G.I. Joe – Le réveil du Cobra

Je m’attendais évidemment à un navet de première avec des effets spéciaux à couper le souffle, et j’avais surtout hâte de voir Paris comme décor d’un bon film ricain de chez nous en Amérique. Eh bien au final, ce n’était pas tant un navet que cela, ou alors un mauvais film avec quelques bonnes surprises, ensuite les effets spéciaux n’étaient pas aussi extraordinaires que ce que j’attendais. Ils ont surtout rameuté un casting assez dingue qui arrive à relever un tout petit peu la lamentable trame narrative.

« GI Joe » ce n’est pas très difficile, en plus, d’en écrire un scénario assez libre puisqu’il ne s’agit que de figurines avec quelques personnages emblématiques, et une série animée plus ou moins cohérente. Et sur la récupération des personnages, ce n’est pas si mal. On retrouve nos marques, tout en profitant de belles adaptations et innovations. En revanche, aller nous sortir une histoire d’amour à la con pas crédible, des névroses qu’on se tue à nous expliquer à coups de flashbacks foireux, non ça ce n’était pas nécessaire. Donc il faut mettre sous silence un scénario inexistant et risible, tellement con qu’il peut faire sourire à maintes reprises, c’est déjà ça.

Alors l’histoire c’est que Duke est un super GI avec son pote Ripcord. Alors qu’ils doivent transporter une arme secrète hyper dangereuse, ils se font avoir par un groupe de mercenaires très bien organisés et avec des armes qui dépassent l’entendement. Parmi les méchants, il y a l’ancienne copine de Duke (Rhololololo !!) qui est devenu brune (donc méchante) alors qu’elle était blonde dans le flashback (donc gentille). Ils ne doivent leur salut qu’à l’intervention des GI Joes qui possèdent aussi quelques jolis gadgets. Le chef des GI Joes recrute les deux survivants pour qu’ils aident à retrouver la méchante brune et son boss, car ils veulent (en gros hein) prendre le contrôle du monde entier (Ah ah ah ! Rire tonitruant de stentor.).

Est-ce que ça ne sentirait pas la bouse ça ? Oh que si ! Sachant que le film débute en 1641 en France et qu’un marchant d’arme est mis à mort par ordre de Louis XIII (enfin on lui colle un masque de fer, d’où quelques confusions littéraires du scénariste je pense, c’est un peu comme quand les japonais revisitent la mythologie dans « Olympe et les dieux » quoi…). En effet, le marchant avait vendu aux deux camps !! Et quelques générations plus tard, nous retrouvons le p’tit p’tit p’tit p’tit p’tit p’tit fillot de ce dernier, et il vend encore des armes, en ayant d’encore plus sombres desseins. Il y a aussi ce truc des flashbacks qui est insupportable et qui nous explique l’histoire terriblement dramatique (où toute la salle se bidonne) entre le héros et sa belle (devenu brune donc méchante), ou bien le combat digne de Karaté Kid (avec le vieux prof de kung fu chinois qui est encore et toujours là pour jouer son rôle dans les productions hollywoodiennes) entre les deux ninjas : le gentil en noir ou le méchant en blanc. Leur histoire à tous les deux est aussi passionnante que l’histoire d’amour précédente, c’est dire ! On nous ressert aussi les mêmes effets de manche et blagues de potache qui ne marchent pas vraiment.

Il y a en revanche ça et là quelques pépites qui m’ont bien étonné. D’abord dans un détail de l’histoire qui est surprenant. En effet, les GI Joes ne sont pas présentés comme des purs amerloques de choc, mais comme une organisation paramilitaire qui rassemble 23 pays, et les GI sont réellement des ressortissants de pays différents. Du coup, on n’a pas droit (Alléluia !) au patriotisme habituel ou au conte proaméricain, ce qui est agréable et rafraîchissant. D’ailleurs on salue même la science française, ce qui est assez rare pour être souligné.

Si j’ai été épaté sur une chose c’est bien le casting !! Alors là, ils ont fait assez fort, on a du Brendan Fraser qui fait de la figuration (mais bon c’est le même réalisateur que la Momie), la Momie (Arnold Vosloo) en personne qui fait un méchant, Dennis Quaid en général Courage, le black de service de Scarry Movie (Marlon Wayans), deux lostiens qui incarnent deux GI Joes (César/Saïd Taghmaoui, eh oui un frenchy, et Mister Eko/Adewale Akinnuoye-Agbaje), Jonathan Pryce en président des US ou encore le génial Christopher Eccleston qui joue le rôle de Destro. Donc pour un film aussi peu reluisant, il y a tout de même un mélange hétéroclite de comédiens qui fait que ce n’est pas dénué d’intérêt. Disons qu’ils permettent de ne pas complètement rendre le film irregardable.

Ma déception réside plus dans les effets spéciaux que j’attendais irréprochables pour ce film. Je ne peux pas dire qu’ils sont mauvais, loin de là, mais ils ne sont clairement pas aussi léchés que pour « Transformers » par exemple. On est plus proche des « 4 fantastiques » du coup, avec même quelques textures qui manquaient sérieusement de réalisme ou encore des erreurs pyrotechniques qui moi me trouble (une explosion qui a lieu une microseconde avant qu’une bagnole s’écrase, ou au tout début du film un jet de flamme qui sort manifestement d’un tuyau etc.). La 3D est parfois un peu limite, et on sent que quelques floutés servent encore de cache-misère. Cela reste tout à fait correct, mais j’aurais adoré que les effets spéciaux puissent vraiment sauver sinon compenser le scénario.

Je suis difficile, mais je savais exactement ce que j’allais voir, et j’ai tout de même aimé quelques trucs. Notamment les décors ! Enfin pas tous hein, parce que pour la fausse neige en antarctique ou la base en Egypte, y’a encore du boulot… Mais il y a deux passages qui valent le coup, et je voulais au moins finir sur cette note positive. D’abord, non seulement le film commence en France, il s’y passe aussi une bonne partie (même si ça a été tourné à Prague, OK). On appréciera donc les courses-poursuites dans notre beau Paris haussmannien, mais aussi dans d’autres quartiers en évitant (bravo) les images d’Épinal et les cartes postales. Donc plein de bagnoles (Renault, Peugeot) défoncés (apparemment le record des « Blues Brothers » a été battu) dans les rues de la capitale, et pour couronner le tout on suit la course poursuite des GI Joes équipés d’une super combinaison sophistiqués (qui valent au moins trois milliards) qui les rend bioniques (CQFD). Au final, l’attaque de la Tour Eiffel est vraiment réussie et pourtant c’était certainement un des aspects les plus casse-gueule du film.

Les GI Joes sont très bien équipés, et Cobra encore plus, mais ce n’est pas non plus Star Wars. Or, j’ai adoré l’idée de faire un combat sous l’eau (sous la calotte glaciaire en fait), ce qui permet de déployer des machines, des attaques et des plans très similaires à ce qu’on pourrait trouver dans un « Space Opera ». Cela fonctionne à merveille, et donne lieu à de très chouettes scènes.

Donc vous voyez quelques éclairs optimistes pour ce navet, excellent cru été 2009 au demeurant, qui nous promet bien évidemment une suite (Mein gott…).

G.I. Joe - Le réveil du Cobra

7 Commentaires

  1. Non seulement, il lit des dizaines et des dizaines de blogs par jour, non seulement il lit des dizaines et des dizaines de livres par mois et non seulement il visionne des dizaines et des dizaines de films par, mais EN PLUS, il trouve le temps d’en faire une critique détaillée, de la rédiger sur son blog, de tenir une page FaceBook et son réseau Twitter.

    Cet homme n’est pas humain !
    Ecoutez-moi : cet homme n’est pas humain !

    NB : si ça se trouve, il repasse même ses chemises… oO ;
    :croa:

  2. Hum, bon… la bande annonce avait l’air sympa et les premières critiques loin d’être franchement mauvaises. J’irai donc le voir.
    En attendant, je retourne me dorer la pilule dans les jardins de l’Alcazar :cool: (peut être un décors pour un G.I. Joe II qui sait ?)

  3. Vu aujourd’hui sur un coup de tête. Pas décevant j’avoue même si c’est vu et revu.

    J’ai beaucoup aimé la scène catastrophe dans Paris et la Tour Eiffel qui morfle. Les américains adorent détruire Paris c’est grave !

    PS : Criquette Rockwell en méchante latex j’ai bien aimé. A chaque fois que la brune à lunette à grosse poitrine en latex apparaissait l’écran j’explosais de rire en pensant qu’elle allait faire « Hé niiiinnnn » :D

  4. D’ailleurs, pour rebondir au propos d’Osio Ohara, vous noterez que la Tour Eiffel est devenue une source phare d’inspiration depuis le film Ratatouille, on la retrouve dans un paquet de film, et elle devient même le piquet d’un sandwitch géant dans le futur film d’animation « Tempête de boulettes géantes ». Enfin bref, je trouve ca vraiment drôle, comme si les Français avaient dans leur coeur en toute priorité ce tas de ferraille.

    Vraiment j’ai jubilé de l’ingéniosité des méchants de G.I.Joe, s’en prendre à la tour Eiffel, c’est vraiment le point culminant de Paris :lol:
    D’ailleurs Matoo, la poursuite dans Paris m’a vraiment fait beaucoup rire, un coup à Bir Hakeim, paf à Saint-michel, un coup on passe l’arc de triomphe, paf on se retrouve au quai qui longe l’hotel de ville, etc… Le pire, c’est que le plan final où la grande méchante amnésique gentille s’arrête pour tirer son missile, on a jamais vu la tour Eiffel d’aussi loin. Oh joie que de la voir tout détruire bien sur (ma jauge de sadisme a repris des couleurs :-)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Petite opération antispam à résoudre : * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages