Antony and the Johnsons au Grand Rex

J’ai longtemps voué aux gémonies Toli pour avoir vu Antony en concert, et pas moi !! Mais ce dernier m’avait carrément pris la place pour ce concert-ci, donc qu’il en soit vivement remercié car ce fut un moment fabuleux. Je n’étais même jamais allé au Grand Rex, et il est vrai que rien que les fauteuils valent le déplacement. Nous étions ainsi dans les meilleures conditions pour nous régaler d’un chanteur à la sensibilité si exacerbée, et que l’on a envie d’écouter chanter dans un cadre « cocon » intimiste. En première partie, ce furent quelques chorégraphies surréalistes d’une danseuse grimée et ailée (!!) qui avait l’air d’exécuter des rites païens bien singuliers (mais assez chouettes).

Première fois donc que je passais de l’écoute solitaire à la découverte « live », et je suis plus que conquis par ce concert. Antony and the Johnsons est un groupe fantastique, avec Antony évidemment en figure de proue : ses textes, sa voix, ses facéties, sa timidité et ses éclairs de confiance qui l’ont fait nous raconter les plus étonnantes anecdotes ! Pas de grosses différences vocales ou musicales de qualité entre le disque et la réalité, on retrouve toute l’originalité du timbre du chanteur (à la sexualité ambivalente), et le charme de ses vocalises qui lui sont tellement propres. Je me suis dit que c’était presque un excellent syncrétisme entre un Chris Garneau, pianiste délicat, émotif et angélique, et un Sigur Rós, poète mystique, possédé par sa musique et usant de sa voix comme d’un instrument.

Finalement le gros changement ce sont les bourdes ! C’est certainement ce qui m’a le plus surpris et fait rire pendant le concert. En effet, à maintes reprises, Antony se trompe dans ses textes, n’est pas en rythme, ou bien troublé, et donc il s’arrête, s’excuse, et tente de reprendre. Et en plein milieu du concert, alors qu’il butte sur « You are my sister » où au moins trois fois, il nous fait profiter de fausses notes, il se met à évoquer Jésus, et son rapport à lui. Le public est médusé, et Antony s’explique :

« Je ne suis pas un chrétien, je suis une sorcière. »

« Adolescent, poursuit-il, j’étais persuadé que Jésus était mon petit ami. Il était si mignon et avait l’air de souffrir autant que moi. Vers 27 ans, j’ai compris que tout cela n’était qu’un rêve. En fait, j’en avais assez de ce Dieu mâle. J’ai pensé qu’il était temps que Jésus revienne en femme. Deux mille ans de masculinité ont conduit la planète aux portes de l’enfer. Il faut aujourd’hui adopter une vision féminine et maternelle du monde. Je pense que c’est le cas avec Obama. D’ailleurs sa femme, Michelle, a d’abord été sa patronne. »

« Si le cercle des mères prend le pouvoir, avance Hegarty, le pape pourra prendre sa retraite. »

[Source]

Et hop, il a enchaîné avec une autre chanson… Ah là là, l’audience était évidemment en transe, et le chanteur nous a régalé, est revenu maintes fois, et a remporté tous les suffrages. Je suis dithyrambique sur le sujet, et j’ai hâte de le revoir en juillet prochain à Pleyel !

Antony and the Johnsons au Grand Rex

8 Commentaires

  1. Hiiii cool, je vais les voir fin mai à Londres… Merci pour la mise en appétit ! (Je crois que l’expression exacte est « mise en bouche », mais avec l’esprit mal placé des jeunes ces jours-ci…)

  2. Quand je pense qu’en ce moment, il y a des mecs qui ont des places pour aller le voir aux théatres romains de fourvières.. ca me laisse … rêveur .. ;-)

  3. C’est l’un des plus beaux concerts que j’ai vu !
    En effet, quelques jours après Paris, il était à Bruxelles.
    Concert dans la grande salle du Palis des Beaux-Arts.
    Une ambiance magique…
    Un moment de pure grâce, habité par la poésie et toute la musique.
    Sur cette même scène se donnent les oeuvres des plus grands classiques et Antony Doherty, pour moi, en fait partie.
    Je le mets au même rang que les Bach, Mozart et autre Haendel.

    La danse initiale, je l’ai plutôt vue comme celle d’un oiseau essayant de s’envoler et rattrapé par la cruauté du monde…

  4. Mon chéri, qui est un fan, nous avait pris des places pour le concert du Rex.
    Je partage l’enthousiasme de Matoo : moment de grâce et de pur bonheur.

  5. J’crois qu’on aime ou on aime pas… Il est certes un poil barré, le gonze, mais bon… A lui tout seul, c’est un univers musical qu’a le mérite d’exister. J’aurais bien aimé le voir en concert et assis, qui plus est ! Ras l’bol de ces concerts debout, où l’on voit rien, où des gens passent leur temps à se balader et à claquer la biz aux copains-copines, un gobelet de bière à la main… Et toi qui te dévisse le cou pour entrevoir le gus qui se déchaîne sur scène. C’est plus de mon âge… Ce fut ma dernière expérience en date, en l’occurrence Raphael Saadiq au Bataclan… et ça m’a fait chier… et la purée de décibels dans les oreilles, ça gâche… et ça agace. C’est tout juste si tu reconnais les titres !

    J’espère que la sono était bonne au Rex, au moins ?

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