Nos étoiles ont filé (Anne-Marie Revol)

Nos étoiles ont filé (Anne-Marie Revol)

Ce bouquin, je ne peux pas vraiment en parler comme je le fais habituellement. Déjà parce que ce n’est pas un sujet de fiction, mais un de ces faits-divers sordides dont on reste épouvanté la journée quand on le lit dans le journal le matin. L’auteur, Anne-Marie Revol, raconte comment en août 2008, elle a perdu ses deux petites filles, Pénélope et Paloma, dans l’incendie de la maison de ses parents. Ensuite, l’écrivain est « Marie » pour moi. Marie de « Marie et Luc ». Luc qui est le meilleur ami de mon ex amoureux à qui j’ai consacré assez de billets ici : M.

Nous venions de passer une semaine de vacances ensemble en Bretagne, et quand M. (qui est cité plusieurs fois dans le bouquin) m’a appelé pour m’apprendre la nouvelle, j’étais comme beaucoup de monde estomaqué, et lui-même avait du mal à digérer la chose. Il s’est ensuite rendu rapidement auprès de Luc et Marie pour les aider. Je n’ai jamais su comment réagir, et si je devais ou pouvais réagir. Cela faisait quelques années que je ne les avais pas vu, depuis la rupture, à part deux ou trois fois dans le coin de République par hasard. Je me souviens à l’époque avoir voulu envoyer un mot, et puis j’y avais renoncé. Il me semblait que c’était déplacé, et que ça faisait trop « scoop » et en décalage avec notre relation. En revanche, je m’étais dit que la meilleure chose à faire était de soutenir M. et de l’aider à être assez fort pour à son tour aider ses amis. J’appliquais une sorte de règle de transitivité amicale, dont j’ignore si elle a vraiment porté ses fruits.

En réalité, j’avais écrit un mot un mois plus tard, mais je ne l’ai pas envoyé. Autant pour les raisons indiquées plus haut (décalage, indécence), mais aussi parce que j’étais comme je suis toujours, un peu trop terre-à-terre, un peu trop stoïcien, et je sais que les gens ne sont pas toujours prêts à entendre cela.

J’ai lu avec bonheur ce livre, malgré son funeste sujet, parce qu’il traite de la manière dont ils se sont relevés de ce drame. En cela, il est plein d’espoir et de perspectives de joies à venir. Marie y écrit des lettres à ses deux gamines, et elle fait cahin-caha son deuil, et elle dit l’indicible, et elle explique comment ils se remettent peu à peu à rire et à vivre. Il y a évidemment des hauts et des bas, des recours aussi (que ce soit la religion ou le psy), beaucoup d’amis et surtout beaucoup d’amour entre les deux parents (elle évoque aussi d’ailleurs cette inextricable et insoluble perte du « statut » de parent).

J’ai lu différemment l’ouvrage puisqu’il me semblait l’avoir en face de moi à chaque paragraphe, et je suis admiratif du ton et du procédé. C’est bien elle, c’est bien lui aussi. Ils ont certainement été sérieux quand ils se sont demandés s’il ne valait mieux pas se suicider, mais finalement ils ont surmonté l’insurmontable, et un enfant est venu confirmer leur choix, et le bien-fondé de ce dernier. Le bouquin est un incroyable exercice de catharsis, et j’ai été rassuré quelque-part de constater qu’ils partageaient finalement un peu de mon stoïcisme.

Nos étoiles ont filé (Anne-Marie Revol)

7 Commentaires

  1. Comme je te le disais, j’ai essayé de le lire mais c’est un peu hard pour moi.. Je réessairai à un autre moment je pense. De quoi admirer l’auteur en tout cas.

  2. :tresgene: La douleur de perdre un enfant ,n est comprise que par toutes ces Mamans,qui ont vécus ce drame!,Mon fils n avais « que »5 mois »,mais ,c est 5mois de sourires,de gazoullis,de biberons,de nuit blanches,de couches à changer,de Bonheur!on ne fait pas son deuil,de cette perte,on avance avec,et on se demande comment on a fait ,quelques années après ! J ai la chance,comme vous d’ avoir un Mari formidable,avec qui ,j ai partagé tous celà! Mais c est pas évident,tous les jours!!
    Je pense que vous avez entièrement raison,de continuer à parler d’ elles! Juste,qu il faut protéger Lancelot,car les frères et sœurs,subissent nos états d’ âmes aux dates d’ anniversaires!je me permets de vous prévenir,car,ma fille ,qui a traversé tous celà,, et a eu beaucoup de mal!!
    J espère ,une vie heureuse,pour vous ,à présent,et je vous remercie pour votre livre!!trop émouvant,et tellement vrai,,,,,, :coeur: :coeur:

  3. bonjour;je vous admirai deja beaucoup ;votre visage resplendi la bonte ,j ai apris par hasard la nouvelle ;je vous admire encore plus ;votre courage ;qu el exemple; ;je vous aime beaucoup que votre vie soit douce pour votre famille cordialement :coeur: :
    :

  4. J’ai cherché un endroit sur le net pour parler avec Anne Marie Revol . Est-ce bien l’endroit pour ?
    J’ai 56 ans .Je vis seule, suis en invalidité et j’ai perdu mon fils unique, Frédérick , le 26mai 2011!
    Quelques semaines après ce terrible drame, j’ai entendu parlé de vous, de votre douloureuse histoire et de votre livre !
    Je n’ai pas lu votre livre car j’essaye de « gérer » comme je peux ce deuil affreux! Je n’ai pas eu le courage de me plonger dedans …par crainte de me « perdre » !
    Perdre un enfant n’est « réel » que lorsque c’est le notre …car sinon, personne ne peux prendre la mesure de cette perte étrange, qui n’est pas « prévue » socialement et humainement , si je puis dire !!
    Je suis une mère « désenfantée » et tout comme il faut s’inventer un « nom », il faut inventer la vie sans l’enfant !
    Vous semblez dire que la foi vous a aidée…moi-aussi, qui avais oublié d’être croyante ! Mais croire, c’est croire en l’Amour entre mon fils et moi et je me « sens aidée pour cela »
    Pourrai-je vous écrire plus longuement !
    Pouvez vous me faire signe ?
    J’ai lu que vous aviez un nouvel enfant , de l’amour à vivre donc !

    Bien cordialement, avec tendresse en plus !

  5. A l’attention d’Anne Marie Revol

    Bonjour,

    Je suis en train de lire votre livre qu’on m’a offert il y a 3 ans et qui me bouleverse. Je n’ai pas pu le faire avant car pour moi aussi mes étoiles ont filé un 6 mars 2010 à La Réunion. Mon fils, qui a votre âge (je ne peux pas en parler au passé) et son épouse sont décédés dans un terrible accident de canyoning laissant deux petites filles de 7 et 10 orphelines.

    Si pendant tout ce temps qui s’est écoulé les gens me disent que je suis très courageuse ils ne savent pas combien le mal me ronge,
    Je sais qu’ils se sont vus mourir et ont du terriblement souffrir. Cela me hante jour et nuit. Vous, vous avez eu le courage de prendre la plume moi je voudrais mais je suis bloquée par la douleur. Peut être un jour j’aurais ce courage et alors je pourrais peut être trouver le repos même si cette blessure demeurera à jamais ouverte.
    Si vous avez un conseil à me donner il sera le bienvenu.
    Merci, je vous souhaite tout le bonheur du monde même si, nos vies seront jamais ce qu’elles étaient.
    Patricia

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