Insurrections ! en territoire sexuel (Wendy Delorme)

Prologue :
Tout a commencé il y a quelques mois, alors que je changeais d’appartement et cherchais donc un hypothétique repreneur de mon ancien logis. J’avais informé mon « réseau » de cette opportunité en touitant tout simplement l’info. J’ai eu suite à cela des contacts avec des personnes qui étaient en recherche d’un appartement. Parmi ces gens se trouvait une connaissance de Baptiste, à qui il avait transmis ce plan, une certaine Stéphanie.

Cette dernière m’a contacté pour visiter l’appartement, elle m’avait aussi dit qu’elle était thésarde et prof de fac. La meuf semblait super sérieuse, et venant de Baptiste, je me suis dit que ça devait être le cas (Bah oui de la part d’un éminent sociologue spécialiste des sexshops… Carrambaaa j’aurais dû m’en douter !!!). Nous prenons donc rendez-vous à mon ancien appartement, et je découvre une très belle jeune femme blonde et souriante. Nous papotons et je la trouve vraiment sympathique et agréable. Elle a en outre un petit côté iconoclaste qui me plait énormément. Je pousse le bouchon un peu trop loin (Maurice), et je lui explique dans la conversation les divers obstacles surmontés pour trouver l’appartement magique et la proprio gayfriendly.

Ayant fait mon coming-out, voilà t-y pas qu’elle s’y met à son tour !!!! Et là je suis sur le cul, elle ne fait pas du tout cliché lesbien ! Autant elle a dû griller en deux secondes la grosse tapette que je suis, autant elle est l’alter ego de mon meilleur ami pédé qui ressemble à s’y méprendre à un hétéro (à part son assuétude pour Madonna et les crèmes de beauté). Bref, nous continuons à tailler le bout de gras, et elle m’explique un peu plus qui elle est. Elle a l’air tellement sérieuse avec ses études, son job d’enseignante et son air de femme des années 80, femmes jusqu’au bout des seins, que j’hallucine encore sur sa lesbianité, mais en apprécie d’autant plus le discours militant.

Elle me demande comment je connais Baptiste et je lui explique alors que je ne l’ai jamais rencontré, mais que je le « connais » de blog uniquement. Elle me dit qu’elle tient elle-même un blog, me lance un curieux sourire, narquois et espiègle à la fois, et me souffle qu’elle m’en enverra l’url.

Nous avons échangé quelques emails concernant la location, et elle m’envoie l’adresse de son myspace alors que je suis au boulot. Clic clic, je suis trop curieux pour attendre, et découvre son carnet… Je lis quelques lignes et je manque de m’étouffer en déchiffrant rapidement le récit d’un week-end à Berlin où la jeune fille dit avoir pris son pied dans un show mêlant fist et domination et où je comprends qu’un poing dans la chatte et un autre dans le cul sont les plus bonnes choses au monde. Alors lààààààà, ça colle encore moins avec la jolie blonde, mais je jubile encore plus. Non seulement elle est lesbienne, activiste et barrée, mais aussi performeuse, artiste de burlesque, écrivaine et totalement made in Musardine. Huhuhu. J’adoooooooore !

Suite à cela, nous avons dîné ensemble à deux reprises, et il me semble qu’elle me découvre à chaque fois une couche supplémentaire qui me fait tomber de ma chaise. Et avec tout cela, elle est aussi cette belle femme prof et lettrée, elle est tout autant cette militante lesbienne avec ses attirances pour des FTM, ses envies d’irrévérence et d’insurrection qu’elle mène à bien tout en étant « elle ».

Donc vous l’aurez deviné, j’avais fait la rencontre de Wendy Delorme, et j’ai été marqué par le personnage, et par la nana qui est juste derrière. Donc j’ai lu son bouquin !!!

Fin du prologue (Oui je sais, c’était long.).

Difficile d’appeler cet ouvrage un roman, il s’agit plus d’un essai, ou d’un fourre-tout littéraire qui flirte entre biographie, pamphlet militant, élan romanesque et pure jubilation. Wendy y dissèque sa vision des femmes, et surtout y explique son propre modèle. On comprend son mode de vie, ses désirs et ses principes, ses trips et ses amours. Elle ne badine pas sur la crudité, mais cela donne au livre un souffle de liberté et de vérité qui est très agréable.

Elle commence doucement par une partie assez biographique et intime, pour vélocement nous conduire à cette destinée de femme, ou même à cette reconquête de la femme intérieure, la femme pure et désincarnée, débarrassée de toutes les contingences masculines, qui assume sa sexualité et ses désirs. Elle explicite alors ses jeux, de très innocents à assurément (et assumément) pervers, avec de la domination, des gang-bangs en veux-tu en voilà, et cet éloge de la main qui vous fait voir ensuite une bite comme un bien pauvre et peu efficace outil à jouir !

Et ce qui est profondément touchant chez Wendy Delorme, c’est sans aucun doute la manière dont elle exprime ses sentiments et son amour pour sa moitié. La suite du bouquin est consacré aux « Amours », mais on y trouve autant cette émotion amoureuse que la jalousie ou même la haine. Ce sont d’ailleurs à mon avis les passages les mieux écrits du bouquin, et ceux qui m’ont vraiment plu (Elle livre d’ailleurs un chapitre sur les « bisounours » qui est saisissant !).

On démarre par la petite fille, on débarque du côté du sexe sans tabou, et on termine par un libelle bien politique et sociétal. La fin du bouquin renoue avec la militante et la féministe qui a quelques vérités (les siennes) à nous balancer à la gueule. Et là encore, ça fonctionne plutôt bien !

Je ne peux pas dire que ce soit de la littérature de haute-voltige, ni un bouquin de chevet pour vos mamans, mais il y a un intérêt dans le bouquin, à la fois son existence, et le fait de le lire. C’est une expérience certainement palpitante et excitante pour une lesbienne (je me demande bien quel effet il pourrait avoir sur une femme hétéro), pour un garçon j’ai trouvé cela épatant. En effet, Wendy vous transporte dans ses mots, son univers et ses trips avec une facilité et une fluidité déconcertantes, on se retrouve donc en moins de mots qu’il n’en faut pour le lire dans la peau d’une lesbienne enragée et insurgée.

Après ça se lit très rapidement en quelques heures, et n’a pas une portée supraluminique. Néanmoins, dans le genre de bouquin militant lesbien, je ne doute pas qu’il y trouve une place de choix.

(C’est Wendy Delorme qui est elle-même en couverture.)

Insurrections ! en territoire sexuel (Wendy Delorme)

4 Commentaires

  1. Oh yeah! je vais peut-être le lire, je me souviens encore de mes neurones essayant de détricoter l’échange suivant:
    — Elle est lesbienne, elle vit avec un trans.
    — Un trans homme/femme ou femme/homme?

  2. c’est un livre que l’on aime lire quand on est en manque de butler. C’est ma butler à moi ^^ (est ce que je peux le dire?).
    Je vous écrit un pitiote commentaire pour vous demander l’adresse du blog de la  » très belle jeune femme blonde et souriante » (c’est pas moi qui l’a dit:p) merci mille fois d’avance

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