Fabrice Eboué au théâtre Comedy Club

J’ai vraiment débarqué là par le plus grand des hasards. C’est un collègue lyonnais qui était en visite, et qui avait proposé à quelques uns d’aller voir Fabrice Eboué. Il aimait bien ce dernier, et le connaissait particulièrement de l’émission de Ruquier (sur Europe 1). Moi, j’étais très dubitatif… Entre Eboué dont les échos homophobes (l’affaire et sa réponse) me rendaient méfiant, et le Comedy Club qui me faisait redouter le stand-up franchouillard qui me laisse régulièrement de marbre, j’y allais sans entrain. Eh bien, j’en suis ressorti très content, et avec un avis carrément positif sur le garçon. Comme quoi, il faut juste dépasser ses à priori, et on se retrouve agréablement surpris.

Fabrice Eboué est pourtant bien le personnage dont j’avais vaguement entendu parler, mais lorsqu’on le voit et on l’entend, on comprend bien vite ce qu’est son humour. Et il est grinçant, ironique, mordant, méchant, sulfureux, limite et perfide. Mais putain ce qu’il est drôle !!! Et son détachement, son sourire machiavélique qui contraste avec une bouille plutôt sympathique, son personnage, espèce de père-fouettard qui vilipende à l’envi, n’est pas sans me faire penser à Desproges. Parce qu’il tape sur tout le monde, et parce qu’il le fait avec une plume qui n’est pas si facile et cette méchanceté gratuite, tout cela a vraiment des relents de Desproges.

Donc tout le monde en prend pour son grade, et Fabrice Eboué évoque les pédés du Marais certes, mais c’est super drôle et pas homophobe pour un cents (en tout cas à mon avis), car il y a aussi ce qu’il faut concernant les blacks, les reubeus, les parigots, les banlieusards, les femmes, sa famille, son métissage et j’en passe et des meilleures. En fait, il ne critique pas, il a juste la langue de pute la plus pendue qui soit, et joue les connasses intégrales ! Dès qu’il y a une remarque au vitriol à sortir, un jeu de mots scabreux, une répartie acrimonieux ou un calembour trempé d’acide, il sort la pire des versions que vous pouviez imaginer. Et rien ne l’arrête, surtout pas la remarque en apparence raciste, misogyne, homophobe ou stupide.

Mais c’est un humoriste, un vrai de vrai, et donc tout ce qu’il dit se transforme vraiment en blague. Même les assertions les plus terribles, au final je n’ai pas réussi à prendre cela pour autre chose que de l’humour noir. Ok, il est très souvent borderline, mais je n’ai pas du tout été choqué, ou pris comme insultes ses sketchs (Surtout ceux sur les pédés qui auraient pu me toucher, ah oui et puis ceux sur les banlieusards du 95 !!! Mouahahah.)

En conclusion, j’ai beaucoup ri, et me suis bien amusé à écouter les dix horreurs à la minute que profère ce type. Cet humoriste qui est certainement très doué, et fera sans doute parler de lui dans quelques temps. Heureusement il a une super bonne tête, et paraît trop s’amuser pour être sérieux dans ses propos.

Fabrice Eboué au théâtre Comedy Club

4 Commentaires

  1. Mais nous avons Maître Capello de passage ! mdr

    Je dois avouer que j’aime plutôt bien Eboué chez Ruquier même si son humour grinçant (très grinçant même)et souvent limite va parfois très très loin… il est clair qu’il doit choquer nombre de personnes car il ose un humour « politiquement incorrect ». Je n’avais jamais envisagé de le voir en spectacle, mais là je dois dire que tu me donnes envie ! ;-)

  2. Hum pas complètement convaincu par sa rédemption « non, je ne suis pas homophobe »…

    « Pas un concours de circonstances » comme on dit, je suis allé le voir moi aussi tout récemment, très circonspect après « l’affaire » autour de la blague sur Delanoë.

    Le début du show, qui est en impro, tournait autour de l’actualité et à l’époque de l’élection de Martine Aubry à la tête du PS. Il commençait à se moquer d’elle sur le fait qu’elle soit vieille et frustrée (sic), pour finir par lâcher: « … en plus je suis sûr qu’elle est lesbienne! (quand elle s’énerve sur un sujet t’as envie de lui dire) prends-toi une bite, va! » (les passages entre parenthèses ne sont pas du verbatim)

    Mais je reconnais que le spectacle était plutôt drôle par ailleurs, et bien foutu.

    Quand il parle du Marais (avec un texte plus écrit, et qu’il reprend tous les soirs j’imagine), je suis d’accord avec toi pour dire que ce n’est pas vraiment homophobe. Il me semble que la blague c’était « quand j’étais petit je crois que les pédés c’était comme les vampires, qu’ils attendaient la nuit pour se sucer dans les coins ». On trouve ça drôle ou pas, mais je trouve pas ça homophobe non plus. Mais vu comment le spectacle avait commencé, il m’en aurait fallu plus pour que je le trouve sympathique…

    Ceci dit, c’est un sujet qui doit le travailler, parce qu’il y revient beaucoup dans 1h de spectacle je trouve, hum… ;-)

  3. Je ne connais pas, mais sur la base des citations des uns et des autres, ça m’a l’air un peu plus que limite. Est-ce parce qu’il est black — donc potentiellement du côté des « victimes »— qu’il lui est tant pardonné?

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