Moi, Asimov (Isaac Asimov)

Isaac Asimov est un de mes écrivains de SF favoris, et je ne suis pas le seul vu qu’il est un des plus prolifiques et célèbres auteurs du monde entier. Cette autobiographie est une compilation de 166 chapitres (écrits à partir de 1977) qui parcourent toute la vie de l’auteur jusque quelques mois avant sa mort. Les thèmes sont déroulés les uns après les autres, de manière plus ou moins chronologique, et il pioche à droite et à gauche pour évoquer sa famille, sa vie amoureuse, universitaire ou professionnelle. Ses textes sont courts, faciles à lire, et terriblement drôles et intelligents. Je suis ressorti du bouquin encore plus admiratif et fan absolu de cet écrivain hors pair.

J’ai cité quatre passages du bouquin qui m’ont particulièrement marqué et parlé, notamment à propos de son rapport à la lecture, à l’écriture, à la religion, et à sa propre judéité. Mais le livre est une mine de réflexions et de pensées tout aussi passionnantes et pleines d’humour, d’ironie, de recul et d’une démonstration de sa philosophie de vie qui est une véritable inspiration pour moi. Il évoque donc tout autant son enfance en tant qu’émigré juif et la manière dont il a été élevé, ses rapports familiaux, et la manière dont il a peu à peu versé dans la littérature fantastique puis la Science-Fiction.

J’adore chez Isaac Asimov son incroyable auto-analyse, grande lucidité et clairvoyance sur ses actes, et son humour irrésistible qui lui permet de fréquemment s’en sortir par une pirouette ou une saillie acidulée. En outre, il est sincère dans ses écrits, et souvent très touchant, tout en s’affirmant régulièrement de manière tranchée et assumée, rarement en demi-teintes. Mais en plus de tout cela, il est le contraire de l’humilité, il est même d’une arrogance sans nom et se trouve manifestement intelligent et très doué. Ah ah. J’adore cela chez lui, car je le trouve tellement doué justement, que je lui pardonne aisément ce manque de modestie, et parce que c’est une attitude qui est surtout cocasse.

Grâce à mon père, je connais surtout les écrivains de SF de cette époque, et je n’aime quasiment que ces romans des années 50 à 70, avant l’ordinateur ou les réseaux, qui mettent la science en figure de proue et qui propose des univers qui parlent autant de sociétés extraterrestres que des nôtres. Du coup mes repères ce sont Clifford D. Simak, Robert Silverberg ou Arthur C. Clarke, et j’ai découvert avec grand intérêt la naissance de ce style SF, et la montée en puissance de ces stars de ce genre « mineur » (qui est bien « majeur » à mon avis). Ces passages me font penser un peu au bouquin « Les extraordinaires aventures de Kavalier & Clay » qui témoigne de l’émergence des comics à New York. Or Asimov est totalement contemporain de cela (et fervent new-yorkais), et toute la littérature SF est née de ces kyrielles de nouvelles (de plus ou moins bonne qualité) qui ont abreuvé les magazines de fans de l’époque.

Isaac Asimov raconte donc à la fois ses aventures dans la littérature, mais aussi en parallèle sa vie professionnelle qui est loin d’être calme, et qui fut essentielle pendant longtemps vu que les publications ne lui suffisaient pas pour subsister. Il explique aussi la genèse de certains des thèmes qu’il développe dans ses bouquins, et qui sont devenus des standards de la SF tels : la psychohistoire de la saga « Fondation » ou encore les célébrissimes règles de la robotique qui sont inscrites dans tout cerveau positronique qui se respecte. On découvre aussi une oeuvre prolifique à bien des égards, puisqu’il a non seulement pondu des myriades de nouvelles, de romans et d’anthologies, mais aussi des romans policiers, des limericks (petits poèmes humoristiques souvent graveleux ou anticléricaux) et surtout une considérable somme de vulgarisation scientifique pour enfants comme pour adultes.

Bref, ce type est un génie et je le révère complètement. D’ailleurs à tel point que je viens de réaliser que je n’ai pas écrit cet article au passé… C’est fou ça. Isaac Asimov est mort en 1992, mais je n’arrive pas à le mettre aux oubliettes. Je lis et relis depuis une quinzaine d’années ses livres, je complète peu à peu mes lectures d’ailleurs, et il est tellement actuel, tellement sagace et passionnant, qu’il est pour moi plus vivant que jamais. J’espère d’ailleurs que son oeuvre le laissera vivant dans l’esprit de ses lecteurs pendant encore des années !

Moi, Asimov (Isaac Asimov)

6 Commentaires

  1. Tu me donnes envie, et pourtant, je n’aime pas trop la Sf, sauf Ray Bradbury… L’idée de me lancer dans une saga de plusieurs tomes m’effraie, mais lire son autobiographie, telle que tu la présentes, pourquoi pas?

  2. Je suis totalement réfractaire d’ordinaire à la science-fiction, mais son auto-biographie que j’ai eu la chance de lire est assez sympathique. Dans ses romans, il n’y a que le style qui me remue, le fond n’étant pas ma tasse de thé, mais dans ce livre, le fond est intéressant, anecdotique et qui plus est bien écrit. J’en garde une bonne lecture !

  3. Merci d’avoir parlé de cette autiobio sur ton blog, tu m’as donné envie de la lire ! Je viens de la terminer à l’instant et j’ai passé un moment très agréable. Maintenant il ne me reste plus qu’à replonger dans le cycle de Fondation ;-)

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