Le Bondy Blog et les homos

En 2005, j’avais été très touché par les émeutes en banlieue, et j’avais d’ailleurs écrit mon ressenti à ce sujet, un peu contre mon gré. Dans la même période et conséquemment à ces événements, des journalistes d’un magazine suisse, L’Hebdo, ont eu l’idée fantasque et incongrue de se rendre en banlieue parisienne pour vraiment savoir ce qu’il pouvait s’y passer. Cela a donné le « Bondy Blog« , un carnet passionnant et criant de vérité ou ces journalistes sont allés au contact de la population sans à priori et comme ils l’auraient fait pour couvrir un sujet n’importe où dans le monde.

On peut lire cette genèse dans le blog actuel, et comment une association en a ensuite repris les rênes. Aujourd’hui c’est un média hébergé par Yahoo! qui possède une jolie verve, animé par des contributeurs variés et souvent talentueux, tous portés par l’envie de dépeindre leur banlieue sans cliché et avec originalité. Je me retrouve pas mal dans ces écrits, banlieusard que je suis né, et osnyssois que je demeure dans mon coeur autant que parisien aujourd’hui.

J’ai été plus surpris par un article qu’un ami m’a transmis, et surtout par ses commentaires. Il s’agit d’un post assez léger et drôle, et qui m’a bien plu. Son auteur, Yanis, y évoque « Homo-Ghetto », un bouquin qu’il doit lire pour en faire la critique sur le blog. Et plutôt que de le faire de manière traditionnel, il évoque avant tout les quelques anecdotes qui entourent cette découverte. Et force est de constater que ses historiettes sont plus intéressantes que le bouquin lui-même, même s’il en parle aussi évidemment.

En effet, il raconte comment ce fut embarrassant pour lui d’être simplement en possession d’un tel ouvrage, et donc de donner à croire à son entourage qu’il était homo, ce qui n’est pas le cas. Il parle de son voyage dans le RER pour Cergy notamment et des regards inquisiteurs des autres voyageurs. Ayant lu à maintes reprises mon « Têtu » en effectuant un parcours identique, je ne peux qu’être d’accord. Et moi j’étais vraiment pédé !!! Mais il suffit d’un simple bouquin d’Edmund White pour procurer le même malaise… Yanis va plus loin en narrant comment sa maman est tombée sur le bouquin, et le quiproquo vaudevillesque qui s’en est suivi. Bref, il a dû se dédouaner et expliquer « non je ne suis pas homo ».

Je ne connais pas ce garçon, et comme toujours l’ironie de son texte est sujette à interprétation. Personnellement, je ne crois pas à une traduction littérale mais bien à un texte qui souligne cette homophobie ordinaire avec un brin d’humour qui fait du bien, cette peur de paraître gay même par erreur, et qui permet de remettre le focus sur l’homosexualité en banlieue, qui est en effet, et j’en sais quelque-chose, plus difficile à vivre qu’ailleurs (mais ce n’est de toute manière facile nulle part).

J’ai surtout été épaté par les commentaires, leur nombre puisque nous en sommes à 239 tandis que les autres articles ne passionnent pas autant les foules, mais aussi leur teneur. En effet, on trouve vraiment de tout là-dedans. Entre des personnes qui ont ressenti l’article à peu près comme moi, d’autres qui crient à l’homophobie, et une kyrielle de débats plus ou moins stériles sur le mariage gay, l’adoption, la zoophilie, la pédophilie et j’en passe et des meilleures. De la même manière qu’on donne des points Godwin, je pense qu’il y aurait matière à donner des points lorsque dans une conversation sur l’homosexualité, on en vient à parler de pédophilie ou de zoophilie. Mein gott!!!

3 Commentaires

  1. A chaque fois qu’un débat sur l’homosexualité dévie sur la zoophilie, je demande a ce qu’on crée le point matoo-narval, rapport a la relation ambigüe entre ces deux formes vivantes.

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