Encore un tour de pédalos (Je hais les gais) au Théâtre du Rond-Point

Encore un tour de pédalos (Je hais les gais) au Théâtre du Rond-Point

Je suis assez féru en général des spectacles du Théâtre du Rond-Point, et là en plus il s’agissait d’un truc bien pédé (d’un auteur connu et reconnu dans le milieu du spectacle musical), conseillé par Orphéus himself, donc je me disais que cela augurait du bon ! Arghhhh, je n’ai vraiment pas aimé ça… Cela se voulait, selon les textes de présentation, anti-cliché et égratignant la bienpensance gay parisienne… Au contraire d’Orphéus, j’ai plutôt été optimiste les premières minutes, et puis à mesure que les chansons se sont succédées, j’ai carrément déchanté.

Il s’agit d’un tour de chant assez minimaliste exécuté par quatre chanteurs obviously gay et tous les quatre bien typés : un blanc (Philippe d’Avilla), un black (Steeve Brudey), un beur (Djamel Mehnane), un feuje (Yoni Amar). La scène est plutôt dépouillée, et les quatre hommes réalisent aussi quelques chorégraphies qui illustrent avec plus ou moins de bonheur les chansons. Je dois reconnaître que les chanteurs sont plutôt doués, et que même quand ce n’est pas vocalement épatant, il y a un charme global qui se dégage de la plupart des prestations.

Les textes… Alors d’abord une petite précision sur l’historique du spectacle :

Il y a trente ans, en complicité avec Jean-Michel Ribes, Alain Marcel et ses complices triomphaient dans Essayez donc nos pédalos, coup-de-poing dans le bas-ventre des idées reçues. En France ou off-Broadway, ces premiers Pédalos répondaient en 1979 aux préjugés véhiculés par le succès de La Cage aux folles. Ils tordaient le cou à une middle class rance qui confondait déjà pédé et pédophile, sexualité et maladie. « Nous les tantes », chantaient-ils en choeur.

[Source]

Bon ok… Donc ça a super bien marché et c’était il y a 30 ans un tour de force par rapport à l’époque et son homophobie encore largement répandue. Je veux bien le reconnaître. Et là clairement, le scénario a été révisé, et en effet on y trouve quelques mise en boite de certaines typologies de pédé. Ok ok. Mais pourquoi le faire avec tant de vulgarité même pas drôle ? Et surtout pourquoi choisir des mecs bien foutus et jolis garçons qu’on finit par mettre à poil ? Nan mais c’est pas du cliché ça, et quel intérêt sans déconner ? Bah moi j’en vois aucun… Un chasseur de clichés actuels qui ne voit pas à quel point il cultive ceux d’hier et d’avant hier.

Cela m’a un peu fait l’effet d’un « Equus » dont la mise en scène et le mode opératoire faisaient vraiment spectacle pour exciter des vieux pédés. Eh bien là idem, j’ai eu l’impression que c’était dans les textes et les chorégraphies uniquement des références et une « gestuelle » pour plaire et exciter des gays d’un certain âge (qui peuplaient largement le public). Je n’ai pas du tout été sensible aux métaphores véhiculées, et même à des rapprochements spécieux. Malgré quelques sourires ça ne m’a vraiment pas plu…

Encore un tour de pédalos (Je hais les gais) au Théâtre du Rond-Point

3 Commentaires

  1. Oulala ! Tant que ça ! Comme quoi les goûts et les couleurs…
    J’étais sur le point de te demander de m’excuser pour t’avoir enduit d’erreur, mais comme tu es à la limite de me traiter dans ce billet de vieille lubrique, je considère qu’on est quitte ! :yeuxlove:

    (Sinon, je vais voir « Le Sauna » le 8 Février au Théâtre Clavel. Je te dirai…)

  2. Mouahaha. :tirelangue:
    Je continuerai tout de même à te faire confiance, parce que je suis aussi une vieille lubrique après tout !!!
    (Nan mais « Le Sauna » là je peux pas… et pourtant j’ai aussi lu quelques bonnes critiques.)

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Petite opération antispam à résoudre : * Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.

:bye: 
:good: 
:negative:  
:scratch: 
:wacko:  
:yahoo: 
B-) 
:heart: 
:rose:   
:-) 
:whistle: 
:yes: 
:cry: 
:mail:   
:-(     
:unsure:  
;-)  
 
Partages