L’honneur de Sartine (Jean-François Parot)

L'honneur de Sartine (Jean-François Parot)

C’est le 9ème de la série, et je la suis depuis le début avec beaucoup de plaisir, c’est aussi le 6ème que j’ai l’opportunité de chroniquer ici. Il s’agit d’un rendez-vous annuel romanesque qui donne l’occasion de retrouver ce cher Commissaire au Châtelet, Nicolas Le Floch. Mais comme je le disais précédemment, tout cela a tendance à bien s’user…

En effet, mêmes personnages, mêmes intrigues, mêmes ressorts et gimmicks littéraires qui ne m’enthousiasment plus trop. Même si à chaque fois, je trouve que la qualité globale s’améliore, et que ce livre-ci m’apparaît comme le mieux écrit et de loin le plus sagace pour sa gestion des intrigues. Parfois je reprochais à Jean-François Parot d’avoir un peu bâclé les enquêtes, et de m’avoir perdu dans des explications obscures. Mais là le dosage entre la partie policière, la trame historique, les approfondissements des personnages et les petites anecdotes parisiennes habituelles est remarquable. Du coup le roman est particulièrement fluide et agréable à lire.

On se rapproche un peu plus de la révolution française dans ce roman puisqu’on est en 1780, on sent que le peuple commence sérieusement à s’échauffer. Il y a de plus en plus de mauvaises choses qui se disent sur la reine tandis que la France aide les américains à lutter contre nos ennemis héréditaires, les anglais évidemment. L’histoire est principalement celle du crime d’un ancien contrôleur général de marine qui posséderait des papiers secrets qui pourraient discréditer complètement Sartine, Ministre de la Marine de Louis XVI, l’ancien protecteur et mentor de Nicolas Le Floch. On retrouve évidemment le petit Louis de Ranreuil (le fils de Nicolas), l’ancien chirurgien de marine Semacgus, le notaire Noblecourt, l’inspecteur Bourdeau mais aussi le bestiaire classique avec le chien Pluton, la chatte Mouchette, le cheval etc. Bon moi je connais tout cela par coeur, et c’est toujours sympa d’avoir des nouvelles de ces personnages si familiers. En revanche, il est comme d’habitude impensable pour l’auteur d’en faire autre chose que des héros intouchables, et parfois vraiment à l’humanisme anachronique.

On a aussi les habituelles descriptions culinaires de l’époque avec recette à l’appui, mais là ce qui m’a énormément intéressé c’est le démarrage de l’histoire avec le commissaire aux prises avec une foule énervée à cause du cimetière des Innocents. J’avoue que je ne connaissais rien sur ce cimetière, ignorant que je suis, et du coup j’ai appris des choses ! Le cimetière des Innocents en plein centre de Paris, juste à côté des Halles (d’où la Fontaine des Innocents d’aujourd’hui), était en service depuis les Mérovingiens, et dans ce Paris insalubre du 18ème siècle Nicolas Le Floch découvre des habitations dont les caves craquent sous l’amoncellement des cadavres en putréfaction. C’est tout le quartier qui est touché par ces infections et les maladies associées à tous ces corps enterrés en décomposition. On a à la même époque enfin décidé de réhabiliter le quartier et d’arrêter d’utiliser le cimetière. Les os et squelettes ainsi récupérés ont été mis dans d’anciennes carrières souterraines de Paris d’où les catacombes !!!

L'honneur de Sartine (Jean-François Parot)

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