L’Adversaire (Emmanuel Carrère)

L'Adversaire (Emmanuel Carrère)

Comme à peu près tout le monde, j’ai vu le film, et donc j’ai pensé que le bouquin me marquerait un peu moins. Je me demandais aussi comment Emmanuel Carrère avait bien pu échapper au sordide et au voyeurisme d’un pareil récit. Mais c’était sans compter sur le talent de l’auteur… Car le roman n’est pas tant un exposé des faits qu’un récit passionnant qui se détache énormément d’une fibre romanesque classique. L’écrivain a préféré raconter toute l’histoire, c’est à dire aussi son propre rapport au meurtrier, et la manière dont il a été amené à écrire son bouquin.

Le film ne traite donc que d’une partie du bouquin, et cela donne à l’ouvrage une valeur ajoutée largement non négligeable. Du coup, ce qu’on apprend comment et pourquoi Emmanuel Carrère s’est intéressé à l’histoire criminelle du (faux) docteur Romand. Nous sommes les témoins de leurs rencontres, échanges, et la narration même se construit selon ce que l’auteur apprend de son interlocuteur. Il y a bien sûr les faits qui émaillent (tristement) le récit, mais j’ai surtout été intrigué par la découverte de la personnalité de Romand via le prisme de l’écrivain. On y retrouve aussi pas mal de parentés avec « La classe de neige« , et je ne suis pas étonné que les bouquins soient de la même période.

Et le livre est d’autant plus passionnant que cette histoire est folle et fascinante. Comment un homme a-t-il pu pendant des années mentir sur tout, et terminer cela par le meurtre de sa famille et un suicide raté. C’est complètement dingue, et encore plus quand on lit les différentes pistes ébauchées par l’auteur pour expliquer les névroses et traits de caractère de Jean-Claude Romand.

L'Adversaire (Emmanuel Carrère)

4 Commentaires

  1. Un couple de mes amis était ami, vraiment ami, avec cette famille. Le jour où la maison a brûlé, je me souviens de notre coup de fil, elle était bouleversée que les enfants et la mère soient morts, espérait que l’on sauverait le père que l’on disait brûlé dans l’incendie. Lorsque la vérité a éclaté, cela a provoqué dans leur petite ville une véritable déflagration, comme si brusquement tous les repères s’effondraient.
    J’aime aussi beaucoup Emmanuel Carrère.

  2. Quel enthousiasme !
    Ce roman est sur l’étagère depuis un petit moment, sans doute le lirai-je très bientôt. La critique élogieuse qui en est faite ici donne très envie de plonger dedans en tout cas ! ;-)

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