Glissement de temps sur Mars (1964)

Allez hop, deux à la suite, j’ai dévoré un autre roman de Philip K. Dick. Et celui-ci est un peu plus facile à appréhender que « Simulacres », même si on retrouve encore les gimmicks si chers à l’auteur. Et notamment la schizophrénie qui est un des éléments centraux de cette intrigue martienne. Ce qui est marrant aussi c’est de découvrir ce bouquin et de penser rapidement à « Total Recall », dont j’avais carrément oublié qu’il était basé sur un bouquin du maître. Et en effet, la nouvelle qui a donné lieu à ce film deSF devenu un classique, « We Can Remember It for You Wholesale », date de 1966.

Nous sommes donc sur la planète Mars, que les hommes ont colonisé pour fuir une Terre un peu trop peuplée. La vie est dure sur Mars, car l’eau est rare, et l’industrie presque inexistante. On ressent un peu l’ambiance comme celle de pionniers dans un pays un peu sauvage, et dont les hommes forts sont les maîtres. Il y a malgré tout une population autochtone (évidemment il faut se détacher des connaissances actuelles de la planète) qu’on appelle des bleeks (et qui ont la peau noire). Jack Bohlen est réparateur, et il fait vivre ainsi sa famille, il a d’ailleurs fuit la Terre après une grosse crise de schizophrénie, dont il s’est remis. Un nabab local, Arnie Kott, croit en cette théorie qui fait de l’autisme une sorte de don de prescience. Ainsi pour prévoir l’avenir, il veut utiliser Jack afin de communiquer avec Manfred, un gamin autiste, schizophrène et incapable de communiquer.

Cette théorie un peu dingue est vraiment passionnante, elle part du postulat que Manfred ne peut pas communiquer avec ceux qui l’entourent car il est en décalage avec son environnement, en décalage temporel. Ainsi il verrait le futur, et sa maladie est sa seule échappatoire… En effet, Manfred vit dans son monde, mais au bout d’un moment on se demande si son pouvoir n’est pas en fait de pouvoir aspirer les gens dans ses visions, et ces visions du futur ne sont pas vraiment idylliques…

Et les imbrications des pensées des uns dans les autres, le retour en force de la schizophrénie de Jack, les ambitions morbides d’Arnie, les errements mystiques et désespérés des bleeks, le désespoir de cette mère de famille qui alterne entre barbituriques et amphétamines… Tout cela donne un roman à la SF bien élaborée et visionnaire, avec un subtil flou schizophrènique qui s’empare peu à peu du lecteur, et vous plonge dans une ambiance bien singulière. Philip K. Dick était vraiment un écrivain génial, car il écrit bien de la SF, mais il en profite pour être tout à fait actuel (et surtout sur les années 60 qu’il vivait) et critique de la société américaine à la « Desperate housewives » tout en nous recollant une bonne histoire de schizo là-dessus.

Ce livre là est beaucoup plus digeste et classique que « Simulacres », même s’il faut s’accrocher lorsque la réalité commence à perdre sa consistence prosaïque. Et jusqu’au bout du bouquin, on ne sait pas à quel point on aura pu se leurrer.

Glissement de temps sur Mars (1964) - Philip K. Dick

2 Commentaires

  1. Miam.. sexy avec des couettes blondes à noeuds roses ! Ç’aurait été parfait à la soirée Putes et Maquereaux de la semaine dernière…
    Si tu continues à nous m’exciter comme ça, c’est sûr on te violera pour de bon lors de ta prochaine visite !… C’est obligé… C’est de ta faute, tu nous excites, « salope »…

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