Le cadavre anglais (Jean-François Parot)

J’ai déjà dit et répété à quel point j’apprécie cette série des Nicolas Le Floch de Jean-François Parot. Et une fois de plus, je persiste et signe. Depuis 2000, je suis les aventures du petit Ranreuil, et nous voilà avec des romans qui perdurent dans leur excellence, et qui ont même corrigé certaines erreurs du début.

Mais du coup, aujourd’hui j’ai l’impression que tout cela manque un peu de piment ou d’aspérités… Un peu comme si l’on connaissait tellement bien tous ces personnages qu’il faut à l’écrivain tous les citer et les mettre en scène (le vieux Noblecourt, le chirurgien et son amante black, l’indien, le bourreau au grand coeur, les servantes, la Paulet et même le chien et le chat !!). Et le manichéisme est toujours de mise quant aux personnalités : les gentils sont très gentils, et les méchants seront punis.

Je ne boude tout de même pas mon plaisir, car ce bouquin recèle tout autant des bonnes choses que j’aime y retrouver, et même de nouvelles ! On y suit notamment l’évolution de Louis, le fils de Nicolas et la douce Antoinette, la tumultueuse amitié avec Sartine (qui donne lieu aux scènes les plus savoureuses à mon avis), mais aussi des rencontres avec la reine Marie-Antoinette qui sont très intéressantes et toujours autant historiquement crédibles. Finalement c’est peut-être l’intrigue majeure qui est reléguée au second plan.

Ah oui, il y a donc une histoire de cadavre anglais, c’est vrai… A vrai dire, on s’en balance un peu, et j’ai préféré entrevoir les relations politiques totalement vénéneuses avec l’Angleterre, les histoires d’horloger de l’époque, les résultats des politiques anti-protestantes, ainsi que les dépenses de la reine et ses implications de plus en plus dangereuses dans des « affaires » qui la dépasseront bientôt. Et comme d’habitude, en toile de fond, une description du Paris du 18ème avec de nouveaux quartiers, de nouveaux personnages historiques, ainsi que des recettes décrites par le menu évidemment. Notre commissaire du Châtelet Nicolas Le Floch, avec ses qualités et ses défauts, et surtout son entêtement breton, va faire montre de tout ses talents, sa diplomatie et son flair pour dénouer ce sombre complot qui inclut un cadavre anglais. Mais dans le même temps il faut sauver la reine, s’occuper de son fils, savoir pourquoi sa maîtresse est impliquée là-dedans, ne pas tomber dans les rets de Sartine, servir le roi et prendre garde aux gens qui ont juré sa perte.

Le cadavre anglais - Jean-François Parot

8 Commentaires

  1. J’ai terminé ce livre mercredi dernier. Retrouver les personnages de Parrot, désormais bien connus, est pour moi un plaisir à chque fois renouvelé, une sorte de « petite famille » dont on aime prendre des nouvelles à chaque sortie d’un nouvel ouvrage.

    Même si, comme souvent, le dénouement de l’enquête est un tout petit peu escamoté et manque quelque peu de clarté, il s’agit pour moi de l’un des meilleurs ouvrage de la série. Les liens avec l’Histoire du règne de Louis XVI sont constants: ainsi, à travers le piège dans lequel tombe Marie Antoinette à cause de ses dettes de jeux, c’est bien l’Affaire du Collier qui apparait en filigramme.
    A mon sens, l’intrigue est de plus bien plus fluide que dans certains précédents tomes, et si les recettes de cuisine témoignant de la gastronomie de l’époque sont encore bien présentes, elles sont cette fois-ci utilisées à bon essient, comme autant de respirations utiles pour le lecteur dans le déroulement de l’intrigue, et ne nuisent donc plus par leurs longueurs à la qualité du récit.

    Comme souvent, le livre vaut au moins autant pour son enjeu policier que pour la description du Paris de la fin de l’Ancien Régime. La description de la misère qui règne dans les maisons gothiques en ruines où Nicolas Le Floch cherche à égarer ses poursuivants est à ce titre saisissante. Il faudra aussi un jour que je mette la main sur un plan de la capitale et sur des gravures de cette époque pour bien visualiser la Porte de la Conférence dont il est si souvent fait mention.

    Je ne sais absolument pas si Parot s’est fixé une limite historique à ses récits (1789? 1792? ou plus tard?). J’ai néanmoins trouvé qu’il préparait assez bien le terrain pour d’éventuels développements ultérieurs, par exemple sous la Révolution Française: on sent dans l’attitude de son adjoint, Bourdeau, un révolutionnaire potentiel, les remarques sur la versatilité du peuple parisien et l’accroissement des inégalités dont il est victime sont légions, les conséquences politiques des Lumières sont plusieurs fois évoquées, et enfin la position sociale de Nicolas Le Floch, noble parmi le Tiers Etat, est d’une ambiguité dont l’auteur laisse entendre qu’elle sera source d’un conflit intérieur. Bref, j’attends les prochains ouvrages avec beaucoup d’appétit!!!

  2. J’apprécie beaucoup les romans de Jean-François Parot. C’est donc tout naturellement que j’ai acheté le cadavre anglais le jour de sa sortie et que j’ai commencé à le lire aussitôt. Mais après m’être endormi trois fois de suite dessus et avoir été refroidi par les formulations d’une lourdeur de plomb du premier chapitre j’ai abandonné la lecture. Ton avis et celui de Christophe me pousse à croire que je devrai persévéré et reprendre le bouquin. :)

  3. Drôle de roman, en effet, qui semble proposer une mission à Sans-Souci, pour ne plus s’en soucier qu’in extremis, qui fait réapparaître le redoutable lord Aschbury (ah perfide Albion), qui joint des tentatives de meurtres sur la personne de Nicolas à la disparition finale du Duc de la Vrillière.

    Cette fois-ci, avec son coté carnaval du début j’y ai retrouvé la saveur de « Splendeurs et Misères des Courtisanes ». Déguisement, enlèvements et autres péripéties.

    Vivement le prochain tome.

  4. J’ai découvert cet auteur il y a peu de temps;
    Le descriptif des plats est un régal et le Paris de cette époque un vrai dédale !
    Je révise mon histoire de France et j’enrichis mon vocabulaire (bon, d’accord, pas toujours facile à replacer au 21 siècle) !
    La trame du roman est assez facile à deviner au bout de deux ou trois volumes et comme c’est dit plus haut , je trouve que la fin est toujours un peu écourtée.
    Qu’importe, j’adore !

  5. La première saison des Le Floc’h vaut elle le coup d’oeil pour la qualité des intrigues ou pour le nombre de fois où Nicolas fait sa toilette torse nu dans la cour, comme dans les romans ? ? ?

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