Les Lisières (Olivier Adam)

Les Lisières (Olivier Adam)

Olivier Adam est un des auteurs bankables qui marche bien, et il a particulièrement été égratigné lors de cette rentrée littéraire. Je n’arrive pas à la rapprocher de ces auteurs qui vendent (beaucoup trop) et pondent leur roman à l’année avec la régularité d’un métronome. Ce n’est que le cinquième roman que je lis de lui, et j’ai beaucoup aimé celui-ci malgré quelques bémols.

C’est justement lorsqu’on commence à connaître Olivier Adam et ses gimmicks d’écriture qu’on peut ressentir une certaine lassitude dans les thèmes abordés. Là c’est encore un mélange de ses univers classiques avec : la banlieue, la famille, la fuite en Bretagne, la jeunesse perdue et revenue, les enfants etc. On a parfois un peu l’impression d’un patchwork réalisé avec les intrigues des autres bouquins dont on aurait découpé un personnage, une ambiance ou une anecdote.

Autant je pense que ces redondances avec les autres bouquins sont un tantinet agaçant, autant j’ai adoré me plonger dans cette histoire et surtout dans son écriture. Oh ce que j’aime le lire !! Je trouve que sa plume est toujours aussi belle et plus passionnelle que jamais. Je sais que certains ont des soucis avec sa manière d’écrire parfois un peu empesé ou pouvant paraître pédante, mais moi je trouve au contraire que c’est digeste, profond et précis. Et j’aime particulièrement dans ce livre « Les Lisières » qui sont aussi celles de son écriture. Il a un grand recul sur sa manière de s’exprimer, sur son style et sa narration. Parfois on dirait qu’il va sortir de la route, et puis il prouve en quelques phrases qu’il a conscience de ses qualités et ses défauts, et du coup ça passe, avec humilité et une certaine clairvoyance.

L’histoire est celle d’un écrivain, Paul Steiner, qui bosse aussi dans le cinéma, et qui est divorcé. Il a beaucoup de mal à vivre sa séparation. Et surtout son épouse et ses deux enfants lui manquent énormément. Il est en Bretagne alors qu’il est originaire de banlieue parisienne. Il y est rappelé car son père se retrouve seul lorsque sa mère doit être hospitalisée. Son frangin lui en veut d’être parti et d’avoir fui ses responsabilités. Paul pense aussi beaucoup aux catastrophes au Japon alors qu’il y a vécu tant de bons moments avec son ex. Et le retour en banlieue, en tant que « star » locale, c’est l’occasion de revoir et reconnaître des anciens potes, et surtout une ancienne copine.

Je pense que ce roman est le plus proche de la vie de l’auteur, il souffre d’ailleurs un peu de la multiplicité des évocations et des intrigues (les parents, l’ex-copine, le Japon etc.), et on sent qu’il a un peu de mal à imposer un fil narratif stable. Mais c’est merveilleusement bien écrit, avec une sincérité qui imprègne chaque ligne, et une tension de toutes les pages que ce soit dans le domaine familial, amical ou amoureux. Ces lisières sont empruntées par Paul Steiner, et on le suit en surveillant de près qu’il ne s’y casse pas la gueule. J’ai pris un plaisir fou à lire ce roman, une fois de plus.

Les Lisières (Olivier Adam)

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