Le phénomène du déclassement

Jean de la XR publie une interview France-Info d’un (mignon) sociologue : Camille Peugny. Ce dernier évoque le « déclassement », c’est-à-dire le phénomène qui explique que les enfants ont une situation sociale « inférieure » à celle de leurs parents. L’ascenseur n’est plus seulement en panne, il descend !!

6 Commentaires

  1. J’avais lu, je ne sais plus où, peut-être bien chez toi, le danger de l’expression « ascenseur » social, qui donne l’impression d’un automatisme, comme si l’ascension sociale était un dû sacro-saint. L’image de l’escalier social serait peut-être plus adaptée : pour ceux qui font beaucoup d’effort ça monte, pour les moyennement motivés ça stagne, pour les moins motivés de tous, ça descend. Bien sûr ça reste un peu idéaliste.
    Du coup, le phénomène actuel serait plutôt une pente devenue très raide jusqu’au 5e, ce qui fait qu’il devient impossible de monter, même avec la meilleure volonté du monde.

    Un truc que j’ai du mal à comprendre : si 25% des Français ont une position « inférieure » à celle de leur parent, et que pourtant il n’y a pas beaucoup de gens qui sont « montés », est-ce que ça veut dire qu’il y a juste moins de gens avec des « bons » postes ?

    Bon, quoi qu’il en soit, il est GRAVE mignon :)

  2. Pourquoi est ce que l’ascenceur ne marche plus ? A mon avis au bout de la deuxième génération : parce que les gosses n’ont plus l’envie tout simplement, ils n’ont pas faim…

  3. J’avais déjà repéré sur le blog de Jean de la XR ce chercheur fort intéressant :)

    Le phénomène de déclassement est, à mon sens, et si on le prend dans sa première acception (l’incapacité de l’individu à maintenir la position héritée de ses parents), une problématique cruciale qui touche directement la cohésion sociale de la nation. En remettant en cause le principe de « méritocratie », ce phénomène risque de saper les bases de notre conception de la vie en société. Sans la motivation du progrès personnel que reste-t-il pour motiver et contenter les gens ?
    A ce titre, nous devons prendre très au sérieux ces indicateurs subjectifs qui tentent à prouver que « l’ascenseur » est en panne. Les ignorer ne peut qu’alimenter le sentiment de malaise des déclassés qui conduira obligatoirement à l’augmentation des tensions vis-à-vis du modèle libéral, du recul des tolérances et d’un repli sur soit individuel et communautaire.

    Cependant, n’y a-t-il pas quelque chose de pourrit au royaume de la méritocratie ? Avancer que « l’ascenseur social » descend est une chose, mais comment étayer cette thèse alors que cette année le taux de réussite au BAC est de 86 % (en augmentation de 2,3 points de pourcentage par rapport à 2008), que l’accès aux études supérieures n’est plus réservé à quelques uns et que l’intégration des minorités se fait de mieux en mieux (quoi qu’on en dise et bien qu’il reste encore énormément à faire) ?

    Et si on nous avait menti ? Sous le verni propret de l’expression « ascenseur social » n’est-elle pas synonyme du « travailler plus pour gagner plus » cher à Nicolas Sarkozy ? L’expression même « d’ascenseur social » ne prouve t’elle pas la supercherie en voulant témoigner d’un automatisme qui n’en est pas un ?
    Le système ultralibéral a, en ne jouant pas le jeu du gagnant-gagnant (et en mentant à dessein), scié la branche sur laquelle nous sommes tous assis. En faisant miroiter des rêves irréalisables d' »élévation perpétuelle » et de succès social, le système a surtout fait naitre la démotivation et la rancoeur. Qu’on se le dise, tout le monde ne peut pas être ingénieur ou CSP+. La société ayant pendant longtemps dévalorisée le travail manuel, ce dernier est aujourd’hui connoté négativement. Une majorité de ces emplois sont aujourd’hui des emplois précaires et dévalorisés. Or ces emplois sont souvent essentiels à la marche du reste de la société et devrait, à ce titre, être reconsidéré. L’individu porte, bien sur, sa part de responsabilité dans cet état de fait. En effet, la société dans son ensemble a trop longtemps stigmatisé « l’échec » (comprendre gagner peu) et sacralisé la réussite (comprendre gagner beaucoup). Dans ce phénomène de sacralisation la publicité a joué un rôle primordial. C’est par ce truchement que les données objectives du déclassement sont exacerbée par les impressions subjectives des déclassés. En produisant de la frustration (de ne pouvoir consommer), la publicité augmente encore le sentiment de déclassement. Je recommande d’ailleurs la lecture du rapport « La mesure du déclassement » produit par le Centre d’analyse stratégique (pdf|fr) qui analyse en profondeur le phénomène. J’ai surtout été soufflé par la « Typologie des catégories de revenus » de la page 55. La limite des hauts revenus, souvent liée à l’image du luxe, se situe à 3010€… on est loin de pouvoir se payer le caviar tous les jours. Le chiffre me parait bas pour une société aussi riche que la France.

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