Minuit à Paris

Minuit à Paris

Le film était attendu parce que c’est un Woody Allen, mais en plus un Woody Allen à Paris, et à priori un film choral qui dit son amour à Paris. Mais quelle déception… Ce n’est pas non plus un navet car on est sur une oeuvre qui bénéficie d’une solide production (on n’en espère pas moins) et d’une pléiade de comédiens. Mais le même film par un autre que Woody Allen, filmé de la même manière avec des acteurs lambda ne serait pas loin d’être une daube.

Cela débute par des plans de Paris qui sont dignes d’une bande-annonce touristique de la Ville de Paris, ni plus ni moins tant ce n’est pas filmé avec brio et que ce sont le paroxysme des images d’Epinal parisiennes. Et après on retrouve une histoire totalement typique de Woody Allen, avec comme d’habitude son incarnation (maintenant qu’il est vraiment trop vieux pour jouer les jolis coeurs) interprétée par Owen Wilson qui ne se débrouille pas si mal. Ce dernier est avec sa petite amie et ses futurs beaux-parents qui sont des américains aisés classiques. D’ailleurs c’est tellement classique qu’ils sont logés au Bristol, et que la vision parisienne de Woody Allen souffre aussi certainement d’une pratique de Paris accessible à bien peu de gens (américains ou français).

Alors qu’Owen Wilson erre un soir dans Paris, et qu’il est complètement sous le charme de la ville, il se retrouve dans les années folles et y rencontre une foule de gens connus et des artistes de l’époque. Là c’est le délire pur, rappelant les grandes heures du Paris des artistes (années folles et même début 1900), et avec des comédiens tous plutôt bons incarnant les saltimbanques de l’époque : Gertrude Stein (Kathy Bates), Picasso (Marcial Di Fonzo Bo), Buñuel, Zelda et F. Scott Fitzgerald, Ernest Hemingway, Salvador Dali (Adrien Brody), Joséphine Baker (Sonia Rolland), et j’en passe et des meilleurs.

La narration ainsi mise en place est d’un inintérêt assez monstrueux, avec quelques sommets lorsque Carla Bruni commet ses quelques minutes de jeu. La pauvre, elle est vraiment très mauvaise et mal à l’aise, c’est terrible à voir. Le film aurait pu avoir un certain charme, mais il est rapidement rompu par la surenchère de personnages historiques qui finit par carrément écœurer, et l’eau de boudin dans laquelle se termine l’histoire n’arrange pas les choses… J’ai vraiment trouvé que Marion Cotillard sauvait un peu la mise avec une belle présence et un Woody Allen qui a bien su capter sa beauté et son mystère.

Mais quel film « inutile »…

Minuit à Paris

10 Commentaires

  1. Après avoir vu ce film, j’ai juré devant témoins ;) qu’on ne m’y reprendrait plus.
    L’acteur au phrasé identique à celui de W Allen. Un ramassis de clichés sans intérêt.
    Et la musique qui commente chaque seconde du film.
    Pénible.

  2. Moi il y a une chose que j’ai appréciée dans le film. Si Woody Allen peint un tableau rêvé du Paris d’aujourd’hui et surtout d’antan, il détruit quand même complètement ses compatriotes américains friqués. Ceux qui ont les moyens de voyager et d’avoir une culture étendue mais qui restent bouseux dans l’âme.

    Hormis le personnage principal qui est fou de Paris, les autres américains vus dans le film sont quand même antipathiques, dépeints comme des personnes étalant une culture erronée (le « pédant » étale sa culture et commet des erreurs), des personnes se sentant complètement supérieurs et alors comble du comble, des ignares préférant leur culture cheap et toute récente face à la culture française (la scène de dégustation de vin où le père de la fiancée dit préférer sa piquette américaine à un grand cru français).

    Et alors ce qui m’a COMPLETEMENT choqué c’est ce couple français qui soit disant ne parle pas anglais et n’aide pas le héros à se retrouver dans la rue. Je n’ai JAMAIS vu ça à Paris. C’est quand même les américains qui pensent que comme tout le monde parle anglais ils n’ont pas besoin d’apprendre d’autres langues hein !

  3. Pas d’accord. J’ai apprécié ce film.

    Certes, les ficelles sont énormes, le jeu des acteurs inégal, etc, etc. Cependant nous sommes dans l’imaginaire d’un type où tout est caricatural (y compris les ricains pour le coup).

    J’ai adoré l’intervention de Carla Bruni qui m’a bien fait rire. Certes ce n’était peut être pas voulu.

    Personnellement j’ai plutôt passé un moment agréable, et moi qui a parfois des travers nostalgiques, je retiens l’idée que l’age d’Or de Paris, c’est maintenant les gars.

  4. je plussoie: cet opus est décevant. En fait cet amoncellement de clichés (sans même parler de l’horrible séquence d’ouverture) laisse à penser que cet opus est plus à destination d’un public non français.

  5. Pour ma part, ça faisait longtemps que je n’appréciais pas autant un Woody Allen. J’ai été assez sensible à l’hommage à son « âge d’or ». Après, c’est sur que c’est pas un film « indispensable », mais j’ai quand même trouvé W. Allen moins en roue libre que sur ces deux ou trois dernières productions. Il a même réussi l’exploit de rendre Marion Coquillard moins antipathique que d’hab, c’est dire ;-)

  6. C’est marrant parce qu’en sortant du film je me suis dit: j’ai adoré, mais je ne vois vraiment pas à qui le conseiller (à part à ma maman) tellement mon appréciation est personnelle.

    Et en lisant l’article, je me dis qu’à l’inverse j’ai vraiment aimé cette plongée dans Paris des années folles, que ça m’a fait regretter de ne jamais avoir lu The Great Gatsby ou du Hemingway (pour ne citer qu’eux), et désirer le faire pour le plonger dans cette culture que je ne connais que très superficiellement. Et avec ça, cet amour de l’avant (qui est typiquement français en plus ^^), dénoncé surement avec de grosses ficelles a la fin ; ces petits clichés drôles ; ce verbiage woodyen ou meme l’apparition de Carla (qui n’est pas si mal quand on se dit qu’on ne regarde pas un navet) ; j’en suis sorti souriant et avec une logorrhée impressionnante :-p

    Mais je suis content de voir que je ne me trompais pas sur le fait que ce film ne plairait que très spécifiquement. :-)

  7. Kern> Mais je suis à mon tour vraiment ravi de lire des critiques positives, et moins neuneu que celles des journaux. D’autant plus que je peux comprendre ce plaisir « spécifique », comme certains films, navets pour la plupart, produisent un effet similaire chez moi. Merci !!! :xkiss:

  8. :coeur: Je passe peut etre pour une vielle gourde, mais j’ai adoré ce film. Le debut kitsch du film est à mon avis voulu, je vis depuis 40 ans dans cette ville, cette petit promenade a mis les choses en place : les lumières très jaunes me paraissent comme une gentille parodie d’un prospectus touristique. Je trouve ce film a un charme fou, mais le plus grand mérite est qu’il montre les Hemmingway, Picasso et d’autres personnages de l’epoque en jeunes adultes et pas – comme c’est presqie toujour le cas – en vielles croutes au delà du bien et du mal. Le choix de Carla bruni pour ce petit role est excellent, elle fait son travail sans frime, et c’est là le genie de Woody Allen : Je suis allé à la caisse du cinema et j’e me suis adressé à la caissière avec les mots : »alors, la Bruni a dejà commencé ? » Avoir demandé à Carla de participer à ce film prouve l’humour et bien sûr le sens de la publicité de Woody Allen.

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