Michael Tolliver est vivant

Ah là là, que c’est difficile de parler d’un tel bouquin… En effet, j’ai découvert les chroniques il y a une dizaine d’années, avec la merveilleuse série des bouquins au « Passage du Marais » dont les couvertures étaient superbes. Et comme tout le monde, j’ai dévoré et adoré ces bouquins d’Armistead Maupin. Jamais on avait écrit une littérature à la fois si légère, drôle, pétillante, et sexuelle, dérangeante, sulfureuse, mais aussi facile à lire et accessible, sans verser dans le roman à deux sous. Bref un mélange extraordinaire qui s’était étalé sur 6 bouquins, et nous avait fait traverser les joies et les misères du 28 Barbary Lane des années 70 aux années 80.

Et figure de proue de cette série mythique : le gay Michael alias Mouse, mais aussi son ancienne logeuse transsexuelle Madame Madrigal qui est devenue comme une mère « logique » pour le héros. On les retrouve donc dans ce roman mais de nos jours… Anna Madrigal est donc une femme de plus de 80 ans, et Michael accuse une bonne cinquantaine. Bref, on n’est plus que jamais dans une certaine réalité de l’écrivain, qui disait qu’il y avait beaucoup de lui dans Mouse.

Il a finalement trouvé l’amour dans la personne de Ben, un fringant jeune-homme d’une trentaine d’années qui aime son « Daddy ». Mais les seventies sont passées, et depuis tout ce temps, la jeunesse s’est envolée, ainsi que beaucoup de ses amis morts du Sida. Lorsque la mère de Mouse, homophobe de base et grande manipulatrice, est sur le point de passer l’arme à gauche, il se rend à son chevet. Mais sa véritable famille c’est bien celle du coeur, celle de San Francisco…

A la base, je me doutais que ce serait un exercice incroyablement périlleux pour Armistead Maupin que de finir la série, et surtout en se plaçant aujourd’hui. Car s’il avait complètement suivi l’esprit des Chroniques, cela pouvait décevoir, et s’il avait complètement innové, cela pouvait aussi sûrement décevoir. Eh bien au final, le résultat n’est pas mauvais du tout.

Disons que c’est un bouquin qui est indispensable aux aficionados comme moi, qui retrouveront avec plaisir leurs personnages fétiches et l’humour intact de l’auteur, son talent de conteur et son esprit fantasque. Par contre, pour ceux qui ne connaîtraient pas la série, ça n’a pas grand intérêt à mon avis…

En effet, il ne se passe pas grand-chose, sinon la confirmation de la célébration de la famille réelle selon Armistead Maupin, c’est-à-dire celle qu’on se compose soi-même avec ses ami(e)s. Et évidemment c’est toujours plaisant de voir ce que sont devenus certains protagonistes, comme Mary Ann. Mais ça ne casse pas plus de briques que cela… D’autant plus que le côté « Daddy » et tous les aspects sexuels qui sont mis en exergue m’ont relativement agacé plus qu’autre-chose. On sent une constante justification de l’auteur pour sa relation avec un mec plus jeune. Et toutes les mises-en-scène prouvant sa vigueur sexuelle n’apporte vraiment pas beaucoup de sens à la narration.

Mais j’ai tout de même eu mes petites émotions, et celles-ci aussi tangibles et à fleur de peau que lors de la lecture des premiers tomes. Et rien que pour cela, je suis content de l’avoir lu.

Comme pour son précédent bouquin (Une voix dans la nuit), je me le suis fait dédicacer par l’auteur aux « Mots à la bouche ». Oh yeah!! ;-)

Michael Tolliver est vivant - Armistead Maupin - Dédicace

Michael Tolliver est vivant - Armistead Maupin

18 Commentaires

  1. Je l’ai lu en anglais l’été dernier et le bonheur de retrouver «Mouse» et sa famille était intact. Juste pour le plaisir, je vais le relire en français. Pour les autres qui n’ont pas encore lu les Chroniques de San-Francisco, vous êtes les plus chanceux des lecteurs: quel bonheur de les découvrir! Bref, il FAUT lire Maupin!

  2. :-)J’ai beaucoup aimé moi aussi. C’est effectivement un bonheur que de retrouver les personnages… C’est comme de vieux amis qu’on n’aurait pas vu depuis longtemps, auxquelles on aurait jamais véritablement cessé de penser.

  3. j’ai attendu de le finir avant de lire ton avis dessus.

    je partage assez ton avis, mais comme les autres tomes, la lecture est tellement rapide et agréable qu’on ne peut pas en vouloir à Maupin

    plus qu’un roman, j’ai eu l’impression de lire une longue lettre d’un viel ami que je n’aurais pas vu depuis 10 ans

  4. J’ai vu y’a environ 1 ans dans la vitrine d’un café-bibliothèque de la rue Vieille du Temple la couverture de « Mickael Toliver Lives » (en anglais parce que j’ai lu la série en VO). Quelques jours plus tard, je ne l’ai plus retrouvé. Je l’ai cherché ailleurs mais trouvé nul part. Suite à ce que je viens de lire, il va falloir que je me remette activement à mes recherches.

  5. J’ai aussi un mal fou à le trouver en VO l’an dernier… mais j’avoue que la critique principale de Matoo est juste : ce livre n’a de sens que si l’on a déjà lu les six précédents. Et dans ce cas là, uniquement, on retrouve exactement cet esprit de famille disloquée/recomposée avec des nouvelles drôles et moins drôles.
    Je pense que ce livre aurait été ennuyant s’il n’avait été une « 7e » tome sans le dire (je crois qu’au final Maupin a accepté que cela soit présenté ainsi, non ?)
    D’ailleurs, n’a-t-il pas aussi ajouté que cela lui avait redonné l’envie de parler de cette petite troupe ?

  6. J’ai bien apprécié cette lecture (pour l’humour et l’esprit amical qui y règne) malgré le fait que je n’aie pas lu les 6 autres tomes! Pour ceux qui voudraient se le procurer en anglais à Paris, allez voir du côté de WH Smith à Paris (rue Rivoli, métro Concorde).

  7. Salut Mathieu,

    Je lis ton blog de San Diego. J’espère que les vacances se passent bien à LA! C’est la première fois que j’écrive un commentaire sur ton blog mais en lisant la fin de tes commentaires je me suis dit non là il faut que je dise quelque chose. J’ai eu une réaction totalement différente de la tienne. Moi, je suis un de ces rares gays qui a toujours été attiré par les hommes d’un certain âge et je vis actuellement avec mon ami qui a 47ans (moi 25ans). J’ai toujours été agacé par le stéréotype assez vulgaire que ‘ce genre’ de relation être quelque part liée au fric. Donc pour moi de livre « Michael Tolliver Lives » c’était euphorique finalement un écrivain qui valorise une relation qui est rejetée à la fois par les gays et les héteros à cause des préjugés ridicules et une vague impression que « c’est par normale » de voir un homme d’un certain âge avec un jeune homme. On n’est pas tous touchés de la culte de jeunesse si répandue dans le milieu gay. Je crois que rien n’a changé dans le dernier tome sauf que certains lecteurs sont gênés par l’image d’un quinquagénaire qui fait l’amour. Le vrai ami de Maupin est beaucoup plus jeune que lui et je suis sûr que le personnage de Ben est un reflet de lui. Maupin a pris un risque en essayant de briser ce vieux stéréotype des ‘daddies’ et leurs admirateurs donc s’il te plaît garde l’esprit ouvert à ce sujet. Mouse ne devient pas un vieux cochon!!! Je suis profondément déçu qu’on lit le roman de cette façcon.

  8. David> Ah mais nous sommes bien d’accord ! :ok: Je ne dis pas que c’est crade ou bien bizarre, j’ai seulement senti la volonté de l’auteur de se justifier tout le temps, et ça m’a saoulé. Et les scènes de cul m’ont aussi paru trop insistante et scénarisée, presque superflue en somme, mais rien à voir avec la différence d’âge; Sauf peut-être encore parce que Maupin essaie de faire comprendre qu’il a 50 balais et qu’il bande encore (avec du viagra).

    Par contre, la rencontre amoureuse est aussi belle, quelle que soit l’âge des protagonistes. :salut:

  9. J’ai adoré les premiers volumes il y a presque un an et demi. Et je suis tombé sur ce dernier volume à la FNAC y’a quelques jours.
    C’est le prochain livre de ma reading list!

  10. Une fois de plus, je ne suis pas totalement d’accord avec toi :langue:

    Effectivement l’intrigue n’est pas ébouriffante. Mais je ne me suis pas senti agacé par la mise en avant de sa sexualité. Et si justification il y a, j’ai plutôt ressenti ça comme un témoignage de la sexualité du « troisième âge » (au dessus de 30ans quoi :lol: ). Je dois avouer m’être posé des questions sur ma propre vie sentimentale à l’âge du héros, compte tenu de l’instabilité des couples gays…

    Je partage complètement l’avis de Tamaris. J’ai eu l’impression de lire la lettre d’un vieil ami dont je n’ai pas eu de nouvelles depuis 10 ans. Et qu’il est bon d’avoir des nouvelles de ses amis !!

  11. Bonjour
    En fait j’ai lu le tome 7 en 1er. Il m’a donné envie de lire les autres (la j’en suis au n°5)
    D’habitude je n’aime pas trop les romans, mais là, ça se lit trés facilement. En fait toutes cette histoire est prétexte à des observations trés justes et ça passe super bien parceque c tout le temps amusant. J’ai 46 ans et c vrai j’ai retrouvé bcp d’épisode de ma propre vie.
    Donc merci M Maupin pour cette saga si enlevée, qui donne une image trés positive et intelligente de modes de vie dis « non conventionnels ». :lol:

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