Les liaisons dangereuses au Théâtre de l’Atelier

Les liaisons dangereuses au Théâtre de l'Atelier (John Malkovitch)

J’avais beaucoup entendu parler de cette pièce et surtout de sa mise en scène signée par le très célèbre et célébré John Malkovich. Eh bien, c’est justement un des éléments qui m’a le plus plu dans la pièce, avec les décors, costumes et bien sûr cette histoire qui traverse les siècles en demeurant d’une redoutable actualité. Car retrouver les joutes verbales entre Merteuil et Valmont, et se replonger dans ces intrigues mêlant perversité, aventures sexuelles et manipulation de haut-vol, conservent une fraîcheur qui en dit long sur les moeurs de notre société.

La pièce est vraiment d’une excellente facture, et sa première qualité est de fournir un divertissement très efficace et qui ne souffre pas trop sur la longueur. Allez c’est un tantinet long sur la fin, mais c’est vraiment pour être tatillon que je dis cela. Encore une fois, les décors et costumes sont originaux et surfent agréablement entre l’époque du roman et une vision un peu plus contemporaine. J’ai beaucoup aimé les robes à moitié déchirées avec les paniers apparents, et un décor assez mobile qui dans la dernière partie de la pièce se transforme avec beaucoup d’emphase. Ensuite, le plein de compliments pour Malkovich et sa mise en scène puisque c’est le point fort du spectacle. Les comédiens occupent bien l’espace, et l’action est très vive et soutenue, ainsi on bénéficie de ce texte jouissif et délectable mais aussi d’un rythme et de trouvailles scéniques qui fonctionnent vraiment bien. Les comédiens restent tous sur scène par exemple, et s’assoient autour sur des chaises pendant qu’ils ne jouent pas, comme s’ils rejoignaient les spectateurs que nous sommes. Et globalement, j’ai apprécié la grande fluidité dans l’enchainement des scènes et des actes, tout est agréablement chorégraphié et équilibré.

Bon là où le bât blesse ce sont les comédiens… Aïe. Le point positif malgré tout c’est la jeunesse de ces interprètes, et le fait que leurs âges collent bien avec ceux des protagonistes qu’ils jouent. Mais on sent que ces lignes qui fleurent bon le XVIIIème siècle ont parfois du mal à prendre place dans leurs bouches, et on assiste à des bafouillages, hésitations ou prononciations malhabiles qui troublent un peu le spectateur exigeant (que je ne suis pas trop). Autant j’ai aimé un Valmont très dandy et plutôt pas mal, autant j’ai été un peu déçu par Merteuil que je ne trouvais pas assez pétulante et charismatique. Mais le pire c’était du côté de Danceny qui n’était carrément pas à la hauteur dans le fond et dans la forme… Bref on avait l’impression qu’il s’agissait de bons jeunes comédiens, et j’ai apprécié qu’on leur donne ainsi cette chance, mais du coup cela diminue un peu la qualité de la pièce.

J’ai malgré tout dans l’ensemble passé un très bon moment, et je me suis dis en sortant que cette histoire et ce texte avaient encore devant eux bien des lustres avant de sombrer dans la désuétude.

Les liaisons dangereuses au Théâtre de l'Atelier (John Malkovitch)

1 Commentaire

  1. Etonnant (et amusant) de lire ici exactement ce que j’ai pensé des comédiens. Merteuil n’était pas assez garce et retorse et Danceny avait autant de présence (et les mêmes intonations !!) que Steevie Boulay !
    En revanche Valmont et Tourvelle étaient vraiment bons.
    Ca reste tout de même un bon spectacle, inventif dans sa mise en scène (malgré une affiche « trompeuse » qui ne lui rend pas hommage)

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