The Kids Are All Right

J’y suis allé en ne sachant pas grand-chose sinon que l’histoire parlait d’un couple de lesbiennes avec deux enfants, un garçon et une fille, chacun étant l’enfant biologique d’une des deux mamans. Les jeunes ados avaient été conçus grâce à un donneur anonyme, et l’aînée atteignant l’âge de demander qui est son géniteur, elle se demande sérieusement si elle doit le faire… J’ai eu peur mais je me suis dit Annette Bening, Julianne Moore, Mark Ruffalo, putain de merde ça peut pas être une daube !! Je redoutais surtout un film qui ferait une promotion un peu artificielle de l’homoparentalité, avec des enfants pas bien dans leurs peaux et qui finissent par se retrouver très heureux ou un truc dans le genre…

Je me suis au contraire pris une jolie claque, et j’ai adoré cela. Ce film est un petit bijou d’authenticité, d’originalité et de tendresse sans être mièvre une seconde. J’ai lu quelques critiques ensuite qui reprochait un ton de guimauve ou un déluge de bons sentiments, mais soit j’ai marché à fond, soit c’est une question de sensibilité (hu hu hu). Car à aucun moment, le film ne traite du mal-être des gamins ou même de l’homoparentalité « ce douloureux problème »… La famille formée par ce couple de nanas et leurs enfants apparaît rapidement comme évidente, et leur manifeste nucléarité crève littéralement l’écran. On suit donc les péripéties d’un couple qui gère deux ados, avec tout ce que cela comporte de casse-gueule et de fabuleux, et évidemment en plus de cela la problématique de la conception avec donneur anonyme, et celle d’avoir deux mamans dans sa vie (ce que l’on comprend rapidement puisqu’en avoir une est déjà assez complexe…)

La jeune fille, Joni (Mia Wasikowska, anciennement Alice) décide donc d’entrer en contact avec son père biologique (Mark Ruffalo) ce qui rend quelque peu nerveuses et chafouines les mamans lesbiennes. Le « père » fait donc connaissance avec cette singulière et sympathique famille, et c’est évidemment le début des emmerdes, des sentiments refoulés qui resurgissent et des errements bien naturels avant de retomber sur ses pieds. Le ton est léger et le propos pas vraiment grave ou tragique, il y a même pas mal de saynètes plutôt drolatiques, mais on sent qu’on est juste à la frontière, à la limite d’un scénario qui aurait pu aussi être conçu comme une comédie bien plus dramatique. Là on reste dans le registre « tout est bien qui finit bien » même si une certaine amertume permet de parachever le tout sans sensiblerie superflue ou ambiance ravi de la crèche.

Le film bénéficie évidemment des extraordinaires Annette Bening et Julianne Moore qui sont belles, crédibles, terriblement lesbiennes et très mamans. Elles ne surjouent pas, et le scénario leur permet justement de ne pas céder au cliché gras et facile, tout en en exploitant certains avec beaucoup de tendresse et de sympathique drôlerie. Le risque était grand de tomber dans bien des travers, et moi j’ai trouvé qu’incroyablement tous les écueils avaient été évités (parfois de justesse, et certains penseront que justement si).

Etrangement, je ne connais personne qui ait vu le film, c’est bien dommage car c’est un très bon film…

The Kids Are All Right

15 Commentaires

  1. J’ai bien aimé ce film. J’ai été particulièrement touchée par le personnage de Joni qui porte sur ses épaules le poids et les espoirs d’une famille homoparentale. Un rôle qu’elle interprète avec beaucoup de délicatesse.
    Le seul bémol : les scène de culs hétéro.. j’ai l’impression qu’on en a rajouté pour ne pas trop déplaire à un éventuel public lambda qui de toute les manières n’ira pas voir ce film sauf égarement de dernière minute. :redface:

  2. Moi aussi vu et beaucoup aimé. Le message important du film, c’est bien sûr que « The Kids are alright », car ils sont manifestement très bien dans leurs pompes, mais c’est surtout que deux papas ou deux mamans « are alright ».
    Pas d’accord avec Maka : Les scènes de cul hétéro ne parlent pas à mon sens que de cul hétéro pour rameuter un public mainstream. Elles auraient tout aussi bien pu être des scènes lesbiennes. Ce dont il est question ici en filigrane, c’est surtout de l’usure du désir. Comment fait-on, quelles stratégies met-on en place pour 18 ans plus tard avoir encore envie de son ou sa partenaire ? On le voit bien quand les deux nanas sont au pieu et qu’elles essaient de pimenter leur excitation en regardant un porno gay. Je trouve qu’il y a un ressort comique dans le contraste entre les scène de sexe adultérin débridé où le corps exulte, et le sexe conjugal du samedi soir où on se fait à la longue, il faut bien le dire, un peu chier, et qui tourne court.
    Cela étant, le choix d’une relation adultérine hétérosexuelle permet de signifier que le désir n’a pas de sexe, et que nous sommes tous susceptibles d’éprouver un désir animal pour l’inconnu(e) qui passe parce que c’est dans notre nature surtout après près de 20 ans d’une relation monogame, sans que ça remette en question nos choix affectifs.
    L’intérêt dans le cas présent de cette relation avec le géniteur des deux ados est d’accroître la pression dramatique dans le couple Jules/Nic et majore l’insécurité ressentie par Nic à l’occasion de l’irruption de Paul dans leurs vies ; et qui; en control-freak a le sentiment que la situation lui échappe. Jules ne remet rien en question et se laisse juste guider par son désir, ses hormones et son besoin de renouvellement, qu’elle exprime aussi dans ses choix professionnels. Il y a une certaine cohérence.

  3. Hyper déçu par ce film… Spoiler : Le fait que ces nanas soient excitées par des gays et la scène de cul hétéro font comme si forcément des lesbiennes ne pouvaient pas être tout à lesbiennes. Imagine la même chose dans un film avec un couple de mecs gays : ça foutrait forcément beaucoup de choses en l’air.

  4. Ouais. Clairement pas le film de l’année, ni une vision révolutionnaire ou un poil militante sur l’homoparentalité. Visuellement, c’est très « dans le ton », et Benning est vraiment sous-utilisée (American Beauty, quoi !!).

    Non, vraiment, pas convaincu.

  5. Film touchant, je suis allé le voir le jour de sa sortie (fan de Julianne Moore oblige).

    Difficile d’être objectif sur la qualité du film mais j’ai juste particulièrement savouré la scène où Annette Bening rejoint la « table familiale » après sa « découverte » dans la salle de bain. Superbe

  6. Eric a dit : « Elles auraient tout aussi bien pu être des scènes lesbiennes. » mais elles ne le sont justement pas. Et c’est bien un choix délibéré de montrer des scènes torrides « hétéronormées » (il n’y en a pas une mais plusieurs, alors que je crois qu’on avait bien compris le propos!!!). Du coup, sur ce plan, le film reste dans le cliché : « les lesbiennes au lit… font du tricot :xpleure: « .
    @tac tac : franchement sans aller jusqu’à mater des pornos gay… je trouve que deux mecs ensemble c’est très sexy. :redface:

  7. @ Waka : Quel mot ne comprenez vous pas dans « usure du désir » ?
    N’importe quel couple après 20 ans de vie commune fait du tricot au lit.
    Il se trouve que Lisa Cholodenko est lesbienne en couple stable depuis plusieurs années, mère d’un enfant obtenu d’un donneur de sperme, et elle parle de ce qu’elle connaît. Je crois vraiment que l’hétéronorme, elle n’en a strictement rien à battre. Elle joue à renverser les codes dans cette histoire : le petit couple pépère bien établi dans la vie, qui ronronne doucement et où tout est bien planifié, c’est le couple lesbien. Le franc-tireur qui ne sait pas où il habite et jette sa gourme à l’envi, ouvre sa braguette sans réfléchir aux conséquences, c’est l’hétéro vieillissant qui finit par se poser quelques questions sur le sens de sa vie, et cherche alors à se raccrocher aux branches. Mais c’est sans doute moi qui n’ai rien compris à ce film.

  8. Cher Eric, j’aime beaucoup confronter mes idées et penser différemment de toi ne veut pas dire que j’ai des problèmes de compréhension…. :tirelangue:

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