L’Archipel du Rêve (Christopher Priest)

L'Archipel du Rêve (Christopher Priest)

Je commence à bien me familiariser avec l’oeuvre de Christopher Priest, et même si Le monde inverti reste un bouquin vraiment marquant par rapport aux autres, je comprends qu’il soit autant considéré comme une pointure de la SF d’aujourd’hui.

« L’Archipel du Rêve » est un bouquin extrêmement étrange et plutôt difficile à appréhender dans son ensemble, mais indéniablement attachant et bourré de charmes. Il s’agit d’un recueil de nouvelles, mais on dispose à la fois d’une grande unité dans l’écriture, la thématique, les lieux et les « règles », tout en lisant des histoires sans aucun rapport les unes aux autres. J’ai énormément accroché aux prémices du bouquin qui correspondent à un passionnant prémisse auquel les fans de SF ne peuvent qu’être sensible. On nous explique ainsi en quelques pages le contexte des nouvelles. Nous sommes dans un monde assez bipolaire avec une guerre qui sévit entre le nord et le sud. Entre ces deux grands continents, on trouve un archipel d’îles paradisiaques sur l’équateur qui reste totalement neutre. Ces îles sont pendant tout le livre un lieu où tout le monde voudrait aller pour échapper à la guerre et à ses affres. On apprend surtout une drôle de singularité temporelle sur ce monde. En effet, il n’existe pas de décalage horaire dû à une sorte de translation temporelle graduelle qui met tout le monde au diapason. Donc quel que soit l’endroit, le soleil se lève et se couche en même temps sur toute la planète. Lorsque les transports modernes ont été inventés, les hommes ont donc été confrontés à de drôles de phénomènes avec des voyages très courts leur permettant d’aller beaucoup trop loin, et réciproquement. Un vortex temporel se trouve à l’équateur, et en l’utilisant judicieusement les avions peuvent en 20 minutes de vol parcourir la moitié de la planète.

Aaaaah j’ai adoré ce truc de phénomène temporel, et je m’attendais à ce qu’il soit clef dans des histoires avec une veine très SF. Mais là j’ai été très déçu parce que Christopher Priest n’utilise simplement jamais ce phénomène… Huhuhu. Et d’ailleurs, la SF n’est presque pas présente, sinon pour présenter des peuplades avec des moeurs particulières ou quelques inventions futuristes (notamment des « scintilles » sorte de microparticules espionnes). Sinon les nouvelles se succèdent avec plus ou moins de bonheur sur des sujets assez divers. Elles se rejoignent sur de fortes tensions sexuelles, et sur un questionnement concernant l’individu dans la société, la guerre ou l’autoritarisme.

Difficile de dire que j’ai adoré ce bouquin, mais je ne peux pas dire que ça m’a déplu non plus. Principalement parce que c’est merveilleusement bien écrit, fort intrigant et parfois plutôt bien troussé. Mais au final, il y a un sentiment d’inachevé, de brouillon, ou peut-être plus simplement de volontairement mystérieux et obtus. Je crois que c’est le genre de textes sur lesquels on pourrait voir des thésards plancher quelques années…

L'Archipel du Rêve (Christopher Priest)

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