).

En effet, le film a quelques caractéristiques des films égyptiens musicaux qui ont fait la réputation de leur cinéma. Le « bollywood » à l’égyptienne existe bel et bien, et donne des films un peu kitsch mais parfois excellents, avec beaucoup de chants et d’histoires très romantiques. Je me souviens du fantastique « Silence… on tourne », du grand Youssef Chahine, qui m’avait énormément plu à l’époque. Mais on retrouve aussi dans « Whatever Lola Wants », une héroïne américaine pure sang assez caricaturale, et qui vient révolutionner les moeurs égyptiennes, donc un truc très américain, pas très crédible et parfois un peu révoltant (les américains qui réforment le monde, merci merci). Donc si le film avait été égyptien, pourquoi pas, ou même américain, mais français ? Hum non… Et ce cul entre deux ou trois chaises ne m’a pas bien convaincu.

Ajoutons à cela que les comédiens ne sont pas excellents, malgré de bonnes performances chorégraphiques, et que parfois cela pêche carrément. Donc j’ai aussi eu quelques soucis concernant le jeu…

Une autre maladresse qui m’a troublé, c’est dans le rythme, ou le montage. En effet, le scénario est assez touffu, et en moins de deux heures, l’héroïne est factrice à New York, sort avec un mec, casse, quitte son job, part au Caire, retrouve son mec, convainc Ismahan de lui enseigner la danse, trouve un job dans une boite, apprend à danser tous les jours, rencontre un impresario, devient star d’Egypte et repart chez elle en ayant sauvé le monde. Tout ça ! Et du coup, tout le début, tout l’avant-propos en quelque sorte, est traité avec un montage très saccadé et qui hache carrément la narration. Ainsi on hoquette pendant la première demi-heure avec des scènes très courtes, presque « coupées », qui s’enchaînent sans transition et qui avancent rapidement dans le temps. Hop, elle est factrice, elle rate ses auditions, elle rencontre le mec, elle a un pote homo, elle rompt avec le mec etc. J’ai l’impression que le réalisateur devait beaucoup plus s’appesantir mais qu’il a fallu faire rentrer tout le film dans un temps imparti. C’est bien dommage… (que ça se voit.)

Et pour finir avec mon libelle, la fin est terrible. C’est un déluge de bons sentiments, et de clichés tous plus éculés… Dans la version égyptienne, pas de problème, mais là… Bref !

Par contre, je dois avouer que l’ensemble se tient assez bien. Evidemment je suis assez déçu, et pourtant j’aime les films de nanas, comme le génial « Love et ses petits désastres » par exemple, mais je ne me suis pas non plus fait chier. Il y a énormément de très bonnes idées, et l’histoire en elle-même est très belle et louable. En outre, les moments de danse sont bien filmés, et produisent leur effet « Fame » ou « Flash Dance ». Le personnage de Lola a aussi ce côté positif de toujours rester égale à elle-même, et autant elle est « entière » et parfois tête-à-claques, autant on en a pas non plus fait une héroïne parfaite.

Le film a aussi le mérite de parler des moeurs en Egypte, et de lever le voile sur les hypocrisies de nos sociétés, qui ne sont pas si éloignées que cela. Après, c’est vrai que toutes ces bonnes choses, et en figure de proue ce délicieux et habile pluralisme culturel, sont malheureusement pour moi mal exploitées, et maladroitement mises en place.

L’avis des copines : boulevard bisounours, Sushi, Laurent, Marie-Françoise.

Whatever Lola Wants

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