Noël au scanner, Pâques au cimetière.

Dimanche, je suis allé chez mon oncle et ma tante pour Pâques. C’est drôle car Pâques et Noël sont certainement les réunions de famille les plus importantes dans ma tribu, et pourtant nous sommes tous terriblement athées. Il s’agit de mon oncle et de ma tante qui sont les frères et soeurs de mes parents, et donc les parents de mes « cousines-frangines ». C’est-à-dire (Désolé, je me répète, mais c’est pour les nouveaux !) que mon oncle est le frère de ma mère, mais que ma tante est aussi la soeur de mon père.

Ces deux familles se connaissent depuis des lustres, et mes parents se sont rencontrés gamins en définitive. Du côté de mon père, la « chose » familiale n’était pas une sinécure, et ils en tous assez souffert. Les rites n’étaient pas vraiment très observés ou de mise, tandis que du côté maternel, la donne était très différente.

Ma grand-mère, comme j’ai pu le narrer précédemment, était seule à Osny avec ses quatre enfants, et son petit salaire. Elle me racontait souvent ses galères, comme elle avait ses ardoises chez tous les commerçants, et comment année après année, elle a tout remboursé elle-même, en travaillant. Elle me racontait comment un jour un peu fou, alors qu’elle était enceinte de mon oncle (l’aîné) en 1941, elle était allée jusque Cormeilles-en-Vexin avec sa brouette. Elle était allée jusqu’au terrain d’aviation qui était couvert d’une fausse ville, des bâtiments « leurres » en bois, afin d’y récupérer du bois pour se chauffer.

C’était une vie modeste et assez difficile pour une mère célibataire avec quatre enfants dès 1950, mais pas triste ou désespérant. Il y avait la famille à deux pas, et grâce à mon arrière-grand-mère il y avait toujours ce qu’il fallait à manger, elle prenait soin de ses petits enfants (Bon ok, ils goûtaient avec des tranches de pain trempées dans l’huile d’olive et recouvertes de sucre ! Hé hé, sacré Portugal.). Et puis le potager permettait aussi de subsister correctement, mais avant-tout ce qui a nourri cette famille, eh bien c’est justement les sentiments qui les liaient les uns aux autres. Tous sont restés marqués, et à certains égards moi, mon frangin et mes cousines aussi.

Ma mère me racontait les cafés au lait avec le pain perdu, ce même pain perdu qu’elle nous préparait, et qu’on aimait tant. C’est drôle d’ailleurs comme j’ai conservé des kyrielles de souvenirs culinaires de ma grand-mère : l’oeuf battu dans les pommes rissolés, les râpés de pomme de terre, les haricots à la portugaise, les cornets de frites (importants les cornets !!!), les pets-de-nonnes, les crèpes… Les fêtes étaient alors des moments privilégiés, où ma grand-mère faisait plaisir aux uns et aux autres, et aussi des occasions de réunion qui célébraient cette famille.

Ainsi Pâques et Noël ont longtemps été les indispensables et immanquables rendez-vous de l’année, et que de pleurs quand les familles se sont agrandies, et ont dû organiser une année sur deux ou moins… Mais mes parents et mon oncle et ma tante, nous sommes restés jusqu’au bout puisque des deux côtés, nous étions là ! Et ce socle est encore là aujourd’hui, et mes cousines avec leurs enfants font quelque peu perdurer ces us.

Dimanche dernier, nous avons passé du temps avec mon frère à dissimuler les chocolats. Dans les buissons, dans les arbres, sous les feuilles, certains bien en évidence pour mon petit-cousin… Et je lui soufflais doucement des indices pour qu’ils les trouvent plus facilement. Quelle chouette partie de rigolade ! Il n’était pas difficile de se remémorer des événements plus que similaires, il y a plus de 25 ans, et dans ce même jardin où ma mère allait chercher les siens, quelques 50 ans auparavant. Pâques et Noël sont restés de ces piliers de l’enfance, et de l’enfance même de ma mère, avec ces tendres attentions les uns envers les autres, et toujours ce souvenir de ma grand-mère qui nous habite sans nous hanter.

Tandis que je montrais à Tristan comment dessiner avec les doigts dans la peinture, je pensais que j’aurais vraiment aimé qu’elle assiste à cela.

Ma grand-mère maternelle et mon petit cousin Tristan.

7 Commentaires

  1. oh oh matoo si je me souviens bien tu es un morceau d’europe a toi tout seul!
    « ma grand mere qui nous habite sans nous hanter » tres jolie tournure de phrase.

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