Les cerfs-volants de Kaboul

*Vu dans l’avion.*

Quelle surprise de voir un film pareil dans l’avion… Un film indépendant ici ? Hummm ça cache quelque-chose…

En effet, ça cachait bien quelque-chose. Mais je ne veux pas non plus détruire ce film qui possède beaucoup de qualités (bon et puis c’est un peu le seul film potable que j’ai pu voir dans l’avion) et pas mal de mérites. Mais il faut avouer que l’oeuvre est totalement formatée pour plaire aux américains ou européens, même si les décors sont superbes, et qu’on doive noter un beau respect de la culture afghane, il s’agit tout de même d’une presque propagande pour affirmer l’infamie des soviétiques et la justesse du combat américain contre les talibans (ce que je ne démens pas, même si les objectifs n’étaient pas forcément les mêmes…).

Du coup, le film a un énorme côté « Miramax », on dirait un faux film indépendant basé sur un best-seller, et fait pour engranger pas mal d’entrées… La manière de filmer, les rapports entre les personnages, ou même les valeurs mises en exergue dans le film sont tellement américains que c’en est frappant.

Bon, j’arrête de déverser gratuitement mon fiel de pseudo-intello, et je vous parle plus du film. Arf. Eh bien, l’histoire est très touchante et vraiment belle. Nous suivons l’évolution de la capitale de l’Afghanistan des années 70 à aujourd’hui, et principalement à travers les yeux de deux enfants. Les deux amis sont pourtant séparés socialement et très différents. L’un est le fils du domestique de la maison, et d’une ethnie qui souffre apparemment d’un certain ostracisme, mais Hassan est courageux, gentil et très habile au cerf-volant. L’autre est le fils du maître de maison, et est aussi veule qu’Hassan est courageux. Amir est parfois même jaloux de l’affection de son père pour Hassan, malgré tout ce dernier est son ami le plus cher. La pratique du cerf-volant est une coutume ancestrale du pays, et les concours allument le ciel de mille couleurs.

Et puis c’est l’arrivée des soviétiques, celle des talibans plus tard… Et une brouille entre les enfants, des drames de toute part qui les séparent. Hassan et son père partent au Pakistan, Amir et le sien émigrent aux USA… Mais un jour, Amir est rattrapé par son passé, et son amitié pour Hassan.

Le scénario est tiré d’un roman qui a eut beaucoup de succès, et je comprends pourquoi, car tous les ingrédients sont là pour donner beaucoup de matière et de mordant au film. En effet, les éléments culturels sur Kaboul, les décors et l’évolution historique de la région donnent déjà un contexte très riche et dramatique pour raconter une histoire personnelle tout aussi prenante et touchante. En outre, les comédiens sont tous très bons, surtout les deux gamins, et il est difficile de ne pas s’attacher à eux.

J’ai été un peu plus circonspect sur un aspect qui n’a peut-être pas troublé grand monde… Mais ces histoires d’agressions sexuelles (Sodomie clairement explicite, que ce soit sur Hassan par un autre adolescent, ou bien sur le fils d’Hassan, lorsque l’agresseur de son père est devenu un tortionnaire taliban, vous voyez le tableau ? Sordide…) m’ont vraiment étonnées, et je les ai trouvées décalées avec le propos du film.

On sent que le film a pris pas mal de raccourcis avec l’histoire du livre, qui décrit les vicissitudes des personnages sur trente ans. Malgré tout, c’est assez réussi, même si encore une fois, le côté faussement indépendant et le formatage US m’empêchent d’être dithyrambique.

Les cerfs-volants de Kaboul

8 Commentaires

  1. J’attends avec impatience de voir le film car j’avais adoré le livre. Par contre, tu vois, je n’ai pas du tout ressenti cette vision « américaine » comme tu la décrite dans le film, et notamment sur la possible justification des interventions américaines contre les talibans.

    En le lisant, au delà de l’histoire d’Hassan, j’avais plutôt la sensation de lire un peu d’histoire de ce pays pris au milieu de conflits que nombre habitants ont eu à subir sans véritablement prendre position, que ce pays était entre deux étaux et que les afghans se sont exilés alors que leur coeur restait sur place, qu’ils ont emmené leur culture avec eux. Mais bon, ptêt que le film a fait l’objet d’une « interprêtation » pro-américaine qui n’était pas aussi perceptible dans le bouquin. M’enfin, bon, je te livre juste mon impression.

  2. Bon je vois que je ne suis pas seul à avoir eu cet avis sur ce film… Une superbe histoire tiré d’un excellent roman, de beaux décors, une petite leçon d’histoire quoiqu’un peu orientée… mais le tout monté à la sauce holywoodienne.

    Ce n’est pas tant cette scène de sodomie qui m’a choqué (il est malheureusement assez courant dans certaines cultures de sodomiser pour humilier la personne, que ce soit un esclave, un prisonnier de guerre…) que le « dès que je suis entré dans le stade je t’ai vu dans les gradins ». Wahou le mec il est encore plus fort que Harry Potter il repère quelqu’un déguisé qu’il n’avait pas vu depuis plus de 20 ans parmi une dizaine de milliers de personnes et ce à une dizaine de mètres de distance !

  3. Toi, t’as volé sur Air France ! J’ai aussi fait un aller-retour aux Etats-Unis et mon chéri et moi, on a été effrayés par la liste de films proposés. Lui, il a carrément revu Les Ch’tis ! Moi, j’avais un bon bouquin.

  4. @ Matoo : Je t’assure qu’il y a d’autres trucs à faire dans un avion… Et comment, ils faisaient avant que les écrans existent dans le dossier du siège? (bon ok, ils se faisaient ch…)

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