La trahison de Thomas Spencer (Philippe Besson)

Cet auteur, Philippe Besson, m’avait assez impressionné quand j’avais découvert « En l’absence des hommes ». J’avais beaucoup aimé son écriture, même si quelques défauts venaient émailler ce beau roman. Le second que j’ai lu « Un garçon d’Italie » m’avait paru tout aussi bien écrit, mais pas extraordinaire au final, disons que ça tenait sur quelques ficelles un peu trop évidentes. Ensuite, j’ai redouté l’auteur marclévyesque qui tombe dans la facilité et la publication annuelle sans discernement. Malheureusement, ce livre vient confirmer cette impression.

« La trahison de Thomas Spencer » raconte l’histoire de deux garçons, nés le jour d’Hiroshima, et dont l’amitié scande tout le récit. Deux enfants, adolescents puis hommes qui sont très liés, dans cette Amérique sudiste un peu tradi et étriquée. Evidemment, la vie n’est pas un long fleuve (le Missipipi dans notre histoire) tranquille, et l’amitié subira les coups du destin. Le narrateur, Thomas, explique sa « trahison », et peu à peu nous en découvrons les détails.

Ce bouquin m’a laissé assez indifférent en définitive. Je ne l’ai pas trouvé mal écrit, mais pas bien écrit non plus, juste assez platement narré pour ingérer le livre facilement mais sans plaisir. Mon souci c’est qu’il ne se passe strictement rien jusqu’au trois-quart du bouquin, et qu’ensuite le dénouement est tellement téléphoné, et l’intrigue globale cousue de fil blanc, que c’en est presque ridicule. Il ne pouvait y avoir histoire plus banale et péripétie plus éculée entre deux amis, et pourtant c’est exactement le sujet du livre.

Du coup, c’est un peu ce que je redoutais, à moins que je sois passé complètement à côté du roman et de l’ambition de Philippe Besson, ce qui est tout à fait possible. J’ai lu d’ailleurs pas mal de bonnes critiques, mais dont je n’arrive pas à comprendre ce qui a pu tant plaire.

Non vraiment, je n’ai pas trouvé ça terrible… Pas nul à chier non plus, juste pas terrible.

La trahison de Thomas Spencer (Philippe Besson)

10 Commentaires

  1. Et du même auteur je te déconseille « L’homme accidentel » ou un flic tombe amoureux d’un acteur hollywoodien impliqué dans le meurtre d’un prostitué… Là on touche le fond.

  2. Bah j’avais lu en saccade la plupart de ses titres, à commencer par Son Frère, et j’étais également tombé en pâmoison devant « En l’absence des hommes », qui m’avait transcendé. Un garçon d’Italie m’avait déçu, et le reste pas plus motivé que ça. Un homme accidentel avait réussi à me faire vibrer, et en ça je ne suivrai pas l’avis de Kad-Aod. J’étais bien motivé par le tout dernier, mais ta critique me refroidi un peu. Disons que je vais économiser quelques euros, et attendre une sortie en poche. D’ailleurs, j’en ai encore deux à lire en poche du même auteur.

    Merci pour l’article :-*

  3. Philippe Besson… Je n’irai pas,jusqu’à Marc Levyesque, parce lui sait écrire, alors que Levy est un « logiciel à pisser du dialogue qui fait série américaine ». Mais par contre, le pauvre Besson n’a pas grand chose à dire, ou en tout cas, il avait juste assez pour écrire un ou deux romans. Mais, pris par la logique de l’édition, il nous pond chaque année son roman de 120 pages imprimé en caractère corps 15. Avantage, ça se lit vite. Le problème, c’est que 2 mn après la fin (donc 32 mn après le début de la lecture), on a tout oublié… Littérature kleenex. Bon à jeter, quoi. :smile:

    Au fond, je préfère Marc Levy et Romain Sardou, parce que eux, c’est drôle (au 18° degré).

  4. Je vous trouve bien cruels, même si je suis la première à lui reprocher d’être trop léger et dans l’effleurement. Mais c’est quelqu’un qui sait écrire et pas seulement pour faire joli.
    Il faut peut-être lire « Son frère » pour le découvrir.
    Après tout il en faut des livres pour les jours sans, quand on a besoin de réconfort ou qu’on est convalescents. Des livres qui glissent agréablement, sont bien menés, ne font pas mal, ne sont pas des arraches-coeurs ni n’épuisent les neurones fourbus. Et puis les siens contribuent bien à chasser certaines idées reçues. Il ne manque pas d’humour non plus.

    (oui, bon, je ne suis pas objective, je sais cf. par là pourquoi même si par pudeur je ne le nommais pas en toutes lettres mais seulement par un lien : http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/2007/02/ma_mort_un_an_a.html
    )

  5. C’est fort j’ai écrit une bafouille dessus cet après midi ^^ En deça d’Un Homme accidentel en ce qui me concerne mais ça se lit tellement rapidement qu’on ne se rend compte qu’à la fin que c’était peut être pas si bien ( mais en même temps pas si à chier …)

  6. Assez d’accord avec toi sur les productions de Philippe Besson; parfois ça frise la production alimentaire (je n’ai pas aimé du tout « l’homme accidentel »). J’ai aussi beaucoup aimé « en l’abscence des hommes », moins les autres, mais il y a un autre que j’ai aimé dont le titre n’apparaît pas dans les commentaires: « in instant d’abandon », que j’ai beaucoup aimé.

  7. Je partage tout à fait l’analyse. J’avais adoré comme tout le monde je pense « en l’absence des hommes » et ai tout lu depuis sauf le dernier. Depuis un « Garçon d’Italie » qui n’avait en effet rien de spécial, je n’ai plus trouvé rien de bien. Je pense qu’il faut que Philippe Besson ne cède pas au marketing et s’arrête pour retrouver une inspiration. D’autres devraient le faire aussi d’ailleurs…

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