L’assassinat de la dame de pique (Julien Campredon)

L'assassinat de la dame de pique (Julien Campredon)

Le bouquin partait plutôt bien pour moi… Sept nouvelles d’un jeune auteur dont la plume me paraissait bien alerte et sympathique, et sur un thème qui m’interpellait : le renoncement aux choses. En plus il développe un univers absurde assez délirant et travaillé qui m’a un peu fait penser aux romans de Fforde avec la fameuse Thursday Next.

Vu le ton que j’emploie, il y a un « mais » parce que pour le moment on dirait que j’ai adoré ce bouquin. Et pas vraiment… Ce n’est pas mauvais du tout, c’est certain. Le style est vraiment chouette, ainsi que l’imagination et l’inventivité globale de l’auteur. J’aime aussi les univers où ils nous emmènent en quelques phrases, même si j’étais un peu frustré parfois de n’avoir affaire qu’à des nouvelles avec ce qu’il déploie comme paradigmes loufoques. Le souci majeur, selon moi, réside dans le fond même du bouquin, dans la démarche de l’auteur que je n’ai pas comprise. Cette histoire de « renoncement » et d’abdication, d’abandon de responsabilité voire d’existence (qui n’est pas sans faire penser à ce bouquin de Martin Page dont j’ai parlé récemment) ne me paraît pas très bien illustré par ces nouvelles. J’ai l’impression de l’idée de base est bonne, que les univers dépeint sont irrésistibles, avec un humour au rendez-vous et quelques personnages truculents, mais ce qu’il se passe (la narration, l’articulation des idées et des péripéties etc.) ne va pas du tout.

En fait, c’est souvent chiant ou cryptique au possible avec une fin en eau de boudin. Or, autant je suis preneur du surréalisme et du décalage le plus énorme et drôle, autant j’ai du mal avec un absurde gratuit jusqu’au bout. J’ai besoin de me raccrocher à un repère concret, par exemple par le biais de rapprochements clairs entre ce qui est décrit et notre monde bien réel. Là qu’on parle de « renoncement » ou pas, c’est tellement barré que je ne vois pas l’intérêt pour « nous », et donc cette gratuité du nawak fait un peu baisser mon attention de lecteur. Il reste un plaisir de lecture tel que j’ai pu le décrire, avec un style et des idées, mais cela ne suffit pas.

Je serais vraiment intéressé par lire un roman de cet écrivain pour voir si vraiment ça tient la route quand on lui donne le temps de développer une intrigue et une trame romanesque. Apparemment c’est son second recueil de nouvelles, et je salue tout de même toutes ses qualités d’écriture et d’imagination. Là je suis sans doute passé à côté ou alors ce n’est pas mon truc !

L'assassinat de la dame de pique (Julien Campredon)

1 Commentaire

  1. J’ai été un ptit peu déçu aussi. Son premier opus (Brûlons tous ces punks pour l’amour des Elfes) était davantage inspiré et chaque nouvelle plus cohérente, même si l’on avait parfois l’impression d’être face à un fragment d’une histoire plus vaste dont ne nous seraient livrés que quelques instants.

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