I will always love you (version 1785)

A Metz, à minuit, le 11 septembre 1785.

[…] Je voudrais bien cependant vous dire quelque chose de plus tendre tous les jours, car je sens que ma tendresse augmente toujours. Mais je suis réduit à vous dire sans cesse que je vous aime. Comme c’est froid pour ce que je sens. Plaignons-nous à cette pauvre langue française qui a si peu d’expressions pour l’amitié. Si c’était moi qui l’eus inventée, j’aurais choisi pour une union commençante « Je vous aime », quand les sentiments auraient été plus vifs, j’aurais dit « je vous adore » et puis quand on aurait été au point où nous en sommes (je veux dire, où j’en suis), alors j’aurais trouvé une expression plus forte, plus énergique et qui n’aurait jamais été employées qu’à ces extrêmes. En attendant que quelqu’un rende ce service à la nation, je vous embrasse ma Pauline, bien tendrement. Et voilà encore de ces manières de parler communes à trop de choses et que je n’aime pas. N’écrirais-je point à ma soeur de même qu’à vous « Je vous embrasse » et cependant si j’avais le bonheur de vous embrasser, vous sentez que c’est bien différent d’un baiser de soeur.

Citation extraite de « ÉCRIRE LA RÉVOLUTION : 1784-1795 – Les lettres à Pauline » de Gaston de Lévis. Page 174.

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