« De Byzance à Istanbul » au Grand Palais

Voilà une bonne petite exposition bien traditionnelle et toute à fait idoine pour le Grand Palais. Rien de révolutionnaire, mais on y trouve une excellente et passionnante étude archéologique et chronologique de cette ville incroyable qui fut Byzance, Constantinople puis Istanbul. Ainsi de la Grêce à la Turquie en passant par Rome, avec toujours cette facette byzantine qui en fait un endroit unique, cette ville a été traversée par les plus grandes civilisations, et elle en garde de beaux restes !

Je parle d’exposition archéologique traditionnelle, car contrairement à la dernière expo dont je parlais et qui n’était pas trop documentée (car on ne sait pas tant de chose que cela sur Teotihuacan), il existe une kyrielle d’objets, d’écrits et de faits historiques qui permettent d’organiser une visite très pédagogique et tape-à-l’oeil. En effet, les différentes civilisations antiques qui se sont succédées, et les cultures ainsi représentées, sont un ferment idéal pour stimuler l’imaginaire du visiteur. De Byzance à Istanbul, c’est un voyage exotique à la fois très proche de nous et de notre « histoire », mais aussi une exploration de cette limite entre Asie et Europe, confluent de religions, d’artisanats et d’arts qui nous interpellent chacun à leur manière.

L’exposition se visite donc de la manière la plus attendue et classique : chronologiquement. Et au fil de la visite, les dynasties passent et trépassent, la ville change de main, se mute, se transforme, s’embellit ou s’enlaidit, découvre de nouvelles fois et aspirations, devient capitale d’empire ou ville de province, et construit peu à peu cette étrange identité protéiforme. On bénéficie au Grand Palais d’un écrin particulièrement immense et riche, avec une scénographie qui met bien en valeur les inestimables objets déposés ici, que ce soit des parures en or, des livres calligraphiés, des vêtements d’apparat, des peintures, des objets artisanaux ou bien des sculptures antiques. Et à chaque avancée, on suit un épisode de l’Histoire byzantine, avec cette ville qui change de nom et de maître, et qui s’enrichit d’un apport supplémentaire. On peut lire les truculentes péripéties politiques romaines, la percée fulgurante de la chrétienté, puis la conquête ottomane et tout ce qui fait le caractère unique et singulier de l’Istanbul d’aujourd’hui.

La luminosité est faible, et on déambule dans une atmosphère assez sombre avec des vitrines qui ainsi mettent bien en valeur leurs contenus. Les indications ne sont pas trop mal, mais j’avais téléchargé le podcast avant de m’y rendre, ce qui m’a beaucoup aidé à resituer les époques. J’ai vraiment aimé la profusion d’objets et de témoignages, ainsi que l’invitation au voyage que cela procure. On ressort de l’exposition avec une envie folle d’aller en Turquie et de goûter à l’atmosphère réelle de la ville d’aujourd’hui, dont on a pu découvrir des ancêtres aussi divers que marquants.

De Byzance à Istanbul au Grand Palais

5 Commentaires

  1. Dieu sait qu’elle est belle cette ville et que de plaisirs à y vivre et à contempler quotidiennement ses merveilles.
    Il y ici une superbe exposition au Musée Archéologique proche de Topkapi, sur les trouvailles archéologiques effectuées dans l’ancien port de Byzance. Un régal .

  2. Kikoo ! ça fait des siècles que je suis intervenu sur ce blog. Il m’arrive toutes les semaines, et presque tous les jours, un truc bizarre. Mes yeux se posent sur l’horloge digitale de mon pc à 14h53. Je crois que dans une vie antérieure, j’ai vécu la prise de Constantinople par les ottomans ! :roll:

  3. Bonjour Matoo,

    j’aime votre blog que je consulte souvent. Une question : où peut-on trouver ce podcast dont vous parlé? Je ne l’ai pas trovué sur le net. Merci.

  4. C’est bizarre, mais de passage à Paris, en grand mazoschiste que je suis peut-être, j’ai pris le temps de faire la queue pour aller voir l’exposition.

    Finalement, une grande partie des pièces venait de Topkapi. Ce qui est logique et si j’avais été mieux avisé, je me serai épargné le calvaire d’une file d’attente coincé entre un ensemble de vieillardes aux cheveux blancs adeptes de l’université du IIIème âge et un groupe de zozos qui ne différencieraient pas un seljoukide d’un altaïque.

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