Les Extrêmes (Christopher Priest)

Christopher Priest m’avait scotché avec « Le monde inverti », mais globalement je suis à chaque fois interdit par la qualité de son écriture. Là encore pour « Les Extrêmes » c’est ce que je retiens du roman, en plus d’un vrai talent pour rendre schizophrène son lecteur le plus terre-à-terre.

Teresa a perdu son mari Andy, alors que ce dernier tentait d’appréhender un serial killer. Le couple faisait partie du FBI, et en tant que tel ils ont été formés aux « Expériences Extrèmes », ou ExEx dans le jargon du FBI. Ces logiciels de simulation permettent, grâce à une interface homme-machine à base d’injection de nanopuces, de vivre des situations dans la peau d’un protagoniste de la manière la plus réaliste qui soit. Ainsi Teresa se met dans la peau de serial killer, de victimes ou de flics pour mieux prévoir les situations à venir. Il se trouve que le même jour où Andy a été tué, il y a eu un autre drame mais en Angleterre, à Bulverton, où un homme a réalisé un vrai carnage. Teresa se rend là-bas pour enquêter et se faire sa propre idée des événements, en complément des insupportables séances d’ExEx qu’elle s’impose, elle pense qu’il y a une véritable connexion entre ces deux événements.

Vraiment je suis entré dans ce roman avec une facilité déconcertante, et j’ai rapidement eu du mal à ne pas continuer à lire en marchant tant l’histoire m’a accroché. On retrouve en revanche énormément de résonances avec des sujets connus, donc ce n’est pas non plus d’une folle originalité. Il y a résolument du « ExistenZ » dans cette imbrication des mondes virtuels, et aussi du « Total Recall » avec ces thématiques de perte de réalité, et de dualité de vision et de vécu. Christopher Priest décrit finalement un univers dans lequel Philip K. Dick se serait senti plutôt à l’aise à mon avis. On pense aussi à « Hypérion » et Fedmahn Kassad qui rencontre l’amour de sa vie dans une simulation des plus belliqueuses.

Ce mélange entre enquête policière et implication émotionnelle de Teresa à Bulverton fonctionne vraiment bien. En revanche, j’ai plutôt été déçu par le dénouement du roman, et par l’impression finale de rester sur ma faim. J’attendais certainement un retournement de situation plus tonitruant, ou encore une conclusion vraiment originale et qui balayerait tout ce que j’aurais pu connaître du même genre. Mais non, au trois quarts du roman, ça pédale un peu dans la choucroute, et la fin arrive plutôt comme un soulagement.

Bref, une opinion en demi-teinte donc, malgré une sacrée belle plume, pour ce Christopher Priest qui mérite bien d’être aussi célébré dans le monde de la SF.

Les Extrêmes (Christopher Priest)

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