On n’y voit rien – Descriptions (Daniel Arasse)

On n'y voit rien - Descriptions (Daniel Arasse)

C’est après avoir discuté « art » avec mon ex boss qu’elle m’a offert ce bouquin. Je disais que j’aimais beaucoup les descriptions et explications de peintures, et notamment cette émission d’ARTE « Palettes » qui se prend grave la tête à coup de dissections géométriques et fouilles de l’histoire de l’Art. Donc j’ai dévoré ce bouquin en quelques heures, et j’ai vraiment adorer me plonger dans ces tableaux classiques tout en profitant de ces « descriptions » éclairées.

Ce qui est original, c’est qu’on a plus l’impression que l’auteur, un vrai critique d’art Daniel Arasse, est en train de deviser dans un rade avec une bière et un bol de cacahuètes. Il met tout de suite son lecteur à l’aise, on ne va pas se prendre la tête, on va ouvrir nos chakras, et essayer d’être simple et imaginatif. Les chapitres sont autant de descriptions d’oeuvres mythiques (que je ne connaissais pas toute, ignare que je suis) de Tintoret, Titien ou Bruegel. Daniel Arasse décrit d’abord le tableau, le situe parfois dans son contexte artistique et historique, parle du peintre, et puis il commence à regarder avec une fausse candeur et peu à peu il dévoile symboles après symboles et hypothèses après interprétations, des plus crédibles aux plus loufoques, et parfois même il reconnaît qu’il faut en arrêter là avec la masturbation intellectuelle.

Le premier texte est celui qui m’a le plus plu, car il est extrêmement drôle et enlevé, mais en plus il se focalise sur un élément minuscule de la scène : un escargot au bas de l’Annonciation (1470) de Francesco del Cossa. La page wikipédia du peintre évoque d’ailleurs ce premier chapitre du bouquin. Et c’est vrai que je n’avais pas vu ce putain d’escargot complètement incongru qui a des proportions surréalistes, et dont la représentation est assez unique dans l’histoire picturale (des Annonciations). Et là, les possibles significations fusent et c’est jouissif. Si vous voulez en savoir plus sur l’escargot et Daniel Arasse, voilà un site qui en dévoile la teneur.

Ce bouquin est très agréable à lire, et on a la sensation découvrir beaucoup de choses tout en apprenant un peu à aiguiser son regard, et à libérer son imagination quand on regarde une toile au musée. En plus de cela, le ton de l’auteur, à la fois drôle, ironique et grinçant, et aussi un brin provocateur et supérieur, apporte beaucoup de distance et de détachement à une activité plutôt élitiste et dont on se sent souvent trop béotien pour même songer avoir une opinion propre.

On n'y voit rien - Descriptions (Daniel Arasse)

3 Commentaires

  1. Si je peux me permettre, ce volume est un peu fade. Je lui préfère grandement le second, paru ensuite, « Histoire de Peintures ». Le ton est peut être un peu moins badin mais le propos est clairement plus instructif.
    Il ne faut pas hésiter non plus à lire ses ouvrages plus vieux et plus sérieux parus chez Champs-Flammarion. On retrouve le style alerte et la documentation est ici vraiment enrichissante.

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